Abandonné à Nantes, ce sac de street-food est « juste écœuré »

Publié le 27 mai. 2026

Dernière mise à jour 27 mai. 2026

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Il était encore tiède quand on l’a trouvé seul sur un banc du square Daviais. Ce sac en papier kraft, qui contenait les restes d’un menu burger, témoigne.

Comment vous êtes vous retrouvez là ?

« Bonne question. Il y a deux heures, j’étais encore entre les mains d’un certain Mathias, qui venait de commander à emporter dans un fast-food place du Commerce. Cheeseburger, barquette de frites, canette de soda, quelques serviettes en papier... un menu tout ce qu’il y a de plus normal. Mais ce qu’il a fait ensuite l’est moins : il a pris son repas vite fait sur ce banc et il est reparti sans moi. »

C’est courant, ce genre d’abandon ?

« On va parler statistiques. La restauration rapide en France, c’est plus de 157 000 établissements, 33 milliards d’euros de chiffre d’affaires, une croissance de près de 9 % par an depuis 10 ans. En clair, les gens mangent de plus en plus dehors, de plus en plus rapidement, en utilisant de plus en plus d’emballages comme moi. Forcément, ça augmente les risques d’incivilité. »

Et pourtant, une corbeille se trouve à deux mètres de vous !

« Je sais bien, oui, ça fait 2 heures qu’on se fait les yeux doux. Elle est là, disponible, accessible, je la sens prête à démarrer une histoire avec moi. Et c’est sans doute pas la seule. En ce moment, Nantes Métropole installe des milliers de corbeilles comme elle sur l’espace public. Des corbeilles qui permettent de faire du tri sélectif comme chez vous. C’est pas compliqué de nous rapprocher. »

On sent chez vous comme une certaine aigreur…

« En fait, je suis juste écœuré. Parce que je ne suis pas biodégradable, contrairement à ce que certains imaginent. Les cartons enduits mettent des mois à se dégrader, l’aluminium bien plus longtemps encore. Et puis si personne ne me ramasse, je vais finir éparpillé dans l’espace public, et peut-être emporté vers la Loire. Qui a envie de se retrouver à côté de moi sur la plage ? »