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Emmaüs : 70 ans de solidarité !

ActualitésPublié le 19 décembre 2019

Fondé en 1949 par l'Abbé Pierre, le mouvement vient en aide aux personnes en situation d’exclusion sociale. À Bouguenais, la communauté Emmaüs accueille une quarantaine de compagnons. Des femmes et des hommes aux parcours de vie difficiles qui bénéficient d’un accompagnement médical, psychologique et administratif pour se reconstruire. 

"Retrouver l'estime de soi" : la raison d'être de la communauté Emmaüs.

Vêtements, meubles, jouets, livres… Si pour beaucoup de Français, Emmaüs est l’occasion de faire des bonnes affaires, notamment pour les fêtes de fin d’année, « la boutique ne représente que la partie émergée de l’iceberg » précise Jean-Christophe Langlet, l’un des trois responsables de la communauté installée à Bouguenais depuis 1966. « L’espace vente est une vitrine mais l’arrière-boutique est beaucoup plus complexe. » En coulisses, c’est un ballet d’hommes et de femmes qui s’activent pour trier les dons et remettre en état la marchandise avant la revente. Ces compagnons, en situation de grande précarité, sont accueillis par la communauté Emmaüs sans distinction de nationalité, d’âge ou de confession et sans limite dans le temps.

« Retrouver l’estime de soi »

« La personne frappe à la porte et nous explique qu’elle a besoin d’un toit. Nous l’accueillons, dans la mesure de nos capacités et de façon à respecter l’équilibre de la structure, et nous la prenons en charge à travers un accompagnement médical, psychologique et administratif. Elle peut rester toute sa vie si elle le souhaite », explique Jean-Christophe Langlet. Parmi la quarantaine de compagnons qui composent la communauté de Bouguenais, 80 % sont des migrants ayant fui des guerres, des persécutions ou des conflits familiaux.

Pour les autres, ce sont des « accidents de la vie », comme une perte d’emploi ou une séparation, qui les amènent ici. « Tous ces profils doivent cohabiter et nous sommes là pour aider chaque personne à se reconstruire. On en revient à la notion de l’homme debout chère à l’Abbé Pierre : pouvoir se redresser et retrouver l’estime de soi. » La communauté ne vit que des fruits de son activité de récupération des dons, leur valorisation, leur recyclage et leur revente.

Dans ce cocon protecteur, Baba se sent « bien ». Ce Nigérian de 43 ans a connu la rue pendant un an avant de franchir la porte d’Emmaüs en 2015.
« Quand tu as vécu dehors, ici c’est le bonheur. Je n’ai pas envie de partir. » Viktoria, Arménienne, est arrivée il y a 5 ans. « J’ai toujours rêvé de venir en France et la situation politique dans mon pays était compliquée. Je ne pouvais pas travailler. » En charge de la vente des vêtements, la quinquagénaire au sourire communicatif salue la « gentillesse » des responsables et dit avoir trouvé son équilibre.

« Aujourd’hui, on parle beaucoup d’économie sociale et solidaire mais à Emmaüs, ça fait 70 ans qu’on pratique ce cercle vertueux », souligne Jean-Christophe Langlet. Si les 70 bougies ont été soufflées comme il se doit mi-novembre, cette longévité du mouvement rappelle la situation de précarité dans laquelle vivent de nombreux citoyens. « L’Abbé Pierre disait « Aidez-nous à disparaître ». Le jour où l’on se passera d’Emmaüs, ça voudra dire que la société répond aux besoins de chacun. »

Plus d’informations :
emmaus44.fr/nantes/

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