Comment les Nantais se déplacent-ils ? Ce que dit l'enquête 2025
Comment les Nantais se déplacent-ils ? Ce que révèle l'enquête mobilité 2025
Publié le 01 juill. 2026
Dernière mise à jour 01 juill. 2026
Dix ans après la précédente édition, la vaste enquête EMC² dresse un nouveau portrait des déplacements des habitants de Loire-Atlantique. Les grands enseignements ? Moins de voiture, plus de vélo et de marche, et des habitudes qui se transforment en profondeur.
1. On se déplace moins, et différemment
En dix ans, le nombre de déplacements quotidiens par personne a baissé sur l'ensemble du département : de 4 en 2015 à 3,5 en 2025. À Nantes Métropole, la tendance est encore plus marquée : de 4,1 à 3,4 déplacements par jour et par personne. Le nombre de personnes « immobiles » un jour donné a lui aussi augmenté, passant de 9 % à 10,1 %.
Cette évolution n'est pas propre à la Loire-Atlantique, mais s'observe dans tous les territoires ayant réalisé une enquête similaire récemment. « Ce n’est pas lié aux grands travaux ou à des difficultés de circulation, c’est un changement de mode de vie qui s’est accéléré,
observe Laurent Fouin, directeur de l'Agence d’urbanisme de l’agglomération nantaise (Auran). Il y a la crise économique, qui pèse sur le budget des ménages, mais aussi l'essor du digital : commerce en ligne, téléformation... »
Pour ce qui est du télétravail, 38 % des actifs y recourent désormais, contre 14 % en 2015.
2. La voiture recule, et pas seulement en centre-ville
À l'échelle de la Loire-Atlantique, la part de l'automobile dans les déplacements est passée de 67 % en 2015 à 60,5 % en 2025. Et à Nantes Métropole, la diminution est particulièrement nette : la voiture solo représentait 43 % des déplacements en 2015, contre 38 % en 2025. « La baisse est visible en moyenne mais aussi en volume : on a moins de personnes qui circulent en voiture, et moins de voitures sur les routes. Cela pose des jalons pour nos choix politiques futurs »,
souligne Simon Citeau, vice-président de Nantes Métropole délégué aux déplacements. À noter que le nombre moyen de voitures par ménage diminue lui aussi dans le même temps : sur la métropole nantaise, il passe de 1,21 à 1,10. Si l’on regarde les motifs de déplacement, « la voiture solo reste très utilisée pour aller travailler et les motifs personnels comme la santé, l’administratif, etc. »,
note Laurent Fouin.
Pour ce qui est du covoiturage, « il ne progresse pas à la hauteur des attentes »,
reconnaît Simon Citeau. Les déplacements effectués en voiture en tant que passager baissent de 14 à 12 % dans l’enquête 2025, sur le périmètre départemental. « Voies réservées,
lignes de covoiturage
… il faut étudier comment chercher de nouveaux leviers. »
3. Le vélo double sa part modale
C'est l'un des chiffres les plus frappants de l’enquête EMC2 : à l'échelle du département, la part des déplacements effectués en vélo a quasiment doublé en 10 ans, en passant de 2,5 % à 4,5 %. La distance moyenne parcourue à vélo a elle aussi progressé : de 2,8 à 3,4 km en moyenne par trajet, signe d'un usage qui s'installe dans la durée. Ce sont les 25-64 ans qui portent cette dynamique, avec 68 % des cyclistes dans cette tranche d'âge en 2025 contre 55 % en 2015.
À Nantes Métropole, la progression du vélo est encore plus notable (de 3 % à 7 % des déplacements, et désormais 9 % à l’intérieur du périphérique) et atteint 11 % pour les seuls déplacements domicile-travail. « Cette croissance forte est particulièrement visible dans les communes hors Nantes »,
poursuit l’élu, qui rappelle que « l'enquête a été réalisée avant les livraisons des
Grandes voies vélo
. Quand on voit que 7 déplacements sur 10 font moins de 10 km, ce qui est vraiment le périmètre vélo, cela démontre tout l’enjeu à accompagner ces évolutions. »
4. La marche, premier mode de déplacement à Nantes
La marche progresse elle aussi et atteint 24 % des déplacements à l'échelle départementale (contre 21 % en 2015). Sur le territoire de Nantes Métropole, elle s'établit à 29 %, et dans la seule ville de Nantes, près de 4 déplacements sur 10 se font désormais à pied – ce qui en fait le premier mode de déplacement. « Cela veut dire que végétaliser,
aménager l’espace public
, c’est du confort pour le piéton »,
commente Simon Citeau.
La marche et le vélo ont encore des marges de progression. Environ un quart des déplacements quotidiens font moins d'un kilomètre, distance qui se parcourt à pied en 14 minutes en moyenne. Pourtant, 30 % de ces très courtes distances sont encore effectuées en voiture...
5. Les transports en commun gagnent un point
Les transports collectifs (ferroviaire régional Aléop, réseaux Naolib à Nantes Métropole et Ycéo dans l’agglomération nazairienne) voient leur part modale progresser d'un point en 10 ans : de 9,5 % à 10,5 % à l'échelle de la Loire-Atlantique. Un chiffre « significatif »
pour Julien Bainvel, conseiller régional délégué aux mobilités, qui plaide pour « faire du transport collectif une vraie alternative à la voiture, y compris dans les territoires ruraux »
. Sur Nantes Métropole, les transports en commun représentent 15 % des déplacements, chiffre stable par rapport à 2015, mais avec un recours accru pour les déplacements domicile-travail.
Plus de 24 500 personnes interrogées
L'enquête mobilité EMC² a été conduite en Loire-Atlantique entre septembre 2024 et mars 2025 auprès de 15 860 foyers et 24 543 habitants de plus de 5 ans dans les 207 communes du département, en face-à-face et par téléphone. Sa méthodologie nationale, définie par le Cerema, permet les comparaisons avec d'autres territoires et avec la précédente enquête de 2015. L'enquête est financée par Nantes Métropole (2,013 M€ TTC), Saint-Nazaire Agglo (247 633 €), l’Auran (1,060 M€), l’État (366 111 €) et la Région Pays de la Loire (230 000 €).