À Nantes, vaches, chèvres et moutons remplacent les tondeuses

Publié le 13 janv. 2026

Dernière mise à jour 13 janv. 2026

La Ville de Nantes possède une cinquantaine d’animaux pour entretenir ses espaces verts de manière écologique, aux côtés des jardiniers et jardinières. Cette méthode, qu’on appelle l’écopâturage, donne à la ville un air de campagne !

  • Des moutons dans les douves du château des ducs de Bretagne.
    Depuis 2022, la Ville de Nantes mène une expérience d’écopâturage jusque dans les douves du château des ducs de Bretagne. © Romain Boulanger

De plus en plus de villes abandonnent le tracteur pour se convertir à l’écopâturage. À Nantes, depuis plusieurs années, la mairie possède même son propre cheptel de bêtes, chargées d’entretenir une partie des espaces verts publics. « Nous avons 17 boucs et chèvres, 16 vaches et 9 moutons », détaille Arnaud Bothorel à la direction Nature et jardins (DNJ). Ces animaux remplacent les engins pour tondre et débroussailler les pelouses et prairies de Nantes, et même les espaces végétalisés de certaines écoles.

Bon pour les sols et les animaux

L’écopâturage est une méthode ancestrale qui se démocratise dans les milieux urbains. Les animaux offrent une alternative à l’entretien des espaces verts. Moins polluants et moins bruyants que les engins mécaniques, ils gèrent les prairies en douceur : « Ils broutent l’herbe progressivement, ce qui favorise la biodiversité », explique la DNJ. Ils laissent en effet une chance aux insectes et aux petits rongeurs de se sauver, et leurs déjections entretiennent la chaîne alimentaire. Les insectes coprophages, qui se nourrissent des bouses, alimentent ensuite à leur tour les chauve-souris, les petits rongeurs, les oiseaux… Cette méthode permet aux sols de se reposer et à un équilibre de se réinstaller.

  • Des vaches écossaises, des Nantaises et une Pie Noire entretiennent naturellement les prairies humides des bords de Sèvre. © Rodolphe Delaroque

À Nantes, on pratique ce qu’on appelle « le pâturage tournant ». Le principe est simple : comme en montagne, il s’agit de faire pâturer le troupeau sur plusieurs parcelles, afin que les animaux ne reviennent que lorsque l’herbe est régénérée. C’est bénéfique à la fois pour le sol et pour la santé des animaux.

Des races locales et sociables

  • Des moutons entretiennent les espaces verts d'une école, à Nantes.
    Les animaux remplacent les engins pour tondre et débroussailler les pelouses et prairies de Nantes, ainsi que les espaces végétalisés de certaines écoles. Ici aux Châtaigniers. © Jean-Félix Fayolle

« On choisit des races locales, à petit effectif, peu craintives et adaptées à nos espaces et à notre climat », précise Jonathan Mainguy, coordinateur animalier à la DNJ. Les animaux, placés sous la surveillance de trois jardiniers-vachers, sont répartis sur les parcelles en tenant compte de la surface et de la nature du sol, de la hauteur de l’herbe, de l’ombre nécessaire à leur bien-être… « Les chèvres des fossés s’adaptent facilement aux terrains escarpés, peu pratiques pour passer la tondeuse, explique-t-il. Le long du Gesvres, elles font un travail formidable pour débroussailler et endiguer la Renouée du Japon, une espèce invasive difficile à canaliser. » Sur les prairies inondables des bords de Sèvre ou dans la Petite Amazonie à Malakoff, ce sont des vaches écossaises (Highland), habituées à vivre les pieds dans l’eau, qui ont été privilégiées. « On réserve les parcelles mieux drainées aux vaches nantaises », note Jonathan Mainguy. La mairie participe au programme de réintroduction de cette race locale, qui a failli disparaître dans les années 1970. En partenariat avec l’association l’Etable nantaise, elle a ainsi déployé des troupeaux dans le futur quartier Doulon-Gohards et sur les prairies de Mauves.

Depuis 2022, la Ville mène une expérience d’écopâturage jusque dans les douves du château des ducs de Bretagne, « un espace très fréquenté, où l’on a eu pendant des années une gestion intensive », rappelle Arnaud Bothorel. Convertie en prairie dans le cadre de l'opération Oasis de biodiversité, une partie de la pelouse est devenue le terrain de jeu de Caramel et Nougat, deux petits moutons d’Ouessant qui font le bonheur des enfants.

Bientôt des animaux dans les cimetières ?

La direction Nature et jardins réfléchit à développer l’écopâturage sur d’autres types de lieux, dotés de grands espaces. Pourquoi pas, par exemple, introduire des vaches et des moutons dans les cimetières ? L’idée n’est pas si farfelue qu’il n’y paraît. En plus de tondre la pelouse, « les animaux apportent de la sérénité. Dans 99 % des cas, les riverains et les promeneurs sont heureux de voir ces bêtes qu’ils n’ont pas l’habitude de côtoyer de près ». Plusieurs vaches ont déjà été introduites dans le fond de l’arboretum du Cimetière-Parc. Pratique et écologique, le retour de l’animal en ville permet aussi de sensibiliser les urbains à la présence du vivant.

On ne nourrit pas les animaux !

En aucun cas il ne faut donner à manger à ces animaux si vous les croisez. Cela nuirait à leur régime alimentaire. Ils se nourrissent seulement d’herbe et de végétaux. Leurs offrir des gâteaux ou du pain pourraient les rendre malade et causer la mort de l’animal.

  • En 2023, dans le cadre de l'événement TranshuNantes, 11 moutons ont fait leur transhumance en pleine ville. © Romain Boulanger

Souvenez-vous !

En 2023, pendant cinq mois, 11 moutons ont fait leur transhumance – nommée la TranshuNantes – dans la ville. Une première destinée à sensibiliser les citadins au vivant. Le troupeau, parti de la ferme de la Chantrerie, est allé pâturer dans 9 sites-étapes, notamment dans certains grands parcs et dans les douves du château.

Ces informations vous ont-elles été utiles ?

Satisfait du contenu de cette page ?

⚠️ Important : Nous ne sommes pas en mesure de vous répondre via ce canal. Merci de ne pas y inclure d’informations personnelles. 

Pour toute question sur les services de la ville et de la métropole, veuillez utiliser le formulaire de contact