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Actualités Publié le 17 janvier 2022

Cathédrale de Nantes : « Un chantier plus important que prévu »

Saint-Pierre-et-Saint-Paul, touchée par un incendie le 18 juillet 2020, panse ses plaies. Alors que la dépollution débute en janvier, Anne-Marie Chepeau-Malhaire, ingénieure du patrimoine à la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) des Pays de la Loire, qui pilote la restauration de l’édifice, fait le point. 

Le grand orgue du facteur Girard, érigé en 1621, a été complétement détruit dans l'incendie. ©Patrick Garçon
Le grand orgue du facteur Girard, érigé en 1621, a été complétement détruit dans l'incendie. ©Patrick Garçon

Où en est-on un an et demi après l'incendie ?

« Face à la pollution générale de la cathédrale, nous avons commencé par faire des prélèvements, retiré tous les mobiliers du clergé et déblayé la tribune d’orgue sur demande de la police judiciaire. Nous avions énormément de cendre à enlever. On a en effet comptabilisé 32 tonnes de déchets plombés issus des vestiges des orgues de tribune et de chœur. De nombreuses stalles étaient aussi calcinées… Parallèlement, nous avons commandé toutes les études à l’architecte en chef des Monuments historiques pour les restaurations au niveau du bras sud, du chœur et du massif occidental, là où les trois départs de feu ont été constatés. Par ailleurs, en septembre 2021,  des investigations de la police judiciaire étaient toujours en cours au niveau du tableau électrique situé dans le sous-sol. Cela a donc retardé nos interventions pour refaire l’électricité… Depuis le début de l’année, nous débutons la phase de décontamination globale de l’édifice. »

La décontamination va durer plus longtemps que prévu...

« C’est un chantier plus important que nous l’imaginions. La cathédrale a été touchée par une pollution au plomb d’ampleur. Le taux le plus élevé que l’on a constaté, c’est sur la tribune de l’orgue avec 186 000 microgrammes par mètre carré (la norme appliquée pour l’habitat est de 1 000 microgrammes, ndlr). En revanche, nous n’avons pas constaté de pollution à l’extérieur de l’édifice, si ce n’est sur une partie des marches inaccessibles au public. Aujourd’hui, nous devons décontaminer les voûtes à plus de 37 mètres de hauteur, la crypte romane, les parements intérieurs, tous les vitraux, toutes les sculptures, les peintures, les mobiliers etc. Pour se faire, des unités mobiles de décontamination pour 30 personnes vont être installées, notamment côté nord. Nous estimons que les travaux de dépollution vont durer 8 mois. »

Quand pensez-vous pouvoir rouvrir l’édifice ?

« Nous pensons pouvoir rouvrir partiellement la nef et le chœur, fin 2023-début 2024. Nous devons restaurer l’orgue de chœur pour avoir la musique. Il faut aussi remettre en marche toute l’électricité. En l’état, on ne peut pas donner de date pour une ouverture complète, il y a encore la création de l’orgue de tribune, la restauration de la verrière... Le massif occidental sera assez longtemps en chantier. »

Des vitraux centenaires récupérés

Lors de l’incendie, la grande verrière a été totalement soufflée, disséminant sur le parvis les vitraux centenaires commandés par Anne de Bretagne. « Une restauratrice est en train de reconstituer le puzzle ! On a retrouvé des visages, certainement ceux de Marguerite de Foix, la mère d’Anne de Bretagne », se félicite Anne-Marie Chapeau-Malhaire.

Chiffre clef

2,6 millions d’euros, c’est le montant des travaux de dépollution entièrement financés par l’État.

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