[Direct] Une lente décrue s'amorce
Schéhérazade Aïssani-Trisson : « Croiser des enfants curieux, ça me nourrit ! »
Publié le 25 févr. 2026
Dernière mise à jour 25 févr. 2026
Au Jardin des plantes de Nantes, l'animatrice nature sensibilise les enfants et le grand public à la biodiversité. Elle sème de petites graines pour permettre à chacun de découvrir le monde fascinant du végétal et ses multiples bienfaits. Et, pourquoi pas, devenir un acteur engagé de la transition.
« J'ai le souvenir d'une classe verte à la montagne au printemps : j'avais adoré !
» Aujourd'hui, Schéhérazade Aïssani-Trisson transmet à son tour aux petites Nantaises et Nantais, aux plus grands aussi, ainsi qu'aux visiteurs de passage. « Mais attention, je ne suis ni botaniste, ni jardinière... même si j'ai des connaissances sur le sujet !
», a-t-elle l'habitude de glisser avec malice à celles et ceux qu'elle emmène à la découverte du Jardin des plantes.
Une reconversion pour s'impliquer dans la transition environnementale
Schéhérazade est une « jeune » animatrice nature, embauchée il y a un an à la direction Nature et jardins de la Ville de Nantes. « J'ai démarré dans l'animation en centre de loisirs. Puis j'ai eu envie d'aller vers le théâtre. Et pour vivre cette passion peu lucrative, je suis devenue assistante de direction ! Un métier choisi par accident
», dit-elle, mais qui a occupé son quotidien plus de 10 ans.
À l’approche de la quarantaine, elle décide d'opérer un tournant dans sa vie professionnelle : « J'ai eu besoin de retrouver du sens en m'impliquant dans la transition environnementale, un enjeu monumental. Passer par l'éducation à l'environnement était le plus évident pour moi.
» Elle repart donc en formation. Une fois son Brevet professionnel d'éducation à l'environnement vers un développement durable en poche, elle débute en médiation scientifique à l'association des Petits Débrouillards. « Je touchais à la science en général, la chimie, la physique, l'énergie, la biologie... Mais parler de crise climatique, c'est parfois lourd. J'ai eu envie d'une approche plus joyeuse de la transition. La nature, avec ses bienfaits pour la santé et le moral, m'a tendu les bras avec ce poste d'animatrice biodiversité !
»
« Créer du plaisir à découvrir la nature »
Schéhérazade fait partie d'un collectif de huit agentes et agents d’animation répartis dans la ville de Nantes : au Jardin des plantes, à la ferme de la Chantrerie, au parc du Grand-Blottereau, au Jardin des Fonderies, à la Maison de l'Erdre et à celle de l'Apiculture. « Une grande partie de mon travail, c'est le
Parcours Nature
pour les classes des écoles nantaises. Cette année j’accueille environ 120 classes au Jardin des plantes, de la maternelle au CM2.
» Cycle de vie de la graine à la plante, découverte des arbres remarquables, plantes carnivores, feuilles d'automne pour les tout-petits, herbier, serres tropicales ou arides, les sujets sont variés. « Ici, c'est un jardin particulier, un jardin botanique avec une activité scientifique. Avec les enfants, on se met dans la peau de chercheurs, loupe à la main parfois, ils découvrent beaucoup de choses en observant de plus près le végétal. J'essaie aussi d'avoir une approche sensorielle et créer du plaisir à découvrir la nature. Je veux qu'ils passent un bon moment.
»
L'animatrice guide aussi des jeunes en formation paysagère ou horticole et des touristes de passage l'été. Chaque période de vacances, avec l'équipe d'animation, elle propose également un nouveau jeu de piste familial, en ce moment autour des camélias.
« J’apprends tous les jours, c'est passionnant »
« Je crée tous mes supports de A à Z : je dois toujours trouver de nouvelles idées, c'est une vraie chance !
» Parmi les nouveautés à venir, elle compte proposer une animation pollinarium, pour mieux comprendre les pollens et les allergies qu'ils provoquent. Dans son bureau près des serres, l'animatrice voisine avec Aurélien Bour, le botaniste du Jardin des plantes. « Je suis arrivée en ne connaissant que les noms communs des plantes. Mais ici, ça parle en noms scientifiques. J'en apprends tous les jours, c'est un puits sans fond la biodiversité, c'est passionnant !
»
Quand elle n'est pas au Jardin des plantes – ça lui arrive ! -, Schéhérazade assure l'accueil à la Maison de l'Erdre dans l’Île de Versailles, prête main forte à ses collègues pour les dimanches à la ferme de la Chantrerie ou participe à Biodivers'été au Grand-Blottereau, un programme d’activités familiales 100 % gratuit. « J'aime beaucoup être avec le public, c'est très gratifiant.
»
Préserver la biodiversité : « La solution est dans le collectif »
Satisfaite de sa reconversion professionnelle, Schéhérazade sait aujourd'hui pourquoi elle se lève chaque matin. « Quand je vois des enfants curieux, ça me nourrit. Ils ont plein de questions, c'est enrichissant pour tout le monde !
» L'animatrice nature, fervente défenseure de l’éducation populaire, est surtout heureuse de travailler dans un « petit village
» : « J'essaie, à ma place, d'apporter à ce groupe qui œuvre pour préserver la biodiversité. Face à cet enjeu monumental, on ne peut rien faire tout seul : la solution, elle est dans le collectif.
» Et quid de sa passion de jeunesse, le théâtre ? « Je suis toujours fan de spectacle vivant. Et j'aimerais bien proposer un jour des histoires théâtralisées aux plus petits. Autour du kamishibaï par exemple, un petit théâtre d'origine japonaise, pour entrer encore plus en contact avec le jardin.
»
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Une série France TV dans les coulisses du Jardin des plantes de Nantes
Pendant une année chahutée par les aléas climatiques, le réalisateur Thomas Rault a filmé les jardiniers et jardinières, botanistes, chercheurs, élagueurs, agents d’accueil, etc., qui bichonnent ce jardin deux fois centenaire, site le plus fréquenté de Nantes. Les huit épisodes de sa série documentaire, Jardin public, sont à suivre sur la plateforme france.tv pour plonger dans le quotidien captivant de l’un des quatre grands jardins botaniques de France.