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Actualités Publié le 30 octobre 2019

L.Atipik ouvre la voie aux femmes dans le milieu du deejaying

Autodidacte, l’artiste rezéenne est devenue mi-septembre la première femme championne de France des DJs DMC. Rencontre.

L.Atipik est arrivée en demi-finales des championnats du monde à Londres, en septembre. ©Paper Prod.
L.Atipik est arrivée en demi-finales des championnats du monde à Londres, en septembre. ©Paper Prod.

Elle a quitté la soudure, « un univers très masculin », pour un autre milieu où la place des femmes reste minoritaire. Pas de quoi décourager Isa alias L.Atipik, 40 ans, tombée dans la marmite du Mix sur le tard. « Il y a dix ans, j’ai vu un DJ scratcher en soirée et j’ai eu un gros coup de cœur. J’ai acheté des platines et j’ai commencé à m’entraîner quatre heures par jour dans ma chambre », se souvient l’artiste rezéenne. Après deux ans de travail, la DJ fait ses premiers pas sur scène avec le rappeur nazairien Ismaël. Le duo assure notamment la première partie d’Orelsan en 2013. Suivront des collaborations avec l’artiste Deez, le groupe Lowschool et la compagnie de danse S. Avant le grand saut, en solo, il y a deux ans.

Une « platineuse artistique »

Isa est aujourd’hui une figure du turntablism en France. « L’idée, c’est de se servir des platines comme d’un instrument de musique. On s’approprie un son et on en fait quelque chose de complètement différent », explique L.Atipik. Celle qui se définit comme une « platineuse artistique » met la musicalité au premier plan. « Je ne suis pas dans la technique pure et dure. Dans certaines compétitions, les hommes recherchent trop la performance et ça devient inaudible pour le public. Moi, je pense au groove et à la dimension musicale. »

Un style qui a séduit le jury du championnat de France des DJs DMC organisé le 14 septembre dernier à Biarritz. Pour sa première participation à cette compétition majeure, L.Atipik a remporté le titre de championne de France dans la catégorie Battle. La récompense de longs mois de travail – 6 heures d’entraînement par jour cet été – et la satisfaction d’ouvrir la voie aux femmes dans ce milieu d’hommes. « Cette compétition a toujours été un rêve pour moi et je trouvais ça dommage qu’aucune femme n’y participe. Je suis vraiment heureuse d’avoir gagné. » Si elle n’a jamais été confrontée directement au sexisme, L.Atipik déplore « les commentaires sur internet qui s’intéressent plus au physique ou à la tenue des filles qu’à leur proposition musicale ». La pression est aussi plus grande avant de monter sur scène. « En tant que femme, on sait qu’on va être deux fois plus regardée. On a interdiction de se rater sinon on se fait démolir, ce qui n’est pas le cas pour un homme. »

Qualifiée pour les championnats du monde organisés fin septembre à Londres, L.Atipik est arrivée en demi-finales. Là aussi, une performance remarquable pour celle qui a pensé tout arrêter il y a un an. « Ce métier a un côté ingrat. On fait tous les bars, on joue dans l’indifférence totale en étant payé une misère pour 5 heures de set… » L’artiste espère que ce titre de championne de France lui ouvrira de nouvelles portes. Elle s’envolera début novembre à Los Angeles pour rencontrer DJ Shortee, pionnière dans le milieu du deejaying. Avant de faire une tournée à la montagne cet hiver.

Consulter le site internet de L.Atipik