Qui sont celles et ceux qui font vivre l'Atelier Dulcie-September ?

Publié le 08 juin. 2026

Dernière mise à jour 08 juin. 2026

34 collectifs, associations ou structures partagent les locaux de l'ancienne école des beaux-arts de Nantes. Ensemble, depuis un an, ils font revivre ce lieu partagé autour de projets variés. Rencontre avec 5 d'entre eux, avant la fête Dulcie Day vendredi 12 juin.

  • Longtemps inoccupée, l’ancienne école des beaux-arts de Nantes a fêté sa réouverture au public en juin 2025. © Marc Roger

Le 12 juin, de 17h à minuit 30, c'est le Dulcie Day ! Chacune, chacun pourra découvrir comment l’ancienne école des beaux-arts de Nantes s'est transformée en un lieu d’expérimentation, de partage et d'échanges, avec ateliers gratuits, banquet partagé et DJ set (programme en bas de page).

« 34 personnes occupent actuellement le lieu, en échange d'une petite participation financière et d'un engagement bénévole, indique Alice Houssais, coordinatrice d'Interstices, la structure chargée par Nantes Métropole de coordonner et d'animer le lieu. Chaque jour, nous recevons de nouvelles demandes d'installation, avec des occupants provisoires pour quelques mois et d'autres présents à l'année. C'est la preuve de l'intérêt d'une telle offre dans le centre-ville.»

Les artistes de Kipikdufon font revivre des ateliers peinture

  • Élise Amelineau, Hélène Decaumont et Michel Pigrée sont trois adhérents de l'association d'artistes amateurs Kipikdufon. © Patrick Garçon

L'association d'artistes amateurs – « gang de retraités pas tous retraités » comme ils s'amusent à se présenter – profite d'un atelier au rez-de-chaussée de l'Atelier Dulcie-September chaque mardi après-midi. « Nous y avons trouvé refuge jusqu'en avril 2026 pour travailler ensemble lors de la saison hivernale, plutôt que chacun chez soi », indiquent Hélène, Élise et Michel, trois adhérents. Une fois les beaux jours revenus, ils sont repartis en extérieur pour croquer la ville et ses habitants. 

Les Kipik, comme ils se nomment souvent en raccourci, ont découvert le lieu alors qu'ils œuvraient à la création d'un recueil sur le quartier : « Ô Bouffay ». « C'est idéal car nos adhérents viennent de toute la métropole, c'est facile de les regrouper ici. Et puis, on est heureux de faire revivre la mémoire de l'école des beaux-arts : certains y ont pris des cours. » Les Kipiks envisagent maintenant de revenir chaque hiver se mettre à l'abri à Dulcie-September. Et suggèrent une idée : « Si on installait une œuvre du Voyage à Nantes dans la cour ? Cela permettrait à tous de faire connaître ce lieu incroyable niché au cœur de la ville. »

Cool paper zone fait une place de choix aux fanzines

  • Marion Lancereau anime la librairie de fanzines Cool Paper Zone © Patrick Garçon

Depuis décembre 2025, Marion est la voisine des Kipik. Du mercredi au samedi, elle installe sa librairie éphémère de fanzines dans des meubles sur roulettes, espace partagé oblige. « J'ai eu envie de faire découvrir la richesse de ces publications auto-éditées et soutenir ces artistes et auteurices qui proposent des publications libres et indépendantes, en dehors des circuits classiques. » Avec 350 références et 100 déposants, l'ancienne graphiste de maisons d'édition a fait son trou en quelques mois et accueille 60 clients le samedi en moyenne. « Ici, on prend tous plaisir à parler de notre aventure et du lieu aux personnes de passage. » 

Pour elle, faire partie d'un tiers-lieu comme Dulcie-September nourrit aussi son projet, en accord avec ses valeurs : « On crée des ponts et des événements ponctuels proposés par des occupants me permettent aussi de faire du lien, comme lors d'une expo photo où j'ai présenté des fanzines photo ». Désormais convaincue qu'une librairie de fanzines a sa place à Nantes, elle aimerait rester à Dulcie-September et compte proposer des ateliers avec des autrices et auteurs de fanzines. Et qui sait, réussir à vivre de son projet ?

La Maison des livreurs teste son projet

  • Sarah Deville est l'une des bénévoles de la Maison des Livreurs. © Patrick Garçon

Dans la buvette de Dulcie-September et l'atelier Estampe attenant, Sarah et ses collègues bénévoles ouvrent leurs portes chaque vendredi après-midi aux livreurs des plateformes de livraison de repas. « Notre association est née à l'été 2025 pour leur apporter un lieu de répit et d'accueil où ils peuvent prendre un café, recharger leur portable, disposer de sanitaires. Nous les aidons aussi à faire valoir leurs droits, face à des employeurs qui ne prennent pas leur responsabilités. » 

En échange d'un temps hebdomadaire bénévole de nettoyage, l'association profite gratuitement des locaux. « Cela nous a permis de tester notre projet et de le construire avec l'aide active des livreurs. C'est très confortable alors que nous avons encore peu de subventions pour le faire vivre. » La première salariée de l'association arrive bientôt et va occuper un bureau permanent à Dulcie-September. « Cela permettra de proposer des rendez-vous individuels aux livreurs. Mais nous n'avons pas vocation à rester ici : nous recherchons un site où les livreurs pourront se garer. »

La compagnie la Turbine apprécie l'écosystème artistique

  • Julia Passot a co-fondé la compagnie La Turbine. © Patrick Garçon

Artiste fondatrice de la compagnie la Turbine, Julia a fait ses débuts au Solilab en 2019. « Notre collectif d'artistes et de chercheurs crée des spectacles, des podcasts, du débat d'idées sur l'écologie et le bien commun. » En rejoignant l'Atelier Dulcie-September, elle est heureuse de profiter d'un écosystème plus artistique. « Ici, plusieurs personnes travaillent dans les arts visuels, ce sont des liens avec un infini de possibles, dans un endroit privilégié en plein centre-ville. » 

La compagnie a ses bureaux sur place et répète également dans le réseau des Fabriques. « On voulait arriver au début de l'aventure de Dulcie, pour participer à l'écriture de ce projet collectif. Le bénévolat de chacun pour entretenir et animer le lieu nous permet de bien nous connaître. La cour publique notamment est géniale, un espace public à faire vivre. Chaque fois que je viens ici, il m'arrive des choses, de belles rencontres ! » Dans un coin, des cartons attendent : « C'est notre fonds documentaire sur les transitions et les utopies. On aimerait le mettre à disposition de toutes celles et ceux qui s'activent ici : un nouveau projet à partager. » 

L'animateur du Low Tech Lab est venu trouver des collègues

  • Clément Choisne est animateur du réseau Low Tech Lab. © Patrick Garçon

Pour Clément, Dulcie-September a d'abord été une bouée de sauvetage : « Je suis venu pour trouver des relations, alors que je travaillais seul depuis mon appartement pour le Low Tech Lab. » Ce réseau regroupe 35 associations locales en France et en Europe qui accompagnent les gens à découvrir la démarche low-tech et faire par eux-même des objets low-tech : four solaire, marmite norvégienne... « Dans mon domaine, les salaires ne sont pas très élevés et profiter d'un loyer modéré, en contrepartie de bénévolat, me correspondait bien. Le bénévolat crée aussi des ponts entre nous, des ouvertures sur d'autres manières de penser »

À Dulcie, les bureaux sont « dans leur jus » : « Cet hiver, on n'a pas eu de chauffage pendant quelques jours. » Qu'à cela ne tienne, Clément a alors diffusé une info-lettre à ses collègues pour leur donner tout plein d'astuces low-tech pour se réchauffer. « C'est une expérience très positive, qui permet de faire émerger un vrai projet collectif . Le lieu lui-même devient un support d'innovation et un endroit de rencontre qui aide à dépasser les petites galères du travail au quotidien. »

Dulcie Day : demandez le programme !

À partir de 17h , venez découvrir rencontrer les associations qui font vivre l’Atelier Dulcie-September et profiter d’ateliers découverte gratuits (poésie, improvisation vocale, art-thérapie, jeux sur le design). Dès 19h, banquet partagé gratuit : apportez une de vos spécialités, à faire découvrir à votre voisin. Et toute la soirée, des spectacles : écoute immersive par la compagnie La Turbine, déambulation du collectif Maison Courbe, sans oublier le DJ set de la Piste bleue jusqu'à minuit. Entrée gratuite par la rue Fénelon ou la place Dulcie-September. 

Atelier Dulcie-September : donnez votre avis

Dulcie-September est un lieu d’expérimentation confié par la Ville de Nantes à Interstices jusqu’en novembre 2027. Pour participer à sa transformation et suggérer des améliorations possibles, une enquête sera menée courant juin auprès des usagers et riverains du lieu. Chacune, chacun peut remplir un questionnaire, accessible par QR code sur les portes du site. Des enquêteurs seront également présents dans l'espace public.

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