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Un abattoir pour soutenir les éleveurs locaux en circuits courts
Publié le 06 juin. 2026
Dernière mise à jour 06 févr. 2026
Ce projet défendu par 150 éleveurs ouvrira en 2027 à Machecoul. Nantes Métropole le soutient avec 12 autres intercommunalités pour assurer la pérennité de l’élevage local, garantir un approvisionnement en circuits courts, notamment des cantines, et répondre aux enjeux de bien-être animal.
« Je vis mal de faire monter mes bêtes dans un camion pour qu’elles attendent 24h dans un cadre qu’elles ne connaissent pas avec des gens qu’elles ne connaissent pas, avant d’être abattues
». Éleveur de vaches à Sainte-Pazanne, Thomas Perrochaud fait partie des 150 éleveurs du Sud-Loire et du Nord Vendée engagés dans le projet SALVAE. Leur objectif : trouver une solution d’abattage de proximité à leurs animaux - bovins, porcs et petits ruminants (ovins et caprins) -, ou pour l’abattage d’urgence des bêtes accidentées, dont la viande n’est à ce jour pas valorisée.
147 fermes adhèrent au projet
Défendu depuis 2018 par une association (AALVIE) regroupant les éleveurs intéressés, le projet touche au but. L’abattoir ouvrira en 2027 au cœur du Pays de Retz. Il offrira trois modalités d’abattage :
- dans une unité fixe de 4000 m² implantée à la Seiglerie à Machecoul ;
- directement à la ferme, dans un rayon d’une heure ;
- ou en urgence pour abattre un animal accidenté qui ne peut être déplacé.
À ce jour, 147 fermes adhèrent au projet, qui pourra produire 600 tonnes de carcasses par an. La solution est très attendue par les éleveurs locaux. Depuis la fermeture de l’abattoir de Challans en 2019, les plus proches se situent dans les Mauges ou à Châteaubriant. Les éleveurs doivent faire davantage de kilomètres et leurs volumes modestes ne sont pas pris en charge par les abattoirs industriels, inadaptés à la filière de vente locale.
Un projet d’intérêt métropolitain
Cet abattoir de proximité, reconnu d’intérêt métropolitain, est soutenu par 13 intercommunalités, dont Nantes Métropole. La collectivité va signer une convention avec la Région, compétente en matière d’aides économiques, pour lui attribuer une subvention d’investissement. Le nouvel outil servira les enjeux agricoles et alimentaires du territoire. Il permettra d’assurer la pérennité de la filière d’élevage locale, tout en contribuant au maintien d’une agriculture durable, au développement des circuits courts et à l’amélioration du bien être animal. Les 147 fermes associées présentent un modèle vertueux : prairies permanentes, haies, distances réduites, etc. Le projet répond également aux attentes des collectivités, en quête d’approvisionnements locaux pour la restauration collective, et à l’évolution des attentes sociétales en matière de bien-être animal.
Des territoires gagnants-gagnants
La création de cet abattoir « maison » illustre la coopération entre les territoires pour dépasser leurs frontières administratives. Depuis 2019, le Pays de Retz, ses intercommunalités et Nantes Métropole sont liés par un « contrat de réciprocité » destiné à trouver des solutions en matière d’alimentation, de tourisme, de développement économique ou encore de mobilités. L’outil bénéficiera aux éleveurs de Nantes Métropole, dont la production est principalement vendue en direct et en circuits courts. Neuf d’entre eux ont déjà pris des parts sociales dans le projet. Alors que la métropole nantaise, avec ses 677 879 habitantes et habitants, représente un bassin de consommation conséquent, il répondra également aux aspirations des consommateurs de « manger moins de viande, mais de meilleur qualité ».