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Publié le 14 septembre 2021

Les Castors de l’Erdre : 70 ans d’aventure humaine

Sortie de terre après la guerre, quartier Saint-Joseph de Porterie, la cité des Castors de l’Erdre fait vivre la mémoire des bâtisseurs et cultive la solidarité.

Les Castors de l’Erdre ont soufflé leurs 70 bougies en cette rentrée. (photo : Patrick Garçon / Nantes Métropole).
Les Castors de l’Erdre ont soufflé leurs 70 bougies en cette rentrée. (photo : Patrick Garçon / Nantes Métropole).

Patience, Réussite, Espérance, Persévérance… Les noms des rues témoignent du dur labeur entrepris en 1951 par des ouvriers de l’usine des Batignolles. « La surintendante de l’usine connaissait les difficultés pour se loger, c’est elle qui a encouragé la fondation d’une cité sur le modèle Castor », rappelle Serge Gallon, président de l’association des Castors de l’Erdre, membre de la deuxième génération d’habitants. Né en Suède en 1927, le mouvement d’autoconstruction coopérative a essaimé dans toute l’Europe, au Canada et en URSS. En France, des cités Castor sont bâties à Saint-Étienne en 1931, Pessac en 1948 et Rezé en 1950.

Une aventure collective 

Pendant quatre ans, les ouvriers des Batignolles, rejoints par d’autres corps de métiers, édifient 59 maisons sur le domaine du Launay cédé à un prix avantageux par l’usine. Chaque castor s’engage à verser une somme de départ, puis une partie de son salaire, et à travailler sur le chantier le week-end et pendant ses congés. « Tout se faisait sur leur temps de repos, ils consacraient 24 heures par semaine à la construction en plus des 48 heures à l’usine, souligne Serge Gallon. Les conditions de vie étaient précaires, certains logeaient dans des wagons réformés de la SNCF. » Si un bâtisseur est malade ou décède, ses camarades achèvent la construction de son foyer.

Les 59 familles emménagent dans leurs maisons à Noël 1955. « Les Castors étaient tellement soudés par cette aventure collective qu’ils sont longtemps restés repliés sur eux-mêmes. C’était un village gaulois (rires). L’arrivée de nouveaux habitants était un peu compliquée, on leur reprochait de ne pas avoir construit les maisons. Les temps ont changé ! »

« Faire vivre leur mémoire»

Sept décennies plus tard, l’association des Castors de l’Erdre cultive la solidarité et la convivialité. Pots d’accueil pour les nouveaux arrivants, journées jeux de société et pique-niques rythment la vie du micro-quartier. La cité a célébré ses 70 ans les 11 et 12 septembre, en présence de Johanna Rolland, maire de Nantes. Un anniversaire endeuillé par le décès de Raymond Moreau, dernier bâtisseur à vivre dans sa maison. « Une anecdote illustre bien l’esprit de corps des Castors : on identifie encore les maisons par les noms des premiers propriétaires, souligne sa fille, Marie-Pierre Joalland, secrétaire du comité des fêtes de l’association. Cela permet de faire vivre leur mémoire. »

Contact : lescastorsdelerdre@gmail.com

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