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Actualités Publié le 15 avril 2021

Le dériveur centenaire Vétille se refait une beauté en bord de Loire

Hébergé provisoirement dans le hangar de l’association La Cale 2 l’île, sur l'Île de Nantes, le dériveur de course Vétille, construit à Chantenay en 1893, apprête ses mâts d’un beau vernis et sa coque de peinture fraîche jusqu’à la fin mai avant de retrouver la Loire.

Vétille lors des Régates de Trentemoult, édition 2017. Crédit : Photo Christian Roy - Centre nautique Sèvre et Loire - Trentemoult / Rezé
Vétille lors des Régates de Trentemoult, édition 2017. Crédit : Photo Christian Roy - Centre nautique Sèvre et Loire - Trentemoult / Rezé

« Qu’est-ce que tu as à vétiller comme ça ? » Dans le vieux parler nantais, on entend parfois cette expression. C’est sans doute de là que vient le nom du Vétille. « S’agiter »… Depuis sa construction par les chantiers Dubigeon en 1893 à Chantenay, ce dériveur de course n’en finit pas de s’agiter : dès sa sortie, il remporte l’une de ses premières régates à Trentemoult, suivie de nombreuses autres à Saint-Nazaire, Le Croisic... Exploit renouvelé en 1966, où il fait une réapparition remarquée aux régates de Trentemoult. Mais les années passent… Retrouvé à l’état d’épave dans le port de Noirmoutier, Vétille est restauré en 1982 par les ouvriers du chantier Dubigeon, installé cette fois sur la Prairie-au-duc (actuel Parc des Chantiers). Quelques années plus tard, l’Association Amerami (amerami.org) en fait l’acquisition et le fait classer Monument historique en 1994. Il est confié au Conservatoire international de la Plaisance de Bordeaux avant de retrouver ses attaches nantaises en 2000. Il est aujourd’hui exploité dans le cadre de l’association Erdre Voiles Passion qui, entre Nantes et Sucé-sur-Erdre, se charge de l’entretenir et de le faire naviguer.

Bichonné chaque hiver

Si sa dernière grande restauration date de 2012, le dériveur en tôle de fer galvanisé d’une épaisseur de 2 mm est fragile et nécessite, chaque hiver, un entretien attentif pour, notamment, éviter la corrosion. « D’habitude, cet entretien courant se réalise à Sucé-sur-Erdre où la municipalité met à notre disposition, à titre gratuit, un hangar pour passer l’hiver à l’abri des intempéries et une place à quai le reste de l’année », explique Franck Barrau, président de l’association Erdre Voiles Passion. « Cette année, Vétille était un peu à l’étroit dans ce hangar et, à cause des confinements, les allers-retours entre Nantes — où j’habite — et Sucé-sur-Erdre étaient difficiles. Heureusement, Vétille a pu être aimablement abrité sur l’Île de Nantes, dans les locaux de l’association La Cale 2 l’île, association “partenaire” que nous remercions vivement ».

Une histoire ancrée du nautisme à Nantes 

Mais, au-delà de ce partenariat ponctuel, « Vétille n’est pas accueilli à Nantes comme il le mérite, regrette Franck Barrau. Pourtant, bien plus qu’un simple bateau, c’est l’un des grands témoins de l’histoire de la plaisance française et nantaise, un élément vivant du patrimoine de cette ville. » Ce vieux dériveur toujours fringant raconte non seulement l’intérêt croissant des Nantais pour les sports nautiques à partir du milieu du 19e siècle, mais « il nous rappelle aussi ce que fut la construction navale de plaisance sur les bords de l’Erdre et de la Loire : une histoire humaine et technique qui est une part importante de notre culture commune et qui s’écrit aujourd’hui encore ». En 1893, Vétille était à la pointe de l’innovation. « Le pôle nautique qui va voir le jour dans le Bas-Chantenay est aussi tourné vers l’innovation, mais ce n’est pas une génération spontanée, mais bien le résultat d’une grande tradition du nautisme à Nantes et ce serait bien de s’en souvenir ! ». Une bonne occasion pour cela : Vétille fêtera ses 130 ans en 2023. Il est l’un des deux plus anciens bateaux navigants français. « Pour rappeler au grand public cette partie de l’histoire fluviale et maritime de Nantes, il serait intéressant de réunir et d’exposer ce patrimoine historique nautique de la région nantaise, aux côtés de Vézon (autre monument historique construit à Nantes en 1887) ou du fameux Muscadet, dont 600 exemplaires ont été fabriqués par les chantiers Aubin à Trentemoult ».

En savoir plus sur l’histoire de Vétille.