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Actualités Publié le 20 mai 2022

Avec Séquoia, les écoliers nantais découvrent le potager

Avec le projet E3D, le pôle Séquoia accompagne cinq écoles nantaises pendant trois ans dans des projets pédagogiques en lien avec le développement durable. Exemple avec les CE1 de l'école du Plessis-Cellier, lors d'une matinée de sensibilisation autour du potager paysage nourricier de la Méta.

Les CE1 de Mme Sacre écoutent attentivement Magali Rouillard, animatrice de la Direction nature et jardins de Nantes Métropole © Jean-Félix Fayolle pour Nantes Métropole
Les CE1 de Mme Sacre écoutent attentivement Magali Rouillard, animatrice de la Direction nature et jardins de Nantes Métropole © Jean-Félix Fayolle pour Nantes Métropole

9h20 rue des Alouettes, à Nantes, quelques gouttes de pluie s'abattent sur les onze élèves de la classe de Mme Sacre, devant l'école du Plessis-Cellier. Ce jeudi matin, les enfants ont un atelier découverte du potager, à la Méta, quelques dizaines de mètres plus loin. Le petit cortège s'ébranle, cornaqué par l'institutrice, avec l'aide de la maman de Suzanne et du papa de Sacha. Ce dernier, casquette vissée sur la tête, est particulièrement enthousiaste : « On va au parc ! On va au parc ! » Amélie Sacre remet un peu d'ordre : « On se calme, on est en train de réveiller tout le quartier ! »

À l'entrée du site, au sein du centre de loisir de la Méta, Magali Rouillard, animatrice Paysages nourriciers à la Direction nature et jardins de Nantes Métropole, se présente et pose les règles : « Il y a beaucoup de plantes très fragiles, vous les toucherez seulement si je vous le dis, OK ? » Les élèves opinent alors que Wissem confie qu'il « adore les plantes ». Ça tombe plutôt bien.

Concombres, courgettes, poivrons...

L'atelier commence par quelques questions de l'animatrice. Qu'est-ce qu'un potager, quelle partie des légumes mange-t-on, à quoi sert le paillage ? Les réponses fusent. Les tomates sont des fruits, évidemment, « parce qu'ils ont des graines », comme les concombres, les courgettes, les poivrons... « Dès la maternelle, les élèves ont des animations en lien avec la nature, explique Magali Rouillard, pas surprise par le niveau de connaissances des enfants. C'est un sujet à la mode, ils en entendent parler à l'école, à la maison, dans des animations. Arrivés en CE1, même si ce sont des enfants de la ville, qui vivent parfois dans des tours, ils connaissent bien le sujet. »

L'animatrice, qui assure 5 demi-journées d'animations par semaine, fait goûter aux enfants des feuilles de fenouil, de menthe, de basilic - « C'est ce qu'on met dans les pâtes », partage Yasser, pendant qu'Anis explique, lui, comment sa mère utilise des feuilles de menthe dans son thé. Magali Rouillard en profite pour sensibiliser les enfants au rôle des insectes, et notamment des coccinelles pour protéger les cultures des pucerons. « On pourrait utiliser des produits chimiques, mais ce n'est pas bon pour les humains et les plantes, et surtout, ça risquerait de tuer beaucoup d'autres insectes, observe-t-elle. On préfère les coccinelles et surtout leurs larves, qui mangent 300 fois plus que les adultes. C'est comme si je mangeais un sandwich et que chacun d'entre vous en mangeait 300. » Les enfants sont impressionnés. 

Une matinée au potager

Les enfants n'ont que quelques hectomètres à parcourir, via le parc de la Méta, pour atteidre le potager © Jean-Félix Fayolle pour Nantes Métropole
Les enfants n'ont que quelques hectomètres à parcourir, via le parc de la Méta, pour atteidre le potager © Jean-Félix Fayolle pour Nantes Métropole
Magali Rouillard, animatrice Paysages nourriciers, capte l'attention des enfants © Jean-Félix Fayolle pour Nantes Métropole
Magali Rouillard, animatrice Paysages nourriciers, capte l'attention des enfants © Jean-Félix Fayolle pour Nantes Métropole
Wissem a immédiatement reconnu la larve de coccinelle © Jean-Félix Fayolle pour Nantes Métropole
Wissem a immédiatement reconnu la larve de coccinelle © Jean-Félix Fayolle pour Nantes Métropole
Elina et Yasser cherchent des animaux dans le compost à l'aide d'une cuillère en bois © Jean-Félix Fayolle pour Nantes Métropole
Elina et Yasser cherchent des animaux dans le compost à l'aide d'une cuillère en bois © Jean-Félix Fayolle pour Nantes Métropole
Un cahier de détermination permet aux enfants d'identifier les animaux © Jean-Félix Fayolle pour Nantes Métropole
Un cahier de détermination permet aux enfants d'identifier les animaux © Jean-Félix Fayolle pour Nantes Métropole
Après l'avoir eux-mêmes rempoté, chaque enfant pourra ramener chez lui un plant de tomates cerises © Jean-Félix Fayolle pour Nantes Métropole
Après l'avoir eux-mêmes rempoté, chaque enfant pourra ramener chez lui un plant de tomates cerises © Jean-Félix Fayolle pour Nantes Métropole
La séance se termine par une dégustation de fleurs de capucines © Jean-Félix Fayolle pour Nantes Métropole
La séance se termine par une dégustation de fleurs de capucines © Jean-Félix Fayolle pour Nantes Métropole

Après une demi-heure dans le potager, l'atelier suivant sera consacré au compost. Rassemblés autour d'une table, les enfants doivent gratter le contenu d'un seau à compost et récupérer un animal. Ils devront ensuite l'observer dans une boîte loupe pour l'identifier grâce à un cahier de détermination. « Par contre on y va délicatement, les enfants, avertit Amélie Sacre. On essaie de ne pas les blesser.» « J'ai trouvé, ça c'est un gloméris », s'exclame Elina. « Et tu as vu que quand il a peur, il se roule en boule », répond Magali. Puis l'animatrice dégaine des plants de tomates et propose aux enfants de rempoter. Une poignée de terreau, on dépose le plant, on comble les trous avec du terreau. « Elle est magnifique », s'extasie Suzanne, alors que Nadia savoure le moment : « Je suis jardiniè-re ! Bon, je vais le donner à ma maman pour qu'elle s'en occupe, parce que j'aime pas les tomates. » Magali reprend la main : « Vous aurez des tomates cerises, vertes et jaunes. Il existe toutes les couleurs de tomates : des vertes, des jaunes, des rouges, des noires, des bleues...» « DES BLEUES ?», s'étonnent en choeur les enfants, sous le choc de la révélation. 

Dégustation de fleurs de capucines

Il est presque 11h, l'atelier se termine par une dégustation de fleurs de capucines, et une récolte de plantes aromatiques pour parfumer l'eau des gourdes des enfants. Suzanne fait sentir son mélange à sa maman. « Ça sent hyper bon, on dirait du parfum », assure-t-elle. Pendant que les adultes discutent, les enfants s'offrent un dernier plaisir : une séance de courses sur la pelouse avant de retourner à l'école. « On a déjà eu des ateliers sur le compostage et le tri des déchets, énumère l'enseignante. Ensuite les élèves ont fait un exposé et l'ont présenté dans toutes les classes de l'école. C'est un des avantages de ces animations, on peut les partager. En tout cas, on a un potager à l'école, ça donne envie de l'investir. » La formule a en effet un succès certain : « L'idée, c'est de viser des écoles proches d'un potager, pour que les classes puissent venir à pied. On veut que les enfants s'approprient le potager. C'est important de créer du lien sur les quartiers, note Magali Rouillard. J'avais 37 créneaux d'animation, j'ai eu 44 demandes. Les enseignants sont au taquet, on sent qu'ils sont investis.  »

Un accompagnement sur la durée

Le programme E3D (établissements en démarche développement durable) permet aux écoles nantaises de bénéficier d'un accompagnement de Séquoia sur des projets pédagogiques en lien avec la nature et le développement durable. « Pendant 3 ans, on les aide dans leurs démarches, on peut faciliter des visites mais aussi de petites actions au quotidien, des choses comme le compostage, énumère Maddy Audebeau, de Séquoia. Et ça ne se passe pas sur le seul temps scolaire, c'est une démarche globale sur tous les temps de l’enfants : temps scolaire, périscolaire, et même à la maison. 5 écoles sont concernées, et au bout de trois ans, le programme se termine mais les écoles continuent leur démarche. » Les écoles intéressées pourront candidater à partir de la mi-juin.