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[Notre histoire] Le Tour de Chantenay : une 100e très courue !
Publié le 19 oct. 2026
Dernière mise à jour 21 oct. 2026
Créée en 1921, cette course à pied emblématique fête cette année sa 100e édition. Elle puise son origine dans l’histoire ouvrière de ce quartier nantais.
Le Tour de Chantenay est la vice-doyenne des courses hors stade en France – derrière Sedan-Charleville dans les Ardennes, fondée en 1906. Dimanche 25 octobre 2026 en sera disputée la 100e édition.
Une mémoire ouvrière
Remontons le fil de l’Histoire. La Première Guerre mondiale vient de s’achever. Chantenay, à l’ouest de Nantes, vit au rythme du port et des chantiers navals, de l’industrie métallurgique et alimentaire. Dans les ateliers des chantiers Dubigeon, dans les usines Kuhlmann, Amieux ou Armor, le travail est dur. Les semaines de travail dépassent souvent les 60 heures.
C’est dans ce contexte que naît l’idée, largement impulsée par des syndicalistes et des militants communistes, de créer en 1921 une association baptisée Sport ouvrier chantenaysien, le SOC. Cette structure, affiliée à la Fédération sportive du travail (aujourd’hui FSGT), a pour vocation de proposer aux ouvriers un accès à la pratique sportive en dehors de leur activité professionnelle.
Dans la foulée est créé le Tour de Chantenay : le dimanche 23 octobre 1921 à 9 h 30, 26 coureurs à pied prennent le départ place Jean-Macé, où est également jugée l’arrivée.
Le Tour de Chantenay devient rapidement populaire. Mais la Seconde Guerre mondiale interrompt la manifestation. Elle est relancée en 1947 avec un nouvel organisateur : le Métallo sport chantenaysien (MSC). Ce club aux couleurs jaune et bleu est né l'année précédente d'une entente entre les comités d’entreprise des Anciens chantiers Dubigeon, de la Compagnie nantaise de réparations navales et des Établissements Joseph Paris.
Un nouveau format
En 2004, le MSC décide de moderniser l'épreuve, avec deux nouveautés pour séduire les coureurs. Un nouveau parcours plus accidenté tout d'abord, empruntant désormais les 121 marches de Sainte-Anne (lire ci-contre). Et un nouveau format pour les participants les plus expérimentés : le Trail urbain nantais. La course historique demeure, en une seule boucle, alors que la nouvelle épreuve propose deux boucles, et double ainsi la distance à parcourir.
Mais l'esprit de la manifestation est toujours là. La course reste l'occasion de redécouvrir pépites et insolites « à travers rues, chemins, ruelles, parcs et escaliers de l’agréable quartier Sainte-Anne
», souligne le MSC. La mairie de quartier – qui rappelle que Chantenay-sur-Loire était une commune indépendante jusqu’en 1908 – accueille l’aire de départ et d’arrivée d’un parcours qui « allie l’originalité, la nouveauté et la découverte d’un quartier ancien ».
Cette année encore, les coureurs longeront des maisons typiques et les sites industriels des quais. Après avoir gravi les marches de la butte Sainte-Anne, ils passeront devant l’école des Garennes et la fresque des Acadiens. Les atouts nature de Chantenay seront à l’honneur, puisque la boucle traverse les parcs de la Boucardière, des Oblates et le square Maurice-Schwob. Et s’offre même un crochet par le Jardin extraordinaire, ouvert dans sa totalité il y a tout juste un an. La cerise sur le gâteau d'anniversaire d’une course à pied centenaire qui a su se renouveler sans perdre son identité populaire.
Les 121 marches de Sainte-Anne
Elles sont devenues au fil des éditions le clou du Tour de Chantenay et du Trail urbain nantais. Leur ascension est d’ailleurs chronométrée, une course dans la course ! Pour les coureurs, c’est donc le dénivelé du parcours le plus difficile à négocier. Pour le public, c’est un site prisé. Dominé par la statue de Sainte-Anne, patronne des marins et des Bretons dans la tradition catholique, l’escalier en granit, bâti en 1850, forme un belvédère exceptionnel sur la Loire et sa rive sud.