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Cinq expositions nantaises à ne pas manquer ce printemps 2026
Publié le 15 avr. 2025
La maternité à travers les âges, les stigmates du passé colonial ou l’histoire du cinéma : focus sur cinq expositions nantaises à découvrir avec le retour des beaux jours.
Aux Archives départementales, plongée dans le 7e art
En 1895, il y a 130 ans, les frères Louis et Auguste Lumière inventaient le cinématographe, un appareil qui permettait la projection sur écran d'une photographie animée de quelque durée. Le cinéma était né. Pour marquer cet anniversaire, les Archives départementales proposent une grande exposition sur la présence du 7e art en Loire-Atlantique. « Certes, le cinéma se développe d’abord comme une technique ; mais très vite, dans l’histoire, c’est aussi une façon de créer du commun avec le développement des salles tout au long du 20e siècle. Et c’est ce que montre cette exposition »,
relève Dominique Poirout, vice-présidente du Conseil départemental à la culture et au patrimoine.
Entre documents d’archives, extraits de films et appareils de captation et de projection, Grand écran offre un regard rétrospectif passionnant sur le développement de ce loisir de masse, de ses origines itinérantes lors des fêtes foraines à sa progressive sédentarisation en salles, jusqu’à la concurrence actuelle des « petits écrans domestiques ». Plusieurs objets inédits, ancêtres des appareils de projection, sont exposés pour l’occasion, à l’image de cette lanterne magique de 1896 ou ce folioscope de 1900.
En pratique
Grand écran. 130 ans de cinémas en Loire-Atlantique.
Exposition à découvrir jusqu’au 3 juillet 2026, aux Archives départementales, 6 rue de Bouillé à Nantes.
Au Chronographe, une exploration sensible et scientifique de la maternité
Quelle place les maternités ont-t-elles occupé à travers les âges ? C’est à cette vaste question que le Chronographe, en partenariat avec l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives), tente de répondre dans sa nouvelle exposition, visible à partir du 9 avril. Elle se propose d’éclairer les maternités à travers le regard d’une paléontologue, d’une plasticienne et d’une sociologue. « Le terme est volontairement pluriel car si le sujet est universel, il recouvre de multiples formes, à la fois biologiques, affectives, sociales et politiques »
, indique Clothilde Courtaugis, directrice du Chronographe.
Alternant pièces archéologiques et galeries de portraits photographiques, elle se propose d’aborder trois grandes thématiques. La première s’attache à la compréhension du corps maternel et les tentatives historiques de contrôle de la fertilité. La seconde relate l’expérience de l’accouchement, avec une plongée au cœur de l’intimité des parturientes et des sages-femmes à travers les âges. Et la troisième aborde les soins apportés aux nouveaux-nés et l’expérience du deuil périnatal.
En pratique
Maternités, une archéologie du bien-naître.
Exposition à découvrir du 9 avril 2026 au 10 janvier 2027, au Chronographe, 21 rue Saint-Lupien à Rezé.
À la Maison des Hommes et des techniques, l’agroalimentaire nantais décortiqué
LU, BN, Tipiak, Béghin-Say, Cassegrain… Tous ces acteurs majeurs sont intimement liés à Nantes et son histoire industrielle. Avec son exposition L’agroalimentaire, une empreinte nantaise, la Maison des hommes et des techniques, installée dans les anciens ateliers des chantiers navals, retrace la riche histoire de cette aventure nantaise, commencée au début du 19e siècle.
Ludique et pédagogique, alternant panneaux explicatifs et objets d’archive, l’exposition revient avec beaucoup de détails sur l’émergence des différents secteurs de l’agroalimentaire, la façon de produire à travers les époques et le rôle de la publicité. Elle s’attarde aussi sur les luttes sociales associées au développement de cette activité et interroge son futur, dans un contexte de transition écologique.
En pratique
L’agroalimentaire, une empreinte nantaise.
Exposition à découvrir jusqu’en février 2028, à la Maison des Hommes et des techniques, 2 Bis Boulevard Léon Bureau à Nantes.
Au Musée d'histoire de Nantes, regard sur le passé colonial
Depuis les années 80, Nantes a entrepris un important travail historique et instropsectif sur son passé esclavagiste et colonial. Entre autres témoins de cette époque douloureuse, des outils mémoriels de premier plan en France, comme le Musée d’histoire de Nantes ou le Mémorial de l’abolition de l’esclavage.
Dans la droite ligne de ce regard critique, le Musée d’histoire de Nantes programme, pour la quatrième année consécutive, l’évènement Expressions décoloniales. Trois personnalités, à la croisée de l’art, de l’histoire et de la mémoire ont accepté l’invitation du musée de revisiter cette histoire traumatique qui fit de Nantes, entre les milieux des 17e et 19e siècles, le premier port français de la traite atlantique.
Ainsi de la plasticienne brésilienne Rosana Paulino qui interroge, à travers ses peintures, sculptures, dessins ou vidéo, la condition des femmes afrodescendantes, les exploitations subies par leurs « aïeules » et les mauvais traitements que certaines d’entre elles continuent de subir dans les sociétés postcoloniales. Le photographe sénégalais Omar Victor Diop redonne quant à lui une place à ceux qui tinrent un rôle dans les relations entre l’Afrique et l’Europe depuis le 15e siècle. Quant à l’historienne Lilly Hougnihin, fondatrice et directrice de Totems Afrikaraïbes, elle questionne les visiteurs sur ce passé à travers ses textes, mêlant histoire et poésie.
En pratique
Expressions décoloniales #4.
Exposition à découvrir du 8 mai au 8 novembre 2026, au Musée d’histoire de Nantes, Château des ducs de Bretagne, 4 place Marc-Elder à Nantes.
À la Hab Galerie, la planète bleue repensée
« Je vois ces effroyables espaces de l’univers qui m’enferment, et je me trouve attaché à un coin de cette vaste étendue, sans que je sache pourquoi je suis plutôt placé en ce lieu qu’en un autre... »,
s’interrogeait en 1669, dans ses Pensées, le philosophe Blaise Pascal. En résonance à cette interrogation métaphysique et abyssale, la Hab Galerie invite une vingtaine d’artistes, plasticiens, photographes, vidéastes et designers contemporains, à ré-imaginer la Terre.
L’exposition s’inscrit dans le parcours artistique estival du Voyage à Nantes, qui inaugure, en 2026, un nouveau cycle de quatre ans consacré aux éléments. À la terre succéderont le feu, l’air et l’eau. En plus des artistes invités, l’exposition présente également, au sein d’un double cabinet dédié, un ensemble exceptionnel de « trésors » des collections publiques nantaises : météorites du Muséum d’Histoire naturelle de Nantes, documents prêtés par le Musée Jules Verne, ouvrages précieux de la Bibliothèque municipale de Nantes…
En pratique
Interstellar. Ré-imaginée la Terre.
Exposition à découvrir du 23 mai au 27 septembre 2026, à la HAB Galerie, Quai des Antilles à Nantes.
Les autres expos du moment
- Au Château des ducs de Bretagne, jusqu’au 28 juin : l'exposition Sorcières.
- Au Centre Claude-Cahun, jusqu’au 16 mai : Île, de Lise Gaudaire.
- Au Passage Sainte-Croix, jusqu’au 13 juin : Le bruissement de la terre d'Anaïs Lelièvre.