[Notre histoire] Nantes Nord, des champs au « quartier mosaïque »

Publié le 09 sept. 2026

Dernière mise à jour 09 sept. 2026

Avant de devenir un quartier populaire, Nantes Nord était une terre agricole. Il bénéficie depuis 2016 d’un projet global de renouvellement urbain.

  • La Boissière sort de terre au début des années 1960.
    Le quartier de la Boissière, à Nantes Nord, sort de terre au début des années 1960. © Archives de Nantes

Jusqu’aux années 50, Nantes Nord présente un visage rural. C’est aussi une terre de loisirs pour les Nantais. Depuis la fin du XIXe siècle, ils peuvent se divertir dans les guinguettes de la Jonelière ou au Petit Port, aménagé pour accueillir un hippodrome, inauguré en 1875, ainsi qu’une promenade publique.

Mais après la Seconde Guerre mondiale, le quartier connaît une mutation importante. Les terres agricoles cèdent d'abord la place à des ensembles pavillonnaires, notamment sur un terrain de 12 hectares du château de la Boissière, acheté et viabilisé par la Ville. Puis, avec les Trente Glorieuses, les grands ensembles prennent le pas sur les maisons individuelles. À Nantes, l’Office public d’habitations à loyers modérés (qui deviendra Nantes Habitat en 1990) est le principal maître d’œuvre de la réalisation de ces nouveaux quartiers.

De l’ère rurale à l’ère urbaine

Dans le nord de Nantes, la Ville a acquis des terrains agricoles qui permettent la mise en œuvre de constructions en deux périodes : 1957-1962 puis 1969-1976. Les Renards, achevé en 1958, réunit trois barres de quatre étages en plein milieu des champs. À la Boissière-Fantaisie, 1 060 logements sont construits entre 1960 et 1962.

La Petite-Censive, avec 285 logements collectifs et 90 individuels livrés en 1970, le Bout-des-Pavés (717 en 1972) et Bout-des-Landes (526 en 1975) complètent l’offre de logements collectifs.

En une petite trentaine d’années, les quartiers Nord mutent ainsi de l’ère rurale à l’ère urbaine, passant de 3 000 habitants en 1945 à plus de 24 000 en 1975. Trois décennies durant lesquelles pavillons et grands ensembles poussent comme des champignons, au gré des besoins en logements. Ils donnent naissance à un « quartier mosaïque », de par sa composition urbaine et sa population, aux origines socio-économiques et culturelles très diverses. Contrairement à d’autres quartiers nantais, aucun plan d’ensemble n’a été imaginé pour Nantes Nord. 

Nantes Nord fête les 10 ans du projet global urbain

Pour les 10 ans du Projet global de Nantes Nord, le quartier fait la fête le temps d'un week-end les 25 et 26 septembre 2026. Au programme : 

  • balade en petit train dans le quartier, animations sportives et ludiques près du container ; 
  • exposition sur les 10 ans du projet global ; 
  • animations numériques sur l'actualité du quartier autour de la Mobil'o Projet ; 
  • exposition sur l'histoire du quartier par le Collectif “Je me souviens” et concert ambulant avec les élèves du Conservatoire. 

L'inauguration du nouveau pôle associatif Séraphine-de-Senlis, le vendredi 25 septembre, marque également l’un des temps forts. Cet équipement de proximité est attendu par les habitants du quartier.

Renouvellement urbain

Le quartier voit naître également de grands équipements : le campus universitaire et les grandes écoles érigés à partir des années 60 à deux pas de l’Erdre, le camping municipal ouvert en 1971, le cimetière parc et le centre pénitentiaire à la fin des années 1970, et le complexe de loisirs du Petit-Port inauguré en 1984. Dans les années 90, le tramway permet de décloisonner le quartier en le reliant au centre-ville, une médiathèque ouvre ses portes. Plus tard, la construction du stadium métropolitain Pierre-Quinon, livré en 2013, amène un nouvel équipement de rayonnement national, tout près du campus.

Lancé en 2016 pour repenser le quartier avec ses habitants, le projet de renouvellement urbain de Nantes Nord a permis la livraison d'une maison de santé, la rénovation de logements et l’aménagement de nouveaux espaces publics. Un nouveau centre commercial va ouvrir à Boissière ainsi que la construction de logements neufs. Plus de 125 millions d’euros sont mobilisés pour transformer en profondeur ce quartier populaire qui compte aujourd’hui 25 000 habitants.

Les lotissements Castors de Nantes Nord

En 1958, de nombreuses familles qui n’ont pas les moyens de financer un apport personnel suffisant adhèrent aux Castors et participent ainsi activement à la construction de leur logement. Ainsi naîtront les lotissements Boissière 1 et 2. Le même principe avait déjà permis la réalisation de douze maisons rue de Gesvres en 1955. Si vous arpentez le quartier, vous pouvez les découvrir. Ils sont les témoins encore visibles, aux côtés des grands ensembles, de l'urbanisation de Nantes Nord.