Parents : comment faire face aux défis du quotidien ?

Publié le 02 sept. 2026

Dernière mise à jour 02 sept. 2026

L’expérience de la parentalité est un moment charnière dans une vie, notamment lorsqu’on élève de jeunes enfants (0-10 ans). À la joie de les voir grandir se superpose parfois une fatigue intense, un manque de temps pour soi, de l’isolement ou des difficultés dans leur éducation.

  • Selon un sondage réalisé en 2025 par l’association des Apprentis d’Auteuil, plus d’un parent sur deux (55 %) trouve ainsi qu’il est difficile d’élever un enfant © Capucine Girard

C’est un petit havre de paix installé au pied des tours de Nantes Nord. Au Square, lieu d’accueil parents-enfants (LAEP) créé il y a 30 ans, les enfants jouent et les parents papotent. Maman du quartier et habituée des lieux, Anne-Sophie observe son fils Arthur, 13 mois, s’égayer avec sa sœur de la piscine à balles. « Pourquoi je viens ici ? Pour me reposer, passer un moment sympa avec mes enfants et discuter avec d’autres parents. Ça paraît pas grand-chose et pourtant, c’est précieux ! ». Comme Anne-Sophie, plusieurs milliers de parents nantais ont recours, régulièrement ou épisodiquement, aux LAEP, des lieux de parole et d’échange au rôle indispensable

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Ces dernières années, la famille a connu un profond bouleversement. Sa composition s’est diversifiée (parents solos, familles homoparentales…), son fonctionnement s’est démocratisé et les attentes éducatives pesant sur les parents se sont accrues.

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Gérard Neyrand, sociologue et spécialiste de la famille

Des familles de plus en plus monoparentales

Si la parentalité est source d’épanouissement, elle est aussi un immense défi, qui métamorphose celles et ceux qui en font l’expérience. Selon un sondage réalisé en 2025 par l’association des Apprentis d’Auteuil*, plus d’un parent sur deux (55 %) trouve ainsi qu’il est difficile d’élever un enfant. Il faut pourtant « tout un village pour élever un enfant », dit l’adage africain bien connu qui n’a pourtant jamais semblé autant en décalage avec la réalité du XXIe siècle. « L’augmentation de la mobilité géographique professionnelle, l’allongement de la durée des études et le développement des transports font qu’on devient le plus souvent parents loin de ses propres parents », souligne le sociologue Gérard Neyrand, professeur émérite de sociologie à l’université de Toulouse. 

Un isolement qui peut être aggravé par certaines fragilités, comme la précarité économique ou la monoparentalité. Selon les derniers chiffes de l’Insee, Nantes compte quelque 13 626 familles monoparentales, des femmes dans 8 cas sur 10. Soit 33 % des familles nantaises, contre 21 % en 1990. Dans le sondage des Apprentis d’Auteuil, les familles monoparentales soulignent davantage que les couples, l’importance de ces relais extérieurs. C’est pour répondre spécifiquement aux besoins des parents solos que la Ville de Nantes étudie la création d’une plateforme d’accompagnement dédiée aux parents solos. 

Des lieux où être vrais

  • Des personnes discutent.
    Les LAEP sont des lieux importants pour prévenir le surmenage parental. © Tim Fox

« On est dans une société où être parents est forcément synonyme de bonheur, où il faut être parfaits, analyse Myriam Gauthier, coordinatrice des LAEP municipaux. Cette injonction conduit souvent à l’épuisement. Il me semble qu’aujourd’hui, les parents ont besoin de lieux où l’on peut être "vrais" et où l’on peut partager ses difficultés sans fard ». L’affaiblissement des liens de solidarité informels (famille, amis, voisins…) est susceptible d’aggraver ce surmenage. « Le taux de burn-out parental, particulièrement des mères, est passé de 1 à 10 % en vingt ans, note Gérard Neyrand. C’est une situation qu’il faut prendre au sérieux. » 

Un constat sur lequel appuie Émilie Casin-Larretche, responsable du Pôle parentalité aux Apprentis d’Auteuil. « Comment donner le meilleur à son enfant quand on est épuisé et qu’on finit par penser qu’on est un mauvais parent ? Il est urgent d’épauler les mères et les pères pour qu’ils puissent aider leurs enfants à s’épanouir ». Au-delà des lieux de répit qu'elle propose, la Ville de Nantes soutient une trentaine d’acteurs associatifs qui œuvrent dans le soutien aux parents, qu'il s'agisse de cafés, de lignes d'écoute ou d'ateliers de partage d’expériences (lire p.22). En 2025, 228 000 euros y ont été consacrés. La Ville anime également des réseaux locaux de parentalité réunissant de 20 à 80 acteurs dans les quartiers populaires.

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Nous avons tous le désir d’offrir à nos enfants des conditions de vie dignes mais parfois, les choses sont difficiles. C’est particulièrement vrai pour les familles monoparentales - essentiellement des femmes – qui peuvent être fragiles. Nous sommes en train d’imaginer un dispositif qui permettrait de les accompagner spécifiquement. 

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Radia Essassi, adjointe à la Ville de Nantes en charge de la parentalité, de la petite enfance, de la ville antiraciste et de la lutte contre les discriminations

© Patrick Garçon

Le temps et l'argent

Enfin, au-delà de ces questions, demeurent les questions centrales de budget et de gestion du temps, notamment dans la conciliation entre les différentes sphères de vie (familiale, professionnelle, amicale…). Selon la Drees*, les parents d’aujourd’hui passent plus de temps avec leurs enfant qu’il y a 50 ans, malgré la participation accrue des femmes (et notamment des jeunes mamans) au marché du travail. Cette présence importante reste toutefois inégalitaire. Même si les pères sont plus présents qu’avant auprès de leurs enfants, les tâches liées aux modes d’accueil ou à la gestion des imprévus continuent de reposer majoritairement sur la mère dans un couple sur deux, souligne la Drees.

Enfin, dans un pays confronté à une augmentation importante des inégalités depuis la fin des années 90, le budget pour élever un enfant pèse lourdement sur les familles et le désir d’enfant. « Avoir des enfants, ça coûte dans la carrière, surtout pour les femmes », soulignait ainsi le démographe François Clanché dans une audition au Sénat en janvier 2026. D’où l’importance de politiques publiques « qui donnent les moyens d’avoir des enfants quand on le souhaite. » 

Familles : les chiffres clés à Nantes

  • 41 014 familles avec enfants à Nantes selon les derniers chiffres consolidés (2023) de l’INSEE. Cela représente une progression de 8,8 % depuis 2012.
  • 33,5 % de familles monoparentales à Nantes, constituées à 82 % par des mamans solos. Un chiffre comparable aux autres grandes métropoles françaises mais supérieur à la moyenne nationale (25%).
  • 64 % des parents aimeraient avoir plus de temps pour eux pour se ressourcer selon un sondage des Apprentis d’Auteuil (2025).

[Dossier] Parents : des solutions face aux défis du quotidien

L’expérience de la parentalité est un moment charnière dans une vie, notamment lorsqu’on élève de jeunes enfants (0-10 ans). À la joie de les voir grandir se superpose parfois une fatigue intense, un manque de temps pour soi, de l’isolement ou des difficultés dans leur éducation. 

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