À Doulon, un parc prend forme le long du ruisseau des Gohards

Publié le 12 févr. 2026

Dernière mise à jour 12 févr. 2026

Les travaux du parc des Gohards débutent mi-février 2026 pour restaurer les milieux naturels et créer de nouveaux espaces de respiration pour les habitants du quartier Doulon-Gohards. Avec un enjeu fort : maintenir l’équilibre entre zones habitées et espaces naturels.

  • Image de synthèse de la future aire de jeux du Parc des Gohards, à Nantes.
    La future aire de jeux de la forêt ludique dans le Parc des Gohards, à l’est de Nantes. © Céline Orsingher - Atelier Bruel Delmar

Après une première restauration de la zone humide en 2023 pour lui redonner toutes ses fonctionnalités écologiques, l’aménagement du Parc des Gohards démarre. « Il sera prêt fin 2026 pour l’arrivée des premiers habitants à l'ouest du Vallon des Gohards », souligne Émilie Jeanniot cheffe de projet à Nantes Métropole Aménagement. Située au nord du quartier, cette première opération immobilière constitue, avec ses 207 logements, le premier secteur d’habitation du quartier Doulon-Gohards. Les 20 premiers logements sont livrés fin 2026, le reste du programme fin 2027. Les derniers aménagements paysagers seront réalisés à cette date autour de la place du Portail-Rouge, avant la construction d'une seconde tranche de 200 logements à l'Est du Vallon entre 2027 et 2029.

Un ponton d’observation

Autour de ce parc en germe, les habitants profitent déjà du premier tronçon de la « grande traversée », un axe piétons-cycles qui reliera à terme le quartier à la zone Nantes Est et à la Loire. Des sentiers et deux passerelles ont été mis en place en 2024 pour se promener et se rendre à l’école Claire-Bretécher en toute sécurité. Nantes Métropole Aménagement engage à présent l’aménagement du parc. Première étape : faucher, débroussailler et nettoyer les déchets dans la zone humide. « L’objectif est de la libérer de la végétation qui l’étouffe pour permettre au soleil de pénétrer, et aux plantes au sol de repartir et de se diversifier », explique Émilie Jeanniot. Au printemps, un ponton sera installé au-dessus de la zone humide pour contempler ces milieux sensibles sans les perturber, suivi cet automne de l’ouverture d’une aire de jeux très nature destinée aux enfants de 3 à 12 ans.

Une forêt ludique pour les enfants

Dans cette « forêt ludique », les plus petits profiteront de rondins et de poutres en bois au sol pour exercer leur motricité ou jouer à cache-cache, les plus grands de structures pour grimper. Tous pourront se reposer dans un hamac, adapté aux personnes à mobilité réduite. « Cette aire de jeux accueillera les enfants et familles déjà installés sur le quartier comme les futurs arrivants », précise Émilie Jeanniot. Son aménagement compensera la fermeture d’une partie du bois des Chaupières, où les enfants avaient construit des cabanes. « Cette forte fréquentation a dégradé et appauvri ce milieu de sous-bois sensible, précise-t-elle. Une partie du bois va être clôturée pour permettre à la végétation de se régénérer. » Des gîtes à hérissons et chauve-souris y seront installés pour assurer le développement de la faune.

Protection et découverte

« Sur Doulon-Gohards, nous cherchons le meilleur équilibre entre les espaces d’usages pour les habitantes et habitants et les zones naturelles sanctuarisées pour préserver la biodiversité », précise la cheffe de projet. Outre la protection du petit bois, des travaux seront menés sur la zone humide, située au centre du parc. « L’espace s’est beaucoup enfriché, précise Émilie Jeanniot. Nous devons débroussailler, tout en gardant les jeunes tiges (ligneux). » Plus au sud, la prairie humide fera l’objet d’une fauche annuelle pour éviter le retour des ronciers. Et l’ancienne mare sera débarrassée des bâches en plastique, datant des activités maraîchères, qui l’encombrent. Remodelées en pente douce, les berges du ruisseau seront élargies et végétalisées pour créer une plage adaptée aux plantes qui se développent en milieux humides. « Des dispositifs de protection et de découverte seront mis en place, comme l’installation d’une passerelle, seul passage possible pour observer la végétation en son cœur sans la piétiner », poursuit-elle. Au-dessus de cette plage verte, de nouveaux arbres seront plantés, notamment des fruitiers.

Plage verte, prairie humide et plaine de sport

Ouverte sur la plaine de sport Audubon, la partie ouest du parc permettra de faire du sport et s’aérer dans un cadre naturel préservé. Dès 2026, un cheminement accessible aux personnes à mobilité réduite sera réalisé pour créer un accès direct au plateau sportif. Au total, les promeneurs profiteront d’un parc de 2,2 hectares et 1 km de long, alternant plage verte, prairie humide, bosquets et plaine de sport. L’aménagement, chiffré à 1 million d’euros, prendra toute son ampleur en 2030 avec la remise à l’air libre de la dernière portion du ruisseau encore busée.

En parallèle, le pôle de proximité de Nantes Métropole prolonge la grande traversée piétonne et cyclable vers le nord du quartier. Les travaux débuteront en avril 2026 dans le cadre de la transformation de la rue des Vesprées. Débitumé, l’espace public fera plus de place aux piétons, aux cyclistes et à la nature, avec l’ajout de 300 m² d’espaces verts et la plantation de 25 arbres.

À terme, 110 hectares de parcours naturels

Le parc des Gohards est le premier maillon des 110 hectares qui constitueront à terme le « parcours ligérien ». Composé de zones naturelles préservées, restaurées et ouvertes en partie au public, ce long fil vert permettra de cheminer du parc du Grand-Blottereau jusqu’au parc de la Verdure, à Saint-Luce-sur-Loire, au fil des ruisseaux de l’Aubinière et des Gohards. Intégré aux balades de l’Étoile verte, ce parcours donnera toute sa place à l’eau et aux milieux naturels. Près de 2 km de haies bocagères et de fossés viendront relier espaces naturels et cultivés, favoriser la biodiversité, apporter de l’ombre pour réduire les îlots de chaleur et structurer les espaces publics.