2022-02-21T11:18:28Z https://metropole.nantes.fr/files/images/egalite-discriminations/egalite/Babyfoot_Bourdonnieres_675_380.jpg

Article d'info Publié le 21 février 2022

Lutte contre le sexisme : aux Bourdonnières, les élèves réinventent les baby-foots

Au foyer du lycée des Bourdonnières, des baby-foots mixtes symbolisent l’engagement des lycéennes, des lycéens et de l’équipe éducative attachés à l’égalité.

Partie de baby-foot au lycée des Bourdonnières
Partie de baby-foot au lycée des Bourdonnières

Dans une petite salle du foyer des élèves du lycée des Bourdonnières, deux baby-foots sont prêts à accueillir une partie à la pause de déjeuner ou entre deux cours. Mais sur les tringles, les habituels petits personnages masculins ont fait place à des équipes mixtes. L’idée est née deux ans auparavant. Après avoir entendu des propos discriminants, des lycéennes et lycéens proposent de changer les figurines des baby-foots, symboles du sexisme dans le sport. La Maison des lycéens fait aboutir le projet quelques confinements plus tard et le temps de trouver une entreprise en capacité de répondre (elles sont encore rares).

« On a choisi des maillots jaunes pour rappeler le FC Nantes et violets pour évoquer le HBC… même si au final, la couleur tire plutôt sur le rose, s’amuse Andréas Rocaboy, animateur à la Maison des lycéens en présentant les nouvelles figurines. On a été aussi attentifs à la représentation de la diversité. » Une fresque décore la salle de baby-foot et son accès. Réalisée par les lycéennes et lycéens avec l’artiste Ratz One, elle évoque l’engagement collectif pour l’égalité filles-garçons. Et les petits hommes bleus et rouges sont toujours là… recyclés en patères.

Un lycée engagé depuis longtemps

Marguerite, Suzie et Aaliyah ne jouent pas trop au baby-foot mais elles apprécient l’initiative : « C’est une bonne idée parce que ces baby-foots, on les voit tout le temps. Le foot est encore trop souvent considéré comme masculin. » La salle de baby-foot est la plus utilisée du foyer des élèves et les filles sont nombreuses à y jouer.

Pour le proviseur adjoint, Monsieur Thiebaut, cette initiative de la Maison des lycéens n’émerge pas par hasard : « Le lycée s’engage depuis longtemps sur les enjeux d’égalité filles-garçons.» Avec le projet Genre, ça m’est égal, les professeurs accompagnent les lycéennes et lycéens dans des actions de lutte contre le sexisme. Il cite aussi comme exemple le travail important mené sur la transidentité : « On a instauré le dialogue avec les jeunes concernés pour réfléchir ensemble : qu’est-on peut faire pour que tu te sentes bien au lycée ? »

Des idées plein les têtes

« L’inégalité, de base, ça me saoule », résume pour sa part Marguerite. Investie au Conseil de vie lycéenne et à la Maison des lycéens, elle prépare déjà avec ses amies le 17 mai prochain, journée de lutte contre l’homophobie : « On va repeindre les marches d’un escalier du lycée aux couleurs LGBT ». Suzie et Aaliyah complètent : « Nous allons monter une expo de photos pour casser les stéréotypes. On voudrait aussi faire des bracelets arc-en-ciel et y inscrire des messages d’égalité et de tolérance ».

L’égalité, le lycée des Bourdonnières la pratique aussi avec des équipements intégrés à l’établissement pour l’accueil d’élèves en situation de handicap. Pour Andréas Rocaboy, « la féminisation des baby-foots est une étape, la prochaine sera de penser leur accès aux élèves en situation de handicap. »