Après les inondations, les équipes de Nantes Métropole sur le terrain

Publié le 06 mars. 2026

Dernière mise à jour 09 mars. 2026

La Loire et ses affluents ont connu leur crue la plus importante depuis 30 ans. La collectivité s’est mobilisée sur tous les fronts pour protéger les habitants, maintenir les services essentiels et préparer le retour à la normale.

Une situation exceptionnelle, sans accident grave

  • La crue historique de la Loire de 2026 a causé la fermeture de plusieurs voies. © Rodolphe Delaroque

La dernière fois que Nantes avait vécu une telle crue de la Loire, c'était en 1995. Trente ans plus tard, celle de fin février 2026 a submergé des berges, paralysé certaines voies et contraint plusieurs services de Nantes Métropole et de la Ville de Nantes à adapter leur fonctionnement dans l'urgence. Malgré l'ampleur de l'événement et les 80 signalements de particuliers recensés sur Nantes, aucun accident grave n'est à déplorer. Un résultat qui doit beaucoup à la réactivité et à la coordination des équipes mobilisées sur le terrain.

Collecte des déchets et déchèteries : s'adapter à l'inédit

La crue a bousculé le service des déchets. Pour la première fois depuis son ouverture en 1992, la déchèterie de la Prairie-de-Mauves a été contrainte de fermer ses portes du 19 au 28 février, en raison des inondations. Côté collecte, plusieurs secteurs des communes de Rezé, Vertou, Sainte-Luce-sur-Loire et Thouaré-sur-Loire n'ont pas pu être desservis pendant plusieurs jours. Des tournées de rattrapage ont été organisées dès que les conditions l'ont permis.

Nettoyer les berges et remettre en état la voirie

  • Les opérations de déblai et de nettoyage sont assurées par les équipes du nettoiement et des pôles de proximité de Nantes Métropole, comme ici à Basse-Indre. © Garance Wester

Une fois la décrue amorcée, le nettoyage des espaces publics inondés a démarré sans tarder. Exemple avec le skate-park quai Doumergue à Nantes : « Les agents ont d'abord utilisé les pinces pour enlever les déchets solides, avant de nettoyer la boue au Kärcher », explique Frédéric Le Ludec, au pôle de proximité Nantes Centralité. La remise en état de la voirie est aussi prioritaire, avec le recours aux aspiratrices, des véhicules qui collectent ce que les cours d’eau en crue ont déposé : branches, plastiques, vase... 

La voie sur berge quai André-Morice, toujours à Nantes, n'a pu être immédiatement remise en service – sa réouverture est prévue mardi 10 mars. La pression exercée par la Loire a en effet provoqué un soulèvement de la chaussée : « Un dôme s'est créé en surface puis s'est affaissé à la décrue », décrit Hervé Penard, employé au même pôle de proximité. Une entreprise est intervenue pour évaluer l'état des couches profondes (étanchéité et dalle béton) avant d'entreprendre les travaux de réfection. « La durée du chantier dépend de l'étendue réelle des dégâts »

Les espaces verts sous surveillance

  • © Rodolphe Delaroque

Collecter les déchets échappés des corbeilles, nettoyer les jeux et le mobilier souillés par la boue… Les jardiniers et les 45 agents du PAS (propreté, accueil et surveillance) de la direction Nature et jardins, sont intervenus dès la décrue pour sécuriser et remettre en état les parcs et jardins impactés par plusieurs jours de submersion. L’eau n’était jamais montée si haut en 30 ans, mais les dégâts sont limités. Une chute de peuplier au parc Beaulieu, quelques arbres couchés dans les boisements des bords de Sèvre… Le premier diagnostic effectué par les équipes est rassurant. « Sur ces secteurs, la végétation est habituée à vivre les pieds dans l’eau », explique Valentin Touvron, responsable du secteur Sud. 

Une inspection fine sera réalisée cette semaine sur la promenade de Sèvre après les derniers gros coefficients de marée. La remise en état va prendre du temps, avertit le jardinier : « Il reste un gros nettoyage à effectuer pour retirer la vase, les branches et les morceaux de bois que les inondations ont charriés. » Certaines allées ensablées du parc Beaulieu, et même une table de pique-nique, ont été emportées par les courants.

Les arbres proches des chemins restent également sous surveillance. « L’impact sur le patrimoine arboré s’observe souvent à retardement. La crue a fragilisé les sols et l’ancrage des racines, un fort coup de vent quand les arbres auront fait leurs feuilles peut provoquer des chutes. » Les vaches qui entretiennent les prairies de Sèvre en écopâturage devront elles aussi patienter pour regagner les parcelles avec vue sur la rivière. « L’Erdre a regagné son lit, mais les prés restent gorgés d’eau. »

La biodiversité sera-t-elle impactée par le phénomène ? Les experts s’interrogent sur l’érosion des berges qui pourrait fragiliser l’angélique des estuaires, une espèce protégée, ou l’accumulation de déchets sur l’île de la Motte, à Indre, mais il est trop tôt pour évaluer les conséquences sur la faune sauvage. La flore, elle, pourrait même au contraire tirer profit de ces grandes eaux. « Comme après une éruption volcanique, les limons déposés par la crue vont laisser derrière eux des éléments minéraux intéressants pour les sols et la végétation », estime Valentin Touvron.

Capitaliser pour l'avenir

  • La Sèvre nantaise en crue à la chaussée des Moines, à Vertou. © Rodolphe Delaroque

Le temps de l'après est aussi propice à la prise de recul, au retour d'expérience, afin de revoir et d'améliorer les plans d'intervention d'urgence. La direction risques et protection de la population procède actuellement au relevé des « laisses de crue » (traces laissées par le niveau maximal de l'inondation) sur l'ensemble des communes touchées de la métropole. « Ce relevé permettra d'alimenter le retour d'expérience, de modéliser cette crue historique et de poser de nouveaux repères de crue en maillant le territoire métropolitain », explique Agathe Moureaud, chargée de projets risques et gestion des crises. Des données précieuses, qui serviront à mieux préparer les interventions lors du prochain épisode.

Catastrophe naturelle : comment déclarer un sinistre ?

L'état de catastrophe naturelle a été reconnu pour la Ville de Nantes par arrêté du 3 mars 2026 (Journal officiel du 4 mars), pour inondations et coulées de boue. Les sinistrés nantais doivent adresser leur déclaration de sinistre à leur assureur dans les meilleurs délais, au plus tard dans les 30 jours suivant l’arrêté. Pour mémoire, la dernière reconnaissance de catastrophe naturelle pour une inondation de la Loire à Nantes datait de 1995 ; la précédente, pour la tempête Kirk d'octobre 2024, concernait des inondations dues à un intense épisode pluvieux. 

D'autres communes de Nantes Métropole ont été reconnues également en catastrophe naturelle et figurent dans l'arrêté : Basse-Goulaine, Bouguenais, Couëron, Indre, Mauves-sur-Loire, Rezé, Saint-Aignan-de-Grand-Lieu, Thouaré-sur-Loire, Sainte-Luce-sur-Loire, Saint-Sébastien-sur-Loire.