En ville, des refuges pour la faune et la flore locales

Publié le 26 janv. 2026

Dernière mise à jour 26 janv. 2026

Les jardiniers de la Ville de Nantes ont aménagé une cinquantaine de sites dans tous les quartiers pour accueillir la biodiversité. Dans ces « oasis de biodiversité », la faune et la flore locales reprennent leur place. Exemple avec 5 sites.

Faire revenir la faune et la flore locales en ville ? C'est le pari des « oasis de biodiversité » qui se multiplient depuis 2020 à Nantes. « On en compte déjà une cinquantaine, créées à l'initiative des équipes de jardiniers, dans tous les quartiers », souligne le naturaliste de la direction Nature et jardins Olivier Ganne qui accompagne leur déploiement. Mares, haies bocagères, boisements d'avenir, espaces pollinisateurs sont ainsi aménagés ou restaurés pour ramener des espèces « natives », c’est-à-dire originaires de la région. « Nous conduisons ensuite un suivi des espèces dans le temps : les libellules, les papillons, les amphibiens… » Si c'est encore le début de l'aventure, « on sait déjà que sur 9 mares aménagées ou restaurées, on a trouvé 20 espèces de libellules sur les 60 présentes dans le département : c'est très encourageant ! »

1. Dans les douves du château, touristes, moutons et libellules cohabitent

  • Un jardinier plante les berges des douves du château des ducs de Bretagne, à Nantes.
    Avec leur « oasis de biodiversité », les douves du château des Ducs de Bretagne sont désormais labellisées EcoJardin. © Loïc Gatteau

Dans ce site patrimonial très fréquenté, autrefois tondu à ras, faire revenir la biodiversité était un pari. « On a commencé à le faire évoluer au printemps 2020, après l'épidémie de Covid, explique Abderhamane Hamlaoui, chef d'équipe. D'abord en installant des moutons d'Ouessant, puis en créant un bord d'eau végétalisé à partir de plantes prélevées sur les bords d'Erdre ». Aujourd'hui, les douves accueillent des zones de prairies fauchées une fois pas an, des secteurs de tonte rustique coupés 7 à 8 fois par an. « On garde enfin une tonte de courtoisie à ras en bordure des allées, qui montre aux promeneurs que l'on entretient bien l'espace. » En 2024, les jardiniers ont aussi créé deux boisements autour d'arbres anciens. Les douves sont désormais labellisées EcoJardin : « Cet audit national récompense notre travail en faveur de la biodiversité. On a d'ailleurs remarqué que des martins-pêcheurs visitaient les douves de plus en plus souvent ! »

2. Aux Dervallières, la nouvelle mare accueille déjà la grenouille verte

  • Des jardiniers devant la nouvelle mare du parc des Dervallières.
    Creusée à l'automne 2024, la mare du parc des Dervallières est rapidement devenue un refuge pour les batraciens, libellules et demoiselles. © Loïc Gatteau

Agathe Renault et Adrien Judic sont des piliers de l'équipe qui a réalisé la nouvelle mare sur le secteur de Zola. « En aménageant une forêt-jardin de fruitiers, on a repéré une zone humide où poussaient des joncs, d'où l'idée de l'agrandir pour en faire une mare. » Creusée au tractopelle à l'automne 2024, la mare s'est remplie très vite du fait d'un sol argileux étanche. Elle a rapidement accueilli batraciens, libellules et demoiselles. « On nous a laissé carte blanche pour l'aménager, en profitant des conseils du naturaliste. » Aux joncs naturellement présents, les jardiniers ont ainsi ajouté des iris des marais, de la menthe et du plantain aquatiques et un petit nénuphar local. « La mare ramène une faune auxiliaire utile pour les arbres fruitiers, les oiseaux viennent s'y abreuver. Et c'est aussi un nouveau lieu de balade à découvrir pour les habitants ! »

3. Une haie bocagère pousse dans le cimetière Sainte-Anne nouveau

  • Des jardiniers plantent une haie dans un cimetière nantais.
    La haie plantée en 2025 au cimetière Sainte-Anne nouveau accueille du frêne, du saule, du charme, du fusain, du houx...  © Loïc Gatteau

« Ici avant, on passait la tondeuse toutes les trois semaines. L'idée de la haie bocagère, c'est pour attirer des oiseaux, des insectes, des pollinisateurs dans ce cimetière déjà bien vert », explique Fabrice Roussière, chef d'équipe du secteur Chantenay. Sur 100 mètres de long, la nouvelle haie plantée il y a un an en forme de U accueille du frêne, du saule, du charme, du fusain, du houx... : uniquement des plantes natives issues de la pépinière municipale. « On a tout fait en régie en décompactant le sol et en apportant du broyat de branches. » Autour de cette haie, les jardiniers ne tondent désormais que 3 à 4 fois par an, tout en passant plus souvent sur une « bande de courtoisie » qui fait le lien avec l'espace des tombes. « Il va falloir attendre 5 à 6 ans pour voir l'effet de cette haie sur la faune et la flore. » En attendant, l'équipe a déjà un autre projet : créer un espace pour les pollinisateurs dans un mur en pierres.

4. La mare de la coulée des Renards reprend vie

  • Un jardinier entretient les berges d'une mare à Nantes.
    Réalisés à l'automne 2025, les travaux de renaturation de la mare des Renards se poursuivent au printemps 2026 avec l'installation de bancs et le fleurissement des abords. © Loïc Gatteau

Dans cette coulée verte de Nantes Nord, le milieu se refermait. « La renouée du Japon, une plante invasive, colonise toutes les zones humides, indique Yann Boeuf, chef d'équipe. Avant ici, c'était pourtant une exploitation agricole de cresson et on y entendait les grenouilles. » Pour renaturer la mare existante, les jardiniers ont commencé par retirer des branches et sélectionner les arbres. « Avec un chantier de jeunes animé par la Fédération des Ami.e.s de l'Erdre, on a ensuite couché la renouée du Japon et replanté des saules pour contrer son expansion. » Des nichoirs ont aussi pris place. Réalisés à l'automne 2025, ces travaux vont se poursuivre au printemps avec l'installation de bancs et la végétalisation des abords. « On va continuer à limiter la renouée pour garder cette mare ouverte : qui dit oasis de biodiversité ne signifie pas aucun entretien ! »

5. Rue des Boires, le boisement méditerranéen prend de l'ampleur

  • Des enfants mettent les main à la terre pour planter des arbres.
    Au printemps 2022, avec l’aide d’écoliers, les jardiniers municipaux ont planté 4 000 arbres, arbustes et graminées rue des Boires. © Célia Le Goaziou

« Notre boisement est parmi les premiers réalisés », se souvient Gerald Bouju, chef d’équipe de l’Île de Nantes Ouest. Dans cet espace proche du gymnase Mangin, « une patate » d'herbe ne servait à rien sauf de canisite. « Le sous-sol de l’île, c'est du sable : on a donc proposé de créer un bois méditerranéen : pin d'Alep, arbousier, genévrier, romarin, églantier... » Au printemps 2022, après avoir retourné le sol et ajouté un peu de terreau décomposé de feuilles, les jardiniers ont planté 4 000 arbres, arbustes et graminées sur 750 m2. Les enfants de l'école voisine Jeanne-Vial ont aussi mis les mains dans la terre ! L'été 2022 de canicule n'a pas affecté la nouvelle plantation : « Sans aucun arrosage depuis 4 ans, on est surpris de la vitesse à laquelle ça pousse : les plants faisaient 10 cm, certains pins font déjà plus de 4 mètres de haut ! Les oiseaux ont aussi ramené des fraises des bois sur le site ! »

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