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Cinq expositions nantaises à ne pas rater cet été 2026
Publié le 15 juin. 2026
Plongée dans les paysages du passé, odyssée de l'oubli, Terre ré-imaginée ou encore rêves numérisés : focus sur cinq expositions nantaises à ne surtout pas rater cet été 2026.
L'expo immanquable
À la Hab Galerie, la planète bleue repensée
« Je vois ces effroyables espaces de l’univers qui m’enferment, et je me trouve attaché à un coin de cette vaste étendue, sans que je sache pourquoi je suis plutôt placé en ce lieu qu’en un autre... »
, s’interrogeait en 1669, dans ses Pensées, le philosophe Blaise Pascal. En résonance à cette interrogation métaphysique et abyssale, la Hab Galerie invite une vingtaine d’artistes, plasticiens, photographes, vidéastes et designers contemporains, à ré-imaginer la Terre.
L’exposition s’inscrit dans le parcours artistique estival du Voyage à Nantes, qui inaugure, en 2026, un nouveau cycle de quatre ans consacré aux éléments. À la terre succéderont le feu, l’air et l’eau. En plus des artistes invités, l’exposition présente également, au sein d’un double cabinet dédié, un ensemble exceptionnel de « trésors » des collections publiques nantaises : météorites du Muséum d’Histoire naturelle de Nantes, documents prêtés par le Musée Jules Verne, ouvrages précieux de la Bibliothèque municipale de Nantes…
En pratique
Interstellar. Ré-imaginée la Terre
Exposition à découvrir jusqu'au 27 septembre 2026, à la HAB Galerie, quai des Antilles à Nantes
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Les autres expos à ne pas manquer
Au Lieu Unique, plongée virtuelle dans nos songes
Négatif de notre vie diurne, les rêves « inventent des mécanismes de défense, simulent les émotions, afin semble-t-il, de nous préparer à ce qui va suivre
» raconte la plasticienne Justine Emard. À travers une dizaine d’œuvres, l’artiste explore les nouvelles relations qui s’instaurent entre nos existences et la technologie. Sculptures, jeu vidéo, réalité augmentée, installations interactives, sonores ou lumineuses... Elles évoquent les rêves d’astronautes, les données géologiques ou encore le chant des sirènes.
Avec son travail, Justine Emard pose une question fondamentale : comment la donnée numérique ou informatique peut-elle permettre de percevoir l'invisible ? Pour y répondre, l'artiste n'hésite pas à mettre en scène ses propres songes pour sonder ses ondes cérébrales. « Cette exposition crée un passage entre sphères virtuelles et monde tangible
», complète Elis Commins, commissaire de l'exposition et directeur du Lieu Unique. Une première exposition d’envergure en France pour cette figure montante de la scène contemporaine, proposée dans le cadre du Voyage à Nantes, en partenariat avec Stereolux.
En pratique
Rêves premiers, de Justine Emard
Exposition à découvrir du 19 juin au 30 août 2026, au Lieu Unique, 2 rue de la Biscuiterie, à Nantes
Visite commentée en présence de l'artiste le jeudi 2 juillet à 16h
Au Centre Claude-Cahun, à la recherche des fleuves absents
Quel est le point commun entre la Loire et le fleuve Maroni dans l'ouest guyanais ? C'est en creux de leur lit, dans leur absence, que les fleuves se relient. Ici, le fleuve est englouti sous la ville, discipliné, privatisé. Là-bas, asséché, contaminé par le mercure. Mais « le penseur brésilien Ailton Krenak rappelle que les fleuves sont des entités vivantes, capables de réinventer leur propre course sous terre lorsque la surface devient hostile
», évoque Éline Gourgues, commissaire de cette exposition en forme de regards échangés.
Celle-ci réunit deux projets photographiques, issus d'une résidence croisée menée par le Centre Claude-Cahun, en partenariat avec la MAZ-Maison de la photographie Guyane-Amazonie, le MAT-Centre d’art contemporain du Pays d’Ancenis et la Maison Julien-Gracq. Nathyfa Michel et Jérôme Blin y dialoguent, à travers trois ensembles d'images : le minéral et le végétal, les portraits des habitants et les paysages fluviaux transformés. Car les fleuves laissent les traces de ce qu'ils refusent de porter mais aussi des populations contraintes d'habiter autrement ces territoires en mue.
En pratique
Soyons eaux, inventaire de fleuves absents, de Jérôme Blin et Nathyfa Michel
Exposition à découvrir jusqu'au 23 août 2026, au Centre Claude-Cahun, 45 Rue de Richebourg, à Nantes
Au Musée d'arts de Nantes, une odyssée de l'oubli
Pionniers de l'art contemporain, Anne et Patrick Poirier forment un duo étonnant aux quelque 50 ans de carrière. À travers cette exposition inédite, les deux artistes à la renommée internationale invitent à plonger dans notre mémoire intime et notre histoire collective. « L’œuvre d’Anne et Patrick Poirier est généreuse et protéiforme
, souligne Marie Dupas, commissaire de l’exposition. La parcourir, c’est faire un voyage physique et mental dans ce qui menace de disparaître ou d’être oublié.
»
Empreint de poésie et d’humanité, leur travail prend la forme d’installations monumentales, de maquettes spectaculaires, de dessins et de peintures, et évoque la fragilité des vies humaines et des civilisations. Parmi les œuvres présentées : la Cité des ombres, sculpture monumentale mêlant céramique et plumes, ouvre l'exposition dans le Patio ; L'incendie de la bibliothèque [d’Alexandrie] est quant à elle présentée dans la chapelle de l'Oratoire, dans une scénographie surprenante et immersive.
En pratique
Odyssée de l'oubli, d'Anne et Patrick Poirier
Exposition à découvrir jusqu'au 30 août 2026, au Musée d'arts de Nantes, 10 rue Georges-Clemenceau.
Au Musée Dobrée, retour dans la Loire-Atlantique du 19e siècle
Et si vous revisitiez les monuments et paysages marquants qui ont fait la gloire du territoire ligérien ? Dessinateur paysagiste et lithographe français, Félix Benoist a participé à l'édition des Voyages pittoresques au début du 19e siècle, proposant une sorte de « coups de cœur touristiques de l'époque »
.
Dans l'écrin du Musée Dobrée, le cabinet d'arts graphiques présente un accrochage exceptionnel consacré à cet artiste. Ses dessins préparatoires et estampes témoignent de la richesse des paysages et des édifices ligériens du milieu du 19ᵉ siècle.
En pratique
Félix Benoist - Voyage en Loire-Atlantique
Exposition à découvrir jusqu'au 20 septembre 2026, au Musée Dobrée, place Jean V, à Nantes.
Trois autres curiosités
Aux Petites Écuries, jusqu’au 18 juillet : Bulbe Seuil Fumée, de Célie Falières ;
À l’Atelier, du 4 juillet au 6 septembre : Constant Struggle, exposition des lauréats et lauréates du Prix des arts visuels de la Ville de Nantes ;
À la Galerie des oubliés, jusqu’au 12 juillet : Seventies.