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Actualités Publié le 28 juin 2021

Comment la station d'épuration Petite-Californie produit du biogaz

A Rezé, la station d'épuration ne se contente pas de nettoyer nos eaux usées. Grâce à la méthanisation, elle produit depuis ce mois de juin 2021, de l'énergie, sous forme de gaz.

Grâce à la méthanisation, la station d'épuration Petite-Californie pourra produire 10,7 Gw/h de biogaz par an. © Patrick Garçon
Grâce à la méthanisation, la station d'épuration Petite-Californie pourra produire 10,7 Gw/h de biogaz par an. © Patrick Garçon

Nos eaux usées ont de la ressource. Depuis le mois de juin 2021, la station d'épuration de la Petite-Californie (exploitée par Epureo, groupe Suez) utilise les boues produites par le traitement des eaux pour générer du biométhane. Une énergie renouvelable qui multiplie par 10 la production de la station, jusqu'ici équipée d'un système de cogénération, pour atteindre 10,7 Gw/h par an, soit l'équivalent de la consommation annuelle de 2140 logements neufs, et un retour sur investissement de 1M€ annuel pour la Métropole. Ce biogaz sera utilisée à 50% pour les besoins énergétiques de la Métropole et alimentera notamment 350 véhicules légers, et plusieurs équipements publics comme le Stadium métropolitain Pierre Quinon, le Musée Jules Verne ou le Chronographie. 

Mais concrètement, comment nos eaux usées peuvent-elle se transformer en énergie ? Pour bien le comprendre, il faut remonter un peu plus haut dans la chaîne de l'assainissement. Lorsque nous vidons nos éviers ou que nous tirons la chasse d'eau, nos eaux sales sont acheminées via un réseau de canalisations de 2300 km jusqu'aux 25 stations d'épuration, parmi lesquelles la Petite-Californie est la deuxième plus importante. Elle traite les eaux usées de Bouguenais, des Sorinières, Rezé, Saint-Aignan de Grandlieu, Saint-Sébastien sur Loire, Vertou, et Nantes Sud. 

Les bactéries entrent en scène

L'eau est ensuite débarrassée de ses gros déchets par dégrillage. Puis elle est déshuilée et désablée avant que les bactéries n'entrent en scène. Leur rôle : débarrasser l'eau des sucres, des graisses et protéines. L'eau se clarifie alors dans des bassins de décantation, avant d'être reversée, une fois propre, dans le milieu naturel. Le travail des bactérie produit toutefois des déchets, que l'on appelle des boues. On en récolte 13 000 tonnes par an dans la Métropole qui sont compostées ou servent à fertiliser des terres agricoles. Mais on peut également les traiter par méthanisation.

Pour ce faire, les boues sont introduites dans le méthaniseur installé en juin à la station d'épuration (coût de l'investissement, 2,8M€) où les bactéries transforment la matière organique en biogaz. Ce dernier est ensuite épuré, odorisé, avant d'être contrôlé par GRDF. C'est à ce moment qu'on peut le qualifier de biométhane. Il peut alors être réinjecté dans le réseau de distribution du gaz naturel. De quoi contribuer à l'objectif métropolitain d'atteindre 50% d'énergies renouvelables en 2050.

 

Avec cette production vertueuse et locale de biométhane 100% renouvelable, Nantes Métropole fait la preuve que la transition énergétique irrigue toutes les politiques publiques, ici, celle de l'eau et de l'assainissement, des déchets, des mobilités...

Johanna Rolland, présidente de Nantes Métropole