L'essentiel du conseil métropolitain des 25 et 26 juin
Le vrai du faux : quel confort thermique dans le nouvel hôpital de Nantes ?
Publié le 26 juin. 2026
Dernière mise à jour 30 juin. 2026
La canicule de ces derniers jours relance les interrogations sur la capacité du futur hôpital à résister aux vagues de chaleur, plus régulières dans le futur en raison du réchauffement climatique. Pour démêler le vrai du faux, les explications du CHU partagées en conférence de presse vendredi 26 juin.
Le nouvel hôpital ne sera pas climatisé
FAUX. Techniquement parlant, 110 000 m2 sur les 230 000 m2 bénéficieront d'un système de climatisation classique, avec température contrôlée pouvant aller de 19 à 23 degrés selon les saisons. C'est une obligation réglementaire pour les blocs opératoires, les laboratoires d'analyse et de préparation pharmaceutique, les chambres de réanimation et de soins intensifs ainsi que les locaux d'imagerie. La direction du CHU a par ailleurs fait le choix de climatiser en plus les bureaux de consultation, les salles d’attente et les urgences.
Sans climatisation, il fera chaud dans les chambres d'hospitalisation
FAUX. Si seule la moitié du nouvel hôpital sera climatisée, 100 % des espaces accueillant des patients seront rafraîchis. Seuls les couloirs logistiques, escaliers ou parkings ne disposeront d'aucun système de régulation de la température en été, soit 14% des surfaces. Ce n'est pas utile vu leurs usages. Ainsi, 36% du nouvel hôpital, principalement les chambres d’hospitalisation, bénéficiera d'un système de rafraîchissement d'air. Il fonctionnera de la manière suivante : une thermo-pompe refroidit l'air entrant à 23 degrés (comme un frigo), qui est ensuite insufflé dans tout le réseau de renouvellement d'air. Une solution simple à l'impact environnemental moindre et qui crée un ressenti proche de la climatisation, la différence étant imperceptible pour l'usager courant.
Le nouvel hôpital limite naturellement la surchauffe intérieure
VRAI. La conception bioclimatique du nouvel hôpital permet déjà de limiter naturellement les températures intérieures en cas de canicule. Parmi les solutions techniques mises en œuvre : une isolation par l'extérieur, des façades double peau (appelées shadow box), des triples vitrages avec store intégré et châssis respirant, la végétalisation d'une partie des toitures et des espaces extérieurs peu bitumés. Et ça semble déjà bien fonctionner : les relevés menés le 24 juin 2026 dans trois chambres situées en façade sud du futur hôpital ont affiché une température de 26 degrés alors qu'il en faisait 40 dehors et que le système de rafraîchissement ne fonctionnait pas encore. Également conçue de manière bioclimatique, la cité sanitaire de Saint-Nazaire confirme ces éléments à l'usage : alors qu'il faisait 39 degrés en extérieur le 25 juin, les chambres maintenaient une température de confort de 26° en situation occupée.
Un hôpital intégralement climatisé aurait été préférable
FAUX. En évacuant la chaleur intérieure vers l'extérieur, la climatisation accroît la température extérieure aux abords d'un bâtiment. Elle contribue donc à renforcer les îlots de chaleur dans la ville, là où il faudrait, à l'inverse, ménager des îlots de fraîcheur en cas de canicule. Elle n'est donc pas une réponse adaptée au réchauffement climatique. Si elle ne peut être évitée dans certains cas, mieux vaut donc y recourir avec parcimonie. C'est le choix qui a été fait pour le nouvel hôpital de Nantes en maintenant à la fois une exigence de confort thermique pour les patients et le personnel et une éco-responsabilité qui n’accroisse pas encore plus le réchauffement climatique.
Si demain les températures sont au-dessus des prévisions, on ne pourra plus rien faire
FAUX. Même si les zones climatisées et rafraîchies sont désormais actées et ne peuvent pas être modifiées, les solutions de refroidissement restent évolutives. En cas de besoin, il sera possible de rafraîchir encore plus l'air ou de monter le niveau de climatisation pour maintenir une température de confort.