Nos cinq coups de cœur du Voyage à Nantes 2026

Publié le 08 avr. 2026

Dernière mise à jour 07 mai. 2026

Le parcours estival du Voyage à Nantes inaugure en 2026 un cycle de quatre ans dédié aux éléments naturels. Premier d’entre eux : la terre. Voici une sélection de cinq œuvres marquantes à retrouver le long de la ligne verte, du 4 juillet au 6 septembre 2026.

  • Une oeuvre de Caroline Le Méhauté
    L'édition 2026 du Voyage promet un voyage dans la "terre", premier élément naturel ausculté avant l'eau, le feu et l'air. © DR

En pratique

Le Voyage à Nantes, du 4 juillet au 6 septembre 2026. 
Dix artistes à retrouver le long de la ligne verte. Ouverture des festivités avec la Nuit du VAN le 4 juillet (programmation à venir). 
Parcours et infos détaillées à retrouver sur le site du Voyage à Nantes.

« La Terre est bleue comme une orange » écrivait, avec un sens aigu du pas de côté, Paul Éluard dans L’Amour, la poésie (1929). Ce regard étonné, presque surréel, sur la matière, c’est ce que propose le parcours estival 2026 du Voyage à Nantes. Le rendez-vous culturel de l’été inaugure une série de quatre ans sur les éléments (la terre, l’eau, l’air et le feu), en suivant le « cycle traditionnel qui propose de cheminer du plus matériel au plus impalpable », indique la directrice générale du VAN, Sophie Lévy, qui a pris le relais de Jean Blaise début 2025. Premier d’entre eux : la terre.

Pour cette édition, dix artistes ont été conviés pour offrir aux habitants leur interprétation de cette matière, le long de la fameuse ligne verte, synonyme de vagabondage artistique. « Le Voyage à Nantes propose un voyage intérieur, poursuit Sophie Lévy. Les œuvres d’art sont l’un des moyens de faire accéder à cette part de soi-même qui n’est pas tout à fait soi et qui nous permet de voyager. On fait ainsi place au vagabond en nous ». On vous emmène sur les traces de cinq d’entre eux.

1- Louis Guillaume, "Notre dit pays"

  • Un grand palmier-dattier en métal surprendra les passants dans les douves du château. © DR

En 1800, la tour des Espagnols, successivement prison puis poudrière, est soufflée par une violente explosion. Un évènement qui marqua profondément la population nantaise et amorça le démantèlement progressif du château en tant que lieu d’armes et bastion militaire. 

Sur les vestiges de cette tour, le plasticien Louis Guillaume imagine un imposant palmier-dattier (14 mètres de haut !), ample sculpture alliant métal, résine de pin, fibres de chanvre et cordage. Le tronc du palmier reprendra les motifs des vitraux du château tandis que les palmes s’inspireront de l’escalier de la tour de la Couronne d’or. L’ensemble se veut symbole de trêve, de changement, d’abandon, mais également une figure de mémoire et de résilience du végétal. Plusieurs point de vue remarquables depuis les douves et le chemin de ronde permettront d’admirer l’œuvre.

📍À découvrir dans les douves du château des ducs de Bretagne.

2- Caroline Le Méhauté, "Ce que la Terre retient"

  • Oeuvre de Caroline Le Méhauté.
    La plasticienne Caroline Le Méhauté travaille des matériaux vivants, comme les terres de tourbières, maraîchères et forestières © DR

Dans son travail, la sculptrice Caroline Le Méhauté emploie des matières naturelles telles que la tourbe, la fibre de noix de coco, les pierres, le liège, l’argile, la cire d’abeille ou le mycélium (partie souterraine des champignons).

Pour son exposition Ce que la terre retient accrochée, visible au Passage Sainte-Croix, Caroline Le Méhauté met en regard un certain nombre d’œuvres inédites liées à Nantes et sa région, et réalisées à partir de différentes terres de tourbières, maraîchères et forestières. Elle y intègre également des œuvres antérieures issues de recherches et d’expérimentations menées autour des sols, en particulier les tourbières. Une façon de rendre hommage à ces écosystèmes uniques encore méconnus, à la fois conservatoires biologiques et puits de carbone.

📍À découvrir au Passage Sainte-Croix et à la Hab Galerie.

3- Théo Mercier, Titre en attente

  • Esquisse du projet de Théo Mercier sur la place Graslin. La scultpure de l'artiste sera réalisée en sable. © Théo Mercier

Théo Mercier est un sculpteur et metteur en scène, associé au Ballet national de Marseille. Pour le Voyage à Nantes, l’artiste investit la place Graslin, l’un des ensembles architecturaux les plus emblématiques du 18e siècle, dessinés par Jean-Baptiste Ceineray et Mathurin Crucy. Pour l’occasion, il utilisera du sable, matière au cœur de sa pratique sculpturale depuis plusieurs années. Fragile et instable par nature, le sable est aussi ce qui résiste, ce qui demeure et ce qui finit toujours par ressurgir. 

L’œuvre, encore en cours d’élaboration, promet d’être une « symphonie des sols » selon les mots de Théo Mercier. Elle ressemblera à une éruption lente qui fera réapparaître des fragments et des ruines propres à la place.

📍À découvrir place Graslin.

4- Pierrick Sorin, Titre en attente

  • Une oeuvre de Pierrick Sorin.
    L'artiste Pierrick Sorin investira la volière du Jardin des plantes avec une oeuvre d'une "inquiétante étrangeté". © DR

Est-il encore besoin de présenter ce trublion nantais des arts visuels et vidéo ? L’artiste conçoit des œuvres où — à de rares exceptions près — il se met systématiquement en scène lui-même, collectionnant diverses identités, jouant souvent le rôle d’un anti-héros comico-tragique. Chaque saynète plonge le spectateur dans un imaginaire fantaisiste et burlesque où s’invitent volontiers des questionnements sur la création artistique elle-même. 

Invité par le Voyage à Nantes, Pierrick Sorin investit une volière désaffectée du Jardin des plantes, poursuivant son travail de mise en scène de personnages holographiques à échelle humaine. Le résultat donne l’impression d’une « inquiétante étrangeté » comme il le dit lui-même.

📍À découvrir au Jardin des plantes. 

5- Barbara Schroeder, "Les Mistériennes"

  • Une oeuvre de Barbara Shroeder.
    Barbara Schroeder propose une architecte vivante et éphémère au sein du cadre luxuriant du Jardin extraordinaire. © DR

Barbara Schroeder est une artiste spécialiste... de bouse de vache ! Derrière l’apparent incongru se cache en réalité un médium aux multiples usages : utilisée depuis toujours pour bâtir, la bouse de vache sert aussi à chauffer, à fertiliser et à construire, notamment du fait de ses propriétés isolantes. En Inde — où l’artiste s’est rendue pour en connaître les usages — la bouse de vache est ancrée dans la spiritualité et la vie quotidienne, utilisée en particulier comme agent purificateur pour les pratiques rituelles. 

Pour l’œuvre Les Mistériennes créée pour le Voyage à Nantes, l’artiste a récolté, avec l’aide des jardiniers municipaux à l'automne dernier, un ensemble de feuilles et de graines remarquables. Séchées pendant plusieurs semaines dans un immense herbier, elles ont ensuite été insérées dans des coffrages, dans lesquels de la bouse de vache a été mélangée à de la terre, de la ouate et du ciment pour former six colonnes monumentales.

Une fois décoffrées après plusieurs mois de séchage, les sculptures, sorte de grandes stèles qui surgiront au gré des promenades, gardent l’empreinte des feuilles de ces plantes, comme si la matière avait fossilisé la mémoire végétale. Une architecte vivante, éphémère, véritable ode à la diversité végétale du Jardin extraordinaire.

📍 À découvrir au Jardin extraordinaire.

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