Dans la Fabrique d’Arakné, l’artisanat au service du réemploi textile

Publié le 15 janv. 2026

Dernière mise à jour 15 janv. 2026

Avec des textiles de réemploi, les créatrices et couturières, venues de l’association Les Cousettes de Nantes, imaginent et fabriquent en petites et moyennes séries des accessoires et vêtements.

  • Julia Bourlier, fondatrice de la Fabrique d'Arakné. © Ludovic Failler

Dans l’art et dans la rue, des créations en textiles recyclés

Entoilage d’œuvres et habillage des statues de la fontaine de la place Royale pour le Voyage à Nantes 2025, création et confection de vêtements, de sacs, de sacoches, de costumes, décors et accessoires pour le cinéma et le spectacle… Rien de ce qui touche au textile n’est étranger à la Fabrique d’Arakné. Dans le vaste atelier, plusieurs pièces contiennent des tables pour dessiner et découper, des machines à coudre, à surfiler, à broder ou à riveter, du tissu, du fil… et plein de cerveaux et mains agiles. Un atelier de couture, en somme, mais dans lequel tout est fabriqué à partir de textiles recyclés. 

« Initialement costumière de spectacle, raconte Julia Bourlier, j’ai fondé en 2012 avec des couturières ,professionnelles ou amatrices chevronnées, l’association les Cousettes, pour répondre à une forte demande de cours de couture. Nous avons été rapidement dépassées par notre succès ! Puis nous avons été sollicitées par des sociétés, Hedj notamment, pour le montage de prototypes et la réalisation de petites séries en textiles réutilisés. En usine, on ne peut pas faire moins de 10 000 pièces. Nous, nous n’envisageons pas d’en faire plus de 2 000. » 

Un cercle vertueux autour du textile

L’idée d’intégrer à l’association un atelier professionnel est donc très littéralement venue de fil en aiguille ! Avec l’accompagnement de l’incubateur des Écossolies en 2022-2023, le projet prend forme et l’activité démarre en septembre 2024 grâce à un financement participatif. La Fabrique d’Arakné répond à des besoins du territoire, en créant un vrai cercle vertueux autour du textile et en mettant ses compétences au service de créateurs, créatrices et entreprises qui veulent changer leurs pratiques. 

« En tant que bureau d’études, poursuit Julia Bourlier, nous accompagnons nos clients depuis la conception – prototypage, patronage, modélisme, gradation – jusqu’à la fabrication de petites et moyennes séries. C’est génial de mettre nos savoir-faire au service du réemploi ! C’est ce qui anime notre collectif, qui réunit plein de compétences différentes, et dans lequel tout le monde est très investi. » Le conseil d’administration inclut Nantes université, pour la sensibilisation des étudiants à la mode responsable, le collectif Émergence et les associations Bouge ta frip', les Simones, Trocool… « Tous sont également très impliqués. »

Vers une constitution en Scop

Repéré par plusieurs entreprises spécialisées dans le commerce de créations textiles issues de l’upcycling, comme Artefact, qui réemploie les déchets textiles du sport, l’atelier qui tourne à plein régime devrait à terme devenir société coopérative de production (Scop) : « Pour le moment, notre développement économique est sécurisé par l’association Les Cousettes. Le coup de pouce de 40 000 € du fonds métropolitain d’appui aux innovations de réemploi est investi dans des machines neuves, du matériel informatique, et le financement de formations. »

  • 2 024 Année de création du collectif
  • 10 personnes employées régulièrement ou ponctuellement
  • 40 000 euros reçus du fonds métropolitain d’appui aux innovations de réemploi

Quand Nantes Métropole soutient les innovations dans le réemploi

La Fabrique d'Arakné figure parmi les structures soutenues dans le cadre du fonds métropolitain d’appui aux innovations de réemploi, voté en octobre 2024 en conseil métropolitain et doté de 1 million d’euros. L’ambition ? Soutenir le développement de projets innovants de réemploi industriel. Cette démarche est déjà engagée au sein de quatre filières économiques stratégiques : l’industrie (et les matériaux composites carbone), la mode durable, le numérique responsable et le secteur de la construction. La collectivité a en outre lancé la charte Nantes, terre de réemploi, signée par près de 90 acteurs à ce jour (entreprises, acteurs institutionnels, associations…), pour faire émerger une filière locale.