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Artefact fait durer les textiles sportifs techniques
Publié le 22 avr. 2026
Dernière mise à jour 22 avr. 2026
Chaque année en France, des tonnes de matières, conçues pour résister à des conditions extrêmes, sont détruites. Un paradoxe que la start-up basée entre Nantes et la côte d’Opale attaque de front.
Un gisement inexploité
Ils résistent au vent, au sel, à l’abrasion ou à la traction. Pourtant, près de 10 000 tonnes de textiles sportifs techniques sont détruits chaque année en France, selon des données de l’Ademe de 2020. « Composées avec plusieurs fibres synthétiques, avec des assemblages techniques, des traitements spécifiques, elles sont très complexes à recycler et terminent soit incinérées, soit enfouies. C’est le paradoxe de l'industrie du sport de nature : les matières qu'on utilise pour passer du temps dehors ne sont écologiques ni dans leur fabrication ni à leur fin de vie »,
souligne Maxime Labat, cofondateur en 2020 (avec Benoît Gourlet et Nathan Douillard) de La Virgule – devenue depuis Artefact.
L’idée a pris forme de manière quasi artisanale. Maxime, qui pratique alors la planche à voile à haut niveau, a commencé par récupérer ses propres voiles usagées. Il sort une machine à coudre, teste un modèle, rate, recommence. « C’était franchement moche au début, mais on a vu le potentiel ! »
De premiers sacs naissent à partir de kayaks gonflables défectueux, initialement commercialisés par Decathlon. Et voilà les trois associés lancés dans l’aventure de l’upcycling – à savoir la récupération de produits n’ayant plus d’utilité et leur valorisation.
Aujourd’hui, Artefact se développe « sur la bagagerie, les sacoches de vélo, les accessoires… ».
Chaque produit fini combine des matériaux sélectionnés pour leurs propriétés. Toile ultra-résistante de radeau de survie, doudoune, tapis de yoga, ceinture de sécurité automobile ou encore corde d’escalade deviennent sacoches de vélo, bananes, casquettes, ou encore des produits techniques spécifiques comme des sacs de ski de randonnée.
Renforcer l’outil industriel
L’entreprise utilise deux types de gisements : les matières « post-consumer », qui ont eu une première vie, et les déchets post-industriels, chutes ou surproductions de fabricants. Les matériaux sont démantelés dans des ateliers d’insertion – l’un se trouve dans la zone d’activités Nant’Est – avant d’être envoyées vers des ateliers spécialisés en France et au Portugal pour l’assemblage. « Nous travaillons aussi avec
la Fabrique d’Arakné
à Canclaux pour faire des têtes de série »,
précise le dirigeant.
Les fonds alloués par la Métropole dans le cadre de Nantes Terre de réemploi vont être utilisés pour renforcer les process industriels et gagner en productivité : « Nous allons par exemple mettre en place des machines de démantèlement. Une partie sera aussi utilisée pour des tests en labo sur la qualité des matières »
, explique Maxime Labat.
Une entité dédiée à l’upcycling
Forte de son expertise, la start-up est devenue partenaire de grandes marques comme Patagonia, The North Face, Hoka... C’est en lien avec elles qu’a été développé Artefact Studio, sorte de bureau d’études autour de la création, du design, du prototypage. « Notre volonté,
explique Maxime Labat, c’est de repousser les limites de la technicité sur l’upcycling. Il faut arrêter de produire à l’autre bout du monde avec des matières neuves. »
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2 020 année de création de La Virgule / Artefact
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8 salariés
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40 333 euros reçus du fonds métropolitain d’appui aux innovations de réemploi
Quand Nantes Métropole soutient les innovations dans le réemploi
Artefact figure parmi les structures soutenues dans le cadre du fonds métropolitain d’appui aux innovations de réemploi, voté en octobre 2024 en conseil métropolitain et doté de 1 million d’euros. L’ambition ? Soutenir le développement de projets innovants de réemploi industriel. Cette démarche est déjà engagée au sein de quatre filières économiques stratégiques : l’industrie (et les matériaux composites carbone), la mode durable, le numérique responsable et le secteur de la construction. La collectivité a en outre lancé la charte Nantes, terre de réemploi, signée par près de 90 acteurs à ce jour (entreprises, acteurs institutionnels, associations…), pour faire émerger une filière locale.