Chez Ecodair, le réemploi numérique à impact social

Publié le 07 mai. 2026

Dernière mise à jour 07 mai. 2026

L’association de reconditionnement de matériel informatique a implanté un nouveau site à Nantes fin 2024. Comme dans ses autres antennes en France, elle y emploie majoritairement des personnes en situation de handicap psychique.

  • Ecodair compte 200 salariés en France, dont 70 % sont porteurs de handicap psychique. © Marc Roger

Dans un espace dédié, au cœur de l’usine de la fondation Amipi, six salariés s’activent à tester et remettre en état des ordinateurs professionnels collectés auprès d’entreprises. Cette nouvelle antenne nantaise de l’association Ecodair s’est installée en novembre 2024 pour développer sa mission de reconditionnement de matériel informatique par des travailleurs et travailleuses en situation de handicap. « Ce site d’Amipi dont l’activité principale est du câblage pour l’automobile est en perte d’activité depuis plusieurs années, explique Louis Reynaud, responsable Grand Ouest chez Ecodair. L’entreprise cherche à se diversifier pour garder ses salariés, nous partageons des valeurs humaines et une exigence de travail, nous avons donc fait le choix de nous installer ici et de former leur personnel. »

Du reconditionnement en circuit court

Après Paris, Marseille, Lyon, Saclay et Lille, Ecodair à Nantes collecte le matériel informatique d’entreprises de la région et de Bretagne pour les revendre après vérification et réparation à des collectivités et des groupes scolaires notamment. « Nous travaillons en circuit court, dans un rayon de 1h30 autour de Nantes pour la collecte et la revente, ajoute Louis Reynaud. L’impact écologique est moindre que si l’on avait un seul site en France et l’impact social plus important, permettant à davantage de personnes en situation de handicap de travailler. » La structure compte 200 salariés en France, dont 70 % porteur de handicap psychique.

Soutien de la Métropole pour le développement

En 2025, la nouvelle antenne nantaise a collecté plus de 9 000 équipements (ordinateurs, imprimantes...) et en a revendu près de 2 700. Le soutien financier du fonds métropolitain d’appui aux innovations de réemploi va permettre de professionnaliser davantage son activité. Ecodair va investir dans un plotteur, une machine qui permet de recouvrir de vinyle les coques d’ordinateurs abîmées en leur redonnant un aspect neuf, et peut-être dans un broyeur à cartons pour remplacer le papier bulle très polluant comme emballage pour protéger les PC. « L’usine Amipi croule sous les cartons, nous pourrions ainsi les recycler », note Patrick Caillé, responsable du site Ecodair Nantes.

Encore plus de réemploi

D’autres projets de développement sont à venir : augmenter la superficie de l’espace travail et le nombre de salariés. « Nous aimerions avoir un vrai poste de réparation pour faire le démantèlement des machines non récupérables nous-même (aujourd’hui confié à Envie 44). Nous pourrions nous constituer un stock de matériaux ce qui nous donnerait une certaine indépendance vu la tension internationale sur quelques matériaux et les terres rares notamment. Avec plusieurs machines obsolètes, nous en referions une nouvelle », précise Patrick Caillé.

  • 2 004 année de création
  • 200 salariés
  • 20 142 euros d'aide reçue du fonds métropolitain d'appui aux innovations de réemploi

Quand Nantes Métropole soutient les innovations dans le réemploi

Ecodair figure parmi les structures soutenues dans le cadre du fonds métropolitain d’appui aux innovations de réemploi, voté en octobre 2024 en conseil métropolitain et doté de 1 million d’euros. L’ambition ? Soutenir le développement de projets innovants de réemploi industriel. Cette démarche est déjà engagée au sein de quatre filières économiques stratégiques : l’industrie (et les matériaux composites carbone), la mode durable, le numérique responsable et le secteur de la construction. La collectivité a en outre lancé la charte Nantes, terre de réemploi, signée par près de 90 acteurs à ce jour (entreprises, acteurs institutionnels, associations…), pour faire émerger une filière locale.