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Actualités Publié le 20 avril 2022

« La crise sanitaire a fait basculer de façon brutale des personnes âgées dans l’isolement »

Agir contre l’isolement et favoriser l’entraide : quelles idées pour demain ? C'est le thème de l'atelier qui se tiendra lundi 25 avril à l'espace Beaulieu d'Adelis. Luce Rolland, adjointe de direction des Petits Frères des Pauvres à Nantes, explique les conséquences concrètes de l'isolement.

Luce Rolland est adjointe de direction aux  Petits Frères des Pauvres à Nantes. © Patrick Garçon
Luce Rolland est adjointe de direction aux Petits Frères des Pauvres à Nantes. © Patrick Garçon

Comment définir l’isolement social ? 

« On peut le distinguer de la solitude, qui est choisie, alors que l’isolement est subi. Il est facteur de souffrances et de danger. Au sein des Petits Frères des pauvres, nous parlons de “mort sociale” pour désigner les personnes qui n’ont pas ou très peu d'interaction dans les sphères familiales, amicales, professionnelles, sportives ou encore via le bénévolat. Cela touche beaucoup les personnes âgées. Aujourd’hui, selon notre baromètre, on compte 530 000 personnes de plus de 50 ans en situation de mort sociale, contre 300 000 avant la crise sanitaire.»

Pourquoi ce phénomène touche-t-il davantage les aînés ? 

« Les personnes âgées ont des réseaux amoindris pour plusieurs raisons : le départ à la retraite, parfois aussi le veuvage, le vieillissement des proches et les difficultés à se déplacer mais aussi parce que les familles sont de plus en plus éclatées géographiquement.»

Quels sont les impacts de cette mort sociale pour les personnes concernées ? 

« L’isolement entraîne une perte d’identité et d’appréciation de soi, une perte aussi du sentiment d’appartenance à la société voire même une perte d’espoir. Il peut entraîner la désespérance et la dépression, et l’impact de l’isolement sur certaines maladies neurodégénératives est aussi étudié. L'isolement peut aussi accélérer le non recours à certains soins et la perte d’autonomie, avec des situations très concrètes. Si personne ne leur conseille de mettre un siège dans leur douche ou d’adapter leur baignoire, certaines personnes isolées peuvent renoncer peu à peu à se laver. »

Quelle est la situation dans la métropole ?

« La métropole est concernée au même titre que les autres territoires.  Nous accompagnons plus de 500 personnes sur le territoire de la métropole. Nous observons des situations d’isolement dans toute la métropole, aussi bien dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville que dans les autres. On croit souvent que l’isolement est plus fort en milieu rural et péri-urbain qu’en ville, mais ce n’est pas le cas. »

Pourquoi la crise sanitaire a-t-elle autant aggravé l’isolement des aînés ?

« La crise sanitaire a fait basculer de façon brutale des personnes âgées dans l’isolement. Cela a un fort impact au niveau psychique et mental. Une fois qu’on est tombé dedans, c’est difficile de retisser les liens sociaux. Mais il est difficile de dire que la crise sanitaire est la seule cause, nous sommes par exemple dans une période de forte transition démographique qui a un impact également. »

Une journée pour prévenir l'isolement des seniors

Le 25 avril, une journée dédiée à la prévention de l'isolement des séniors est organisée à l'Espace Beaulieu de l'association Adelis. Ouverte aux professionnels, aux bénévoles associatifs et au grand public, elle sera constituée de conférences et tables rondes dans la matinée puis d'ateliers participatifs dans l'après-midi autour de la question : « Agir contre l’isolement et favoriser l’entraide : quelles idées pour demain ? »

9h-13h puis 14h-17h à ADELIS, Espace Beaulieu, 9 boulevard Vincent Gâche à Nantes
Plus d'informations, au 02.40.99.28.44