Redeem sort les attelles du placard

Publié le 02 janv. 2026

Dernière mise à jour 02 janv. 2026

Redeem médical s’attaque à un marché conséquent : celui des attelles qui, après une courte utilisation, sont jetées ou dorment dans des placards. Redeem structure une filière de reconditionnement à visée nationale.

  • Redeem, entreprise lauréate du fonds d'appui aux innovations de réemploi. © Garance Wester

Rendre possible le réemploi de millions d’attelles

Entorses et foulures, bobos fréquents, laissent des traces dans les maisons, sous la forme d’attelles dont on ne sait que faire mais qu’on hésite à jeter, parce qu’elles ont peu servi et resserviront peut-être, un jour ? En réalité, non : « 6 millions d’attelles sont vendues chaque année, 60 millions dorment dans des placards en France, lorsqu’elles ne sont pas jetées, alors que deux sur trois pourraient connaître une seconde vie après avoir servi pendant quinze jours à trois semaines en moyenne », explique Clémence Cornet, cofondatrice avec son associé Guillaume Perret du Cray de Redeem médical.

Elle travaillait dans le marketing, il est ingénieur. Tous les deux ont un parcours dans l’économie circulaire, dans le reconditionnement textile et le recyclage de chaussures. « Lorsque mon fils a fait une chute à ski nécessitant le port d’une attelle, raconte Clémence. Lorsque l’entorse au genou a été guérie, j’ai voulu rapporter l’attelle presque neuve à mon généraliste. C’est alors que j’ai réalisé qu’il était impossible de remettre ce dispositif médical dans le circuit, car ni les médecins ni les pharmacies n’étaient habilités à les récupérer et aucun atelier de de reconditionnement n’existait encore. J’ai décidé de rendre cela possible, pour la planète et pour mes quatre enfants.»

Réduire le coût et l’impact environnemental

C’est maintenant chose faite. D’abord à la S factory, pépinière à Chantenay, puis à la Forge des Batignolles, enfin, depuis peu, dans le nouveau bâtiment Gina, à deux pas du futur CHU. Redeem médical a organisé son circuit de collecte en installant des bornes dans les établissements de santé et les pharmacies. Les attelles et orthèses ainsi récupérées sont ensuite soigneusement triées, nettoyées en profondeur selon les normes sanitaires en vigueur, désinfectées et reconditionnées, pourvues d’un code d’identification, prêtes à être revendues. À moindre impact environnemental et moindre coût : « Depuis mars 2025, un décret autorise officiellement la remise en état d’usage des dispositifs médicaux. La prochaine étape, dont nous espérons l’arrivée en 2026, est l’instauration d’une nouvelle ligne de remboursement qui inciterait les pharmacies à proposer prioritairement des attelles reconditionnées, comme c’est le cas pour les médicaments génériques. »

Car l’avancée n’est pas négligeable pour l’assurance maladie, puisque les dispositifs médicaux représentent chaque année 500 millions d’euros de dépenses. Les dispositifs reconditionnés permettent une réduction moyenne de 20 % sur le coût des produits, en diminuant l’impact environnemental de 30 % à 50 %, « car ils sont pour la plupart fabriqués très loin. Le reconditionnement augmente la disponibilité des références courantes, mais, surtout, réduit le gaspillage tout en garantissant un haut niveau de soins. » 

Soutien de la Métropole pour embaucher et industrialiser le processus

Redeem médical compte aller plus loin en élargissant collecte et traitement à tout le territoire français : « Nous visons 2 000 points de collecte d’ici trois ans, pour devenir la plateforme industrielle de référence de cette filière de réemploi, explique Guillaume Perret du Cray. Et diversifier nos typologies de produits, en traitant aussi du matériel de bloc opératoire, du matériel respiratoire… Nous sommes en phase de levée de fonds, pour accélérer, industrialiser et déployer nationalement notre solution. » Le fonds métropolitain d’appui aux innovations de réemploi a octroyé à Redeem médical une aide de 72 000 € qui a permis de recruter et de développer l’industrialisation du processus par l’achat de matériel. 

  • 2 023 Année de création de Redeem
  • 4 Salariés
  • 72 000 euros reçus du fonds métropolitain d’appui aux innovations de réemplo