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« On veut nous invisibiliser » : le cri de colère d’un tag à Nantes
Publié le 20 mai. 2026
Dernière mise à jour 20 mai. 2026
Ils surgissent pendant la nuit, sur un mur ou sur une vitrine. Mais ils sont impitoyablement chassés par les équipes de Nantes Métropole. Ce tag sauvage témoigne quelques minutes avant sa disparition.
Vous nous interpellez depuis ce matin, quel est votre message ?
« Mon message ? Ben… Heu… (long silence gêné) »
C’est plutôt un problème dont il s’agit ?
« Ça oui, c’est que dans cette ville, on ne nous laisse pas vivre, on ne veut pas de nous. On veut nous invisibiliser ! Je suis plaqué sur un beau mur bien propre, mais je sens bien que l’environnement est hostile. Depuis qu’il fait jour, il y a deux personnes qui sont passées devant moi et m’ont photographié. Je pensais que c’était des sympathisants de la cause, mais non, c’était pour me signaler sur l’appli Nantes Métropole dans ma poche. C’est parti direct chez les équipes chargées de la propreté, autant dire la mort assurée pour moi ! Je connais leurs chiffres, ça rigole pas. Chaque année, ils effacent entre 110 000 et 130 000 m² de "graffitis sauvages", comme ils nous appellent. Pas possible comme c’est méprisant ce terme. En vrai, moi, je suis un cri du cœur. Je veux juste exister, c’est de la liberté d’expression ! »
Ce ne serait pas plutôt la liberté de salir ?
« Ah OK, je vois dans quel camp tu es toi… Mais qu’est-ce que vous avez contre nous les tags ? C’est parce qu’on n’est pas une fresque autorisée avec Murs Libres ? On fait pas partie des visites street-art du Voyage à Nantes ? Je vais te le dire votre problème : c’est qu’on coûte cher ! 2 millions d'euros de budget par an, 20 agents mobilisés… vous avez même recours à des sociétés privées pour les épauler. Et mis en place une astreinte pour intervenir 24h/24 sur ce que vous appelez des "graffitis de nature à troubler l'ordre public". En 1h30 grand max, on nous liquide. Aux produits chimiques ou à l’hydrogommeuse, une machine qui projette du sable. C’est pas beau à voir mais rien ne les arrête. »
Justement, voilà l’équipe spécialisée qui arrive. Un dernier message en guise d'adieu ?
« Un message ? Ben… Heu… »