Plus de 7400 logements débloqués grâce au plan de relance pour le logement

Publié le 25 juin. 2026

Dernière mise à jour 26 juin. 2026

Constructions et rénovations, résidences pour répondre aux besoins des jeunes, des seniors ou des plus vulnérables. Le programme local de l’habitat de Nantes Métropole a joué un rôle d’amortisseur face à la crise nationale du logement, selon le bilan dressé par le conseil métropolitain.

  • La résidence Mélodie à Vertou. Livrées en 2025, ces six maisons en bail réel solidaire favorisant l’accession à la propriété, ont été construite en un temps record. © Romain Boulanger

Au 1er janvier 2028, un nouveau programme local de l’habitat entrera en vigueur. Ce PLH, comme on le surnomme, est un document stratégique pour les 24 communes de la métropole nantaise. Il fixe pour six ans les ambitions et les priorités politiques, aussi bien pour le parc public que privé, pour les logements existants que pour les constructions neuves. Avant de lancer l’élaboration de sa feuille de route pour 2028-2033, le conseil métropolitain a dressé le bilan des actions mises en œuvre de 2019 à 2025.

Freinés par la conjoncture, les chiffres témoignent de la crise du logement qui sévit au plan national. « Les difficultés d’accès au logement touchent un public de plus en plus large, observe Agnès Bourgeais, maire de Rezé, vice-présidente de Nantes Métropole en charge de l’habitat et de la santé : des jeunes diplômés peinent à prendre leur envol, des seniors ne trouvent plus de logements accessibles pour rester près de leurs proches et des services. »

« Un amortisseur de crise »

Face à cette crise sans précédent, Nantes Métropole a été pro-active. « Nous avons collectivement joué un rôle d’amortisseur », assure l’élue. Exemples ? Les 56 millions d’euros engagés pour la construction de logements sociaux et abordables, la création de nouveaux dispositifs comme le bail réel solidaire pour favoriser l’accession à la propriété des ménages modestes et des classes moyennes. Ou encore le plan de relance de la construction, en berne. « Dans ce contexte national défavorable, nous avons réussi à construire près de 28 000 logements », relève Johanna Rolland, présidente de Nantes Métropole. 4 000 nouveaux logements ont été autorisés en moyenne chaque année dans la métropole, 2000 de moins que les objectifs fixés dans le PLH.

Un soutien massif à la construction de nouveaux logements

Le plan de relance, initié en 2023, illustre bien des efforts réalisés avec les communes, les acteurs du secteur et les institutions partenaires. Doté de 50 millions d’euros, il a permis en trois ans de débloquer la construction de 7 400 logements à l’échelle métropolitaine, dont près de 4 000 logements sociaux, et « évité l’arrêt de beaucoup d’opérations immobilières », note Agnès Bourgeais.

80 % de ces logements sont des offres à prix régulés, à l’image de la résidence Mélodie à Vertou. Construites en un temps record sur un terrain cédé par la Métropole et avec une subvention de la commune, les six maisons en bois de ce hameau ont été vendues 30 à 50 % en-dessous du prix de marché grâce au bail réel solidaire (BRS), un dispositif favorisant l’accession à la propriété à prix abordable. Soit moins de 300 000 euros pour une maison neuve de 100 m², dotée d’un jardin privatif.

25 % de logements sociaux et accession à la propriété solidaire

Tous les leviers ont été actionnés pour soutenir la construction : des acquisitions foncières et la mobilisation des terrains publics pour le logement social, l’accompagnement des communes pour atteindre les 25 % minimum de logements sociaux fixés par la loi, des aides financières et des évolutions des règles du plan local d’urbanisme métropolitain… Ce soutien a porté ses fruits. Parmi les résultats et actions notables, on peut citer :

  • le développement du logement social : le taux de la métropole est passé de 22,49 % en 2018 à 24,99 % au 1er janvier 2025 dans les 21 communes soumises aux obligations de la loi Solidarité et renouvellement urbain (dite SRU).
  • la création d’une offre de logements en bail réel solidaire pour favoriser l’accession à la propriété en limitant la spéculation immobilière. Lancé en 2019 pour permettre aux revenus modestes de devenir propriétaires à prix accessible, ce dispositif original a été élargi aux classes moyennes en 2025 sous le nom de BRS+. 270 logements de ce type sont livrés à ce jour.

210 millions d’euros pour rénover le parc existant

  • 7 immeubles et 254 logements du quartier Moulin-du-Bois, à Saint-Herblain, ont bénéficié d’une rénovation énergétique d’ampleur. © Alteresco

En parallèle, la métropole nantaise a continué à réhabiliter massivement les logements existants. Entre 2019 et 2025, elle a engagé 141 millions d’euros pour entretenir et rénover 1 200 copropriétés et plus de 10 000 logements privés (aides aux diagnostics, aux travaux et coûts d’ingénierie). Face aux démarches pas toujours simples à comprendre, elle épaule les ménages et les copropriétés en leur proposant des programmes d’accompagnement comme MonProjetRenov.

L’objectif est à la fois d’améliorer leurs performances énergétiques « pour répondre aux enjeux climatiques qui s’imposent à tous », souligne Agnès Bourgeais, et d’adapter l’habitat à l’évolution des besoins, au vieillissement de la population ou au handicap. Le même effort est réalisé pour soutenir l’adaptation du parc social : en 6 ans, 70 millions d’euros ont été investis pour aider les bailleurs sociaux à réhabiliter plus de 6300 logements. Parmi les opérations emblématiques : la rénovation de plus de 200 logements sociaux à Bottière (Nantes) ou encore celle du quartier Moulin-du-Bois à Saint-Herblain.

Des solutions pour les plus impactés par la crise

  • La résidence sociale de Pont-Rousseau. © Juan Cardona pour Moon Architecture

Le bilan du programme local de l’habitat 2019-2025 témoigne de l’attention portée aux populations particulièrement impactées par la crise du logement : les plus vulnérables, les jeunes (étudiants et jeunes actifs), les personnes en situation de handicap et les seniors. La Métropole adapte ses réponses aux besoins de ces publics spécifiques.

Pour les jeunes par exemple, un observatoire territorial et une instance de veille sur l’urgence étudiante ont été mis en place. L’offre s’est étoffée avec la création de six résidences étudiantes et quatre résidences jeunes depuis 2019. 178 logements ont également été spécialement fléchés pour les moins de 30 ans.

Pour les personnes les plus vulnérables aussi, les actions ont été renforcées. Exemple ? Le financement de 700 nouveaux logements en résidences sociales, pensions de famille ou centres d’hébergement. Pour répondre à l’urgence, des logements temporaires sont proposés dans des bâtiments ou sur des terrains en attente d’un autre usage. Deux résidences sociales ont ainsi ouvert récemment à Nantes Sud (site de Goudy) et à Rezé (Pont-Rousseau). Construites en modulaire, elles accueillent dans de bonnes conditions 130 personnes fragilisées, dont 22 enfants, accompagnées en vue de leur réinsertion.

Prochaine étape : l’élaboration du programme local de l’habitat 2028-2033

Deux ans de travail démarrent avec les 24 communes et les partenaires de l’habitat pour établir le nouveau PLH 2028-2033. Le nouveau document sera adopté en décembre 2027, avec plusieurs grands enjeux : assurer un logement digne à chacune et chacun ; construire autrement pour proposer le bon logement au bon prix, au bon endroit ; améliorer le parc existant en encadrant ses évolutions… « Le logement doit redevenir un facteur d’égalité, en permettant à chacune et chacun de trouver sa place dans la métropole, de pouvoir y grandir, étudier, travailler, vieillir », résume Agnès Bourgeais.

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