La Ressourcerie culturelle revalorise le matériel du spectacle

Publié le 11 févr. 2026

Dernière mise à jour 22 juill. 2026

Avec le réemploi des équipements des acteurs culturels et de l’événementiel, la Ressourcerie culturelle veut éviter la surconsommation et le gâchis de matériel encore utilisable. La structure, créée en Vendée, a ouvert une antenne à Min de Rien, sur l'Île de Nantes.

  • Timothée Clerc, responsable finance et développement à la Ressourcerie culturelle © Ludovic Failler

Mutualisation, revalorisation

D’un côté, des structures culturelles avaient des stocks importants de matériel son et lumière dormant, et d’autres avec peu de moyens avaient besoin de ce matériel. Parti de ce constat, Damien Forget a créé la Ressourcerie culturelle en 2018 à Montaigu, à 20 minutes au sud-est de Nantes. « Inspirés de modèles déjà existants, nous avons monté ce système de ressourcerie avec du matériel encore fonctionnel d’abord en son et lumière, puis en décors, puis avec du matériel technique permettant de faire du spectacle vivant », explique Timothée Clerc, responsable finance et développement.

Les collectes ont lieu auprès des festivals, opéras, théâtres, musées et événements culturels. Le matériel est trié, modifié ou non et mis en vente. « En plus de cette activité de base nous proposons de la mutualisation de matériel, ajoute Timothée Clerc. Des grosses structures peuvent économiser les frais de stockage en mettant leur matériel chez nous et en acceptant de le louer à prix solidaire à d’autres. » De plus en plus, la structure travaille sur le démantèlement de muséographie, sur site notamment au château des ducs de Bretagne et au Musée d’arts de Nantes. « On analyse, on démantèle et on revalorise ou non », précise Timothée Clerc. 

Une antenne dans le décor de Nantes

Beaucoup d’acteurs culturels nantais sollicitant la ressourcerie, une antenne a été ouverte en mars 2025 à MiN de Rien, sur l’île de Nantes. « C’était une expérimentation pour mutualiser des trajets et ainsi éviter des transports trop nombreux vers Montaigu pour des dons de matériel ou des commandes, indique Timothée Clerc. C’est une réussite, il y a un vrai engouement, donc on continue en 2026, avec l’embauche d’un salarié dédié. » 75 structures ont utilisé le service nantais entre avril et novembre 2025. L’aide du fonds métropolitain d’appui aux innovations de réemploi (lire ci-dessous) permettra d’acheter un camion électrique et un chariot élévateur, en co-financement avec l’Ademe.

The show must go on… in green

Avec cette antenne nantaise, la Ressourcerie culturelle veut continuer à sensibiliser sur des pratiques plus vertueuses dans le milieu de la culture et de l’événementiel. Et à offrir des services adaptés aux acteurs et actrices nantaises. « Nous voulons développer la mutualisation de matériel, créer un magasin et renforcer les partenariats avec les écoles d’art pour donner cette habitude du réemploi dès les études », conclut Timothée Clerc.

Depuis 2019, la Ressourcerie culturelle a collecté plus de 545 tonnes de matériel auprès de grosses structures telles le Hellfest ou Angers Nantes Opéra, et a réussi à en revaloriser 60 % – le reste partant au recyclage ou à l’enfouissement.

  • 2 018 année de création de la ressourcerie culturelle
  • 9 salariés
  • 26 000 euros reçu du fonds métropolitain d’appui aux innovations de réemploi

Quand Nantes Métropole soutient les innovations dans le réemploi

La ressourcerie culturelle figure parmi les structures soutenues dans le cadre du fonds métropolitain d’appui aux innovations de réemploi, voté en octobre 2024 en conseil métropolitain et doté de 1 million d’euros. L’ambition ? Soutenir le développement de projets innovants de réemploi industriel. Cette démarche est déjà engagée au sein de quatre filières économiques stratégiques : l’industrie (et les matériaux composites carbone), la mode durable, le numérique responsable et le secteur de la construction. La collectivité a en outre lancé la charte Nantes terre de réemploi, signée par près de 90 acteurs à ce jour (entreprises, acteurs institutionnels, associations…), pour faire émerger une filière locale.