Les trésors cachés du Musée de l’imprimerie de Nantes

Publié le 14 avr. 2026

Dernière mise à jour 14 avr. 2026

Installé au pied de la médiathèque Jacques-Demy, le Musée de l’imprimerie de Nantes accueille l’une des plus belles collections européennes de presses anciennes. Un lieu vivant où se transmettent encore les savoir-faire typographiques. Visite.

  • Une vue général sur les machines du Musée de l'imprimerie.
    Le Musée de l'imprimerie détient un véritable trésor patrimonial en matière de presses anciennes. © Marc Roger

C’est une rutilance métallique de plusieurs centaines de kilos et elle s’ébroue dans un grand vacarme. Guidée par un ruban de papier préalablement perforé avec les caractères désirés, la machine avale un « saumon » de plomb, le fait fondre et, dans un cliquetis de ferraille, libère des caractères mobiles qui serviront au typographe en temps voulu pour assembler son texte. 

Nous sommes en 1887 et l’ingénieur américain Tolbert Lanston vient d’inventer la Monotype, une machine d’imprimerie qui permet de sortir 10 000 signes à l’heure, contre 1 000 auparavant avec la typographie manuelle. « Un bond technologique sans précédent dans l’histoire de l’imprimerie », explique Pascal Fondain, salarié du musée et l’un des deux derniers fondeurs de caractères mobiles en France. 

La Rolls des imprimeries

  • Un ouvrier manipule une presse au Musée de l'imprimerie
    La Lynotye, une machine fascinante aux généreuses mensurations : 1 375 kg pour 2 mètres de haut ! © Marc Roger

Cette machine d’exception fait partie des collections du Musée et atelier de l’imprimerie, à l’instar d’une centaine d’autres pièces remarquables présentées au musée ou entreposées dans des réserves à Saint-Herblain. Le lieu est crée en 1986 par le maître imprimeur Sylvain Chiffoleau et le typographe Robert Colombeau (décédé en février dernier à l’âge de 86 ans). 

Les deux hommes ont la conviction qu’il faut préserver cette machinerie et les savoir-faire qui lui sont associés. Ils créent pour cela une association (Pro arte graphica), chargée de valoriser ce remarquable ensemble patrimonial, devenue propriété de la Ville de Nantes. « Grâce à notre équipe salariée et nos bénévoles passionnés, toutes ces machines sont aujourd’hui en état de marche », se félicite Dominique Laurent, présidente de l’association Pro arte graphica.

  • Un ouvrier au travail sur une presse.
    Pascal Fondain est l'un des deux derniers ouvriers typographes fondeurs de caractères mobiles en France. Ici, devant une Monotype de 1887. © Marc Roger

Dans la grande salle d’exposition, des dizaines de presses de toutes les époques sont présentées au public. Un bestiaire fascinant, à l’image de cette Linotype aux généreuses mensurations – 1 375 kg pour 2 mètres de haut - créée par l’ingénieur allemand Ottmar Mergenthaler en 1885. « Un petit bijou de technologie, selon Pascal Fondain qui l’actionne devant nous. Mais ma préférée, ajoute-t-il, gourmand, c’est cette Heidelberg de 1920. C’est la Rolls des imprimeries ! » 

« Même à Paris, ils n’ont pas ça »

  • Un homme tient une gravure entre ses doigts.
    Le musée est aussi un atelier qui propose de nombreuses initiations et la découverte de techniques anciennes comme la gravure, la lithographie, la calligraphie ou la reliure. © Marc Roger

Un peu plus loin, Noé, jeune salarié formé aux Beaux-Arts de Lorient, nous présente la technique de la lithographie sur une pierre calcaire. « J’ai été formé par Philippe Breteaudeau, l’ancien responsable de l’atelier, témoigne-t-il. C’est très précieux cette passation des savoirs car il n’y a évidemment plus de CAP ou de bac professionnel pour apprendre ces techniques ».

La transmission, l’autre pilier du Musée de l’imprimerie. Car en parallèle de ses activités muséales, l’association Pro arte graphica propose également de nombreux ateliers à destination des adultes ou des artistes, avec la découverte de techniques anciennes comme la gravure, la lithographie, la calligraphie, la reliure ou l’enluminure. Certains grands noms s’y même sont arrêtés pour travailler, comme le peintre et graveur français Philippe Cognée, présent le 25 avril, à la Fête de l’imprimerie (lire encadré). 

Autre public important du musée : les enfants. Le musée en a accueilli près de 4 500, de tous âges, en 2025 afin de continuer à transmettre. « Quand ils viennent ici, les petits sont fascinés par la naissance du texte, témoigne Dominique Laurent. J’espère que les gens se rendent compte de la chance qu’ils ont avec un tel lieu : même à Paris, ils n’ont pas ça ! 

Le 25 avril : rendez-vous à la Fête de l’imprimerie

Comme chaque année, le Musée de l’Imprimerie organise sa journée festive pour le patron des imprimeurs (Saint Jean Porte latine). Visites, ateliers et démonstrations de presses en fonctionnement sont programmées toute la journée, ainsi que des rencontres avec des artistes. 

Entrée libre et gratuite, de 10h à 12h et de 14h à 18h.

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