Top départ des travaux d’un bâtiment historique du centre-ville

Publié le 13 avr. 2026

Dernière mise à jour 13 avr. 2026

Situé à l’angle des rues de Strasbourg et du Général-Leclerc-de-Hauteclocque, l’ancien Crédit municipal de Nantes va être réhabilité en logements sociaux. Les travaux, lancés le 13 avril, prévoient autant de restaurer le patrimoine que de moderniser l’ensemble.

  • Vue extérieur du patio avec un local vélo, des espaces végétalisés et une cours pavée.
    Vue extérieure du patio de la future résidence de logements de Nantes Métropole Habitat. © Eiffage – Jba – POST – Solab – OCE – Ginger – R-Use – C. Liaigre

Le bâtiment du 19e siècle de l’ancien Crédit municipal de Nantes, situé à deux pas de l’Hôtel de ville et de la cathédrale, entame une nouvelle vie. 32 logements sociaux –  six T5, six T4, dix T3, sept T2 et trois T1 – ainsi qu’un cabinet médical au rez-de-chaussée, remplaceront les bureaux vacants. Ce projet, qui s’inscrit dans le plan logement lancé par Nantes Métropole en 2022 répondra ainsi aux besoins d’une diversité de profils, en particulier des familles. Avant leur emménagement au premier semestre 2028, les travaux ont démarré ce lundi 13 avril 2026.

Gagner en lisibilité

Témoin de l’histoire sociale nantaise, l’édifice a déjà connu plusieurs vies. Construit en 1894 à l’angle des rues de Strasbourg et du Général-Leclerc-de-Hauteclocque, il a été agrandi en 1930 avec une nouvelle aile rue Saint-Vincent et un cœur d’îlot. D’autres aménagements sont venus s’ajouter dans les années 1970-1980. « On a perdu en lisibilité, selon Romain Scoazec, chef de projet à la direction Aménagement et Urbanisme de Nantes. À l’intérieur c’est un véritable dédale, où il est difficile de se repérer. C’est d’ailleurs l’un des enjeux de ce projet : retrouver des niveaux de plancher cohérents pour recréer de la lisibilité et de l’habitabilité. » 

Restaurer le patrimoine

Mais le principal enjeu réside dans l’équilibre entre sauvegarde patrimoniale et réhabilitation d’ampleur. Le bâtiment étant protégé au titre du secteur sauvegardé, le projet conçu par l’architecte Jacques Boucheton fait l’objet d’un suivi étroit de l’architecte des Bâtiments de France. Les éléments remarquables extérieur (façades, menuiseries, toiture) comme à l’intérieur (parquets, charpente, escalier hélicoïdale, murs en pierre) seront mis en valeur. Le cœur de l’îlot sera, quant à lui, en partie déconstruit et reconfiguré pour créer un patio central végétalisé. 

« La conciliation entre la préservation des éléments remarquables et l'objectif d'un diagnostic de performance énergétique (DPE) de niveau B a guidé nos choix techniques », explique le bailleur Nantes Métropole Habitat, en charge de la réhabilitation. Les travaux prévoient notamment le raccordement au réseau de chaleur urbain, mais aussi la pose d’un isolant biosourcé local - crucial pour la gestion de l’humidité des murs en pierre –, l’installation de menuiseries bois haute performance, l'isolation des rampants, ainsi qu'une ventilation performante.

Curage et désamiantage

Le chantier débute par une phase de curage et désamiantage, comprenant la dépose de l’ensemble des revêtements des sols, des cloisons, des faux plafonds, des éléments techniques et des réseaux électriques. Cette étape, réalisée par une entreprise certifiée et particulièrement encadrée, implique par exemple la mise en place de zones de confinement hermétiques ou des mesures d'empoussièrement de l'air. « Nous avons comme priorités absolues la sécurité des personnes, la protection de l'environnement et la minimisation des nuisances pour les riverains », assure Nantes Métropole Habitat.

Des impacts limités

Conscient des contraintes liées à un chantier en centre-ville, le bailleur et le promoteur constructeur Eiffage prévoient plusieurs dispositifs pour en réduire l’impact : l'utilisation de mini-engins mécaniques télécommandés, moins bruyants que les machines de démolition traditionnelles, ou encore le recours à des brumisateurs d'eau pour limiter la propagation de poussière.

Pendant la durée des travaux, seule la rue Saint-Vincent est mise à sens unique. Les places de stationnement y sont temporairement supprimées afin de « faciliter l’évacuation des gravats », note Roman Scoazec. Bien que déplacée, l’aire de livraison est maintenue, tout comme l’accès riverains.