À Nantes, cet encombrant refuse l'étiquette « dépôt sauvage »

Publié le 04 mai. 2026

Dernière mise à jour 05 mai. 2026

Vis ma vie de déchet

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Un lit de bébé n’a pas vraiment sa place sur un bout de trottoir. Celui-ci le sait bien : il a été déposé là contre son gré et cherche aujourd’hui à retrouver un emploi. Témoignage.

Vous nous avez appelés à l’aide. Que se passe-t-il ?

« Je dormais tranquille cette nuit chez moi quand on m’a brusquement enlevé et déposé sur le trottoir. Depuis, c’est vent, pluie, les regards mauvais des voisins, les chiens qui me reniflent comme si j’étais un canisite… Moi qui pensais faire partie des meubles, ça prouve bien qu’il ne faut jamais tenir une situation pour acquise. »

Vos ex-propriétaires ne sont pas très réglos, c’est vrai, mais pouvaient-ils faire autrement ?

« C’est ça qui me fait vriller : s'ils ne pouvaient pas m'emmener en déchèterie, ils avaient juste un coup de fil à passer pour me faire partir proprement ! On prend rendez-vous sur AlloNantes au 02 40 41 9000 et la veille du jour convenu, on me dépose sur le trottoir, sans gêner les piétons ou la circulation. Au petit matin, les services de Nantes Métropole viennent me "collecter", comme ils disent. Et le meilleur là-dedans, c’est que le service est gratuit. À comparer avec l’amende de 135 € pour dépôt sauvage. Regardez, c’est marqué sur le ruban que les agents de la brigade verte viennent de poser sur moi. »

Comment envisagez-vous l’avenir ?

« Je compte sur l’équipe dédiée que Nantes a mis en place contre les dépôts sauvages. Je sais qu’ils ne vont pas me laisser tomber, eux. Comme je suis toujours en bon état, avec un peu de chance, je vais atterrir dans une recyclerie. Être racheté par de nouveaux propriétaires. Refaire ma vie au sein d’un foyer. Le réemploi, c’est tout ce que je demande. Et dans la métropole nantaise, ce ne sont pas les structures qui manquent ! »

On vous souhaite le meilleur. En attendant, avez-vous un message pour les habitants ?

« À Nantes, la propreté, c’est déjà un gros chantier et beaucoup de moyens. Vous voulez une ville propre ? Ne la prenez pas pour un dépotoir. Un encombrant, ça se gère. Pas en douce. Pas “la nuit, vite fait”. Pas avec des “ça ira”. Parce que “ça ira”, c’est juste une façon de dire “ce sera le problème des autres”. »