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Actualités Publié le 10 juin 2022

Marche des fiertés : 3 questions à Violette Cordaro, présidente de Nosig

La Marche des fiertés se déroulera à partir de 14h00 le 11 juin depuis le Cours Saint-André. Violette Cordaro, présidente de Nosig, nous rappelle pourquoi cet événement reste majeur pour la lutte des droits des personnes LGBTQIA+.

 

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En 2022, pourquoi la Marche des fierté a plus que jamais son importance ?

On l’oublie, mais la marche des fierté a lieu au mois de juin car elle commémore les émeutes de Stonewall, qui se sont déroulées dans la nuit du 28 juin 1969 à  New York. Ces dernières sont considérées comme le point de départ de la lutte de la communauté LGBTQIA+ et c’est pourquoi la marche reste un moment très militant. Ça fait 3 ans qu’elle n’a pas pu avoir lieu à cause de la crise sanitaire et la situation ne s’arrange pas : il y a eu des lois, la PMA, le mariage pour tous, mais il y a encore des restrictions que nous ne comprenons pas : la PMA refusée aux hommes trans, les mutilations des enfants intersexes existent toujours en France. La bataille continue. Alors le 11 juin, nous célébrons des victoires, mais nous restons vigilants pour conserver nos droits et obtenir d’autres victoires. 

Quelle est le thème de cette année ? 

Le slogan de cette année est « France, pays des lumières, société binaire, société d’hier ». Il vise à interpeler sur la binarité de la société actuelle qui met les hommes et les femmes dans des cases bien spécifiques et dicte leur conduite, leur éducation, leur attitude et même leur style vestimentaire. C’est dans ce rapport de force et cette binarité de genre que le sexisme, l’homophobie et la transphobie prennent leur racines et produisent de la violence et de l’exclusion. Cela fait souffrir les personnes concernées directement, mais aussi les hétérosexuels. Encore aujourd’hui, un garçon sensible qui montre des sentiments ou qui n’entre pas dans les schémas « virils » classiques subit insultes et exclusion à l’école. Aujourd’hui, les jeunes sont de plus en plus nombreux à vouloir sortir de ces schémas classiques ils expriment leur genre autrement et se libèrent de ces carcans inculqués depuis l’enfance car ils ne s’y reconnaissent pas. Aux Etats-Unis, 25 % des adolescents se disent non-binaires. 

Quel est le climat perçu aujourd’hui par la communauté LGBTQIA+ ? 

Depuis quelques années, on remarque un durcissement de la situation. En France, les violences verbales et physiques envers les personnes homophobes et transphobes ont augmenté de 30 %, dans la rue comme au travail. Elles se banalisent aussi dans les médias et les discours. Dans le monde, la situation se crispe également. La Chine, qui prônait l’égalité femmes/homme commence à revenir sur ces valeurs, tandis qu’aux États-Unis, plusieurs États reviennent sur le mariage gay ainsi que sur le droit à l’avortement. Enfin, nous recevons ces dernières années des réfugiés homosexuels du Cameroun et de la Cote d’Ivoire car ils sont confrontés à de la violence la part de communautés intégristes. Le phénomène est assez récent car ces pays étaient tolérants jusqu’ici. À Nantes, nous comptons sur l’investissement de nos bénévoles (des personnes de la communauté LGBTQIA+ comme des alliés hétérosexuels) pour continuer le combat vers le droit et la tolérance. Notre stratégie est la même : accueillir et orienter les personnes qui ont besoin d’aide et de conseils, mais aussi former, informer et faire de la pédagogie et de la prévention dans les lycées et autour de nous.