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Le plan d’urbanisme modifié pour concilier nature et logements
Publié le 06 juin. 2026
Dernière mise à jour 06 févr. 2026
Une modification simplifiée du plan local d'urbanisme métropolitain (PLUm) a été adoptée ce 6 février. Objectif : adapter les règles pour soutenir la relance de la construction de logements, tout en renforçant la place de la nature et en accélérant le développement des énergies renouvelables.
Le plan local d’urbanisme métropolitain (PLUm) est le document qui guide et encadre l’aménagement et l’usage des sols dans les 24 communes de la métropole. La collectivité fait évoluer régulièrement ce document pour l’adapter aux nouveaux besoins et enjeux du territoire (lire ci-dessous).
Dans la continuité des changements adoptés en février 2025, une nouvelle modification, simplifiée, a été votée ce vendredi 6 février 2026. On fait le point sur ce qui change.
Une protection renforcée pour le végétal
Pour renforcer la place de la nature sur le territoire métropolitain, cette modification – la quatrième depuis 2019 - instaure 7,2 nouveaux hectares d’espaces boisés classés, la protection de 20,8 hectares supplémentaires d’espaces paysagers et de zones humides, ainsi que le renforcement de la protection de 33 hectares d’espaces naturels par changement de zonage, notamment le long de la vallée de l’Ognon, près de Saint-Aignan de Grand-Lieu. En cas d'abattages d’arbres, elle précise aussi comment les compenser afin de retrouver à terme la canopée préexistante, c'est-à-dire le couvert végétal qui existait auparavant.
Plus de constructions de logements
Dans le même temps, la Métropole renforce ses outils réglementaires pour accompagner le renouvellement de la ville et relancer la production de logements, enrayée par la crise de la construction qui sévit en France. Six nouvelles orientations d’aménagement et de programmation (OAP) - modes d’emploi pour aménager certains espaces - sont créées et 40 autres sont modifiées, en particulier sur leur programmation de logements. L’enjeu : faciliter la réalisation des opérations. Dans les secteurs en renouvellement urbain, cette modification du PLUm autorise notamment une augmentation des hauteurs sur 44,5 hectares. L’objectif : créer plus de logements, tout en garantissant une bonne intégration urbaine et paysagère.
Accélération des énergies renouvelables
Afin de soutenir le développement des énergies renouvelables, cette modification simplifiée intègre des zones dites « d’accélération », en cohérence avec le plan climat-air-énergie territorial (PCAET). Définies par la Métropole et les communes volontaires pour accueillir ce type de projets, ces zones permettent de simplifier et de raccourcir les procédures d’implantation, tout en offrant des conditions plus favorables à la revente de l’énergie produite.
Elle précise également les conditions d’intégration des panneaux photovoltaïques sur les bâtiments protégés au titre du patrimoine afin de concilier transition énergétique et préservation du cadre bâti. Enfin, elle facilite l’implantation de chaufferies d’intérêt collectif. Ces dernières permettent de chauffer plusieurs bâtiments et sont approvisionnées par des énergies renouvelables et de récupération, en majorité de la chaleur issue de l’incinération de déchets, puis de la biomasse.
Réemploi solidaire et interdiction des dark kitchens
Dans le champ économique, cette modification du PLUm renforce la prise en compte des projets de réemploi solidaire. Elle permet, au sein de pôles de service dédiés, des constructions ou des réhabilitations regroupant l’ensemble des usages nécessaires à leur fonctionnement, afin d’en faciliter le développement. Elle renforce aussi l’encadrement des dark kitchens. Ces restaurants-laboratoires, uniquement destinés à la livraison, sont désormais interdits dans les quartiers résidentiels pavillonnaires et dans les villages de la métropole.
Le PLUm, un document en constante évolution
Adopté en 2019, le plan local d'urbanisme métropolitain fixe les règles de constructions, définit les secteurs constructibles ou au contraire réservés aux espaces naturels et agricoles, les zones dédiées à l’habitat, aux équipements publics, celles qui peuvent accueillir des activités économiques (commerces, bureaux, artisanat), etc. Malgré son vocabulaire technique (EBC, OAP, zone EAU, etc.), c’est un outil essentiel qui accompagne la transition vers un nouveau modèle de fabrique de la ville, écologique et solidaire, en favorisant le renouvellement des espaces déjà construits plutôt que l’étalement urbain et en protégeant la nature, via les espaces boisés classés, par exemple.
Ce document n’est pas figé, il évolue régulièrement pour s’adapter aux nouveaux projets et enjeux du territoire. Ses évolutions s’inscrivent dans deux cadres procéduraux distincts, selon la nature et l’ampleur des ajustements. Les modifications dites « simplifiées » concernent des évolutions ciblées et limitées. À l’inverse, les modifications « non simplifiées » portent sur des ajustements plus structurants, susceptibles d’avoir un impact sur l’organisation du territoire, les règles de constructibilité ou les projets urbains. Elles font alors l’objet d’une procédure plus complète, incluant une enquête publique.