« Police », du latin politia : « Gouvernement de la cité ». La riche histoire de l’institution policière est intimement liée à celle du développement des communes. En 1720, Nantes ne dispose que de huit sergents et quatre commissaires de police, mais recourt à des personnels spécialisés, les « chasse-gueux ». En réalité, une police des pauvres, « souvent complice et corrompue au point qu’ils sont tous licenciés en 1725 » (1)...
C’est finalement la Révolution française qui engage une transformation profonde. En décembre 1789, une loi octroie aux maires la responsabilité des pouvoirs de police, avec l’aide de la Garde nationale. Autre tournant, le régime de Vichy. Dans sa volonté de contrôler les populations, il crée la carte nationale d’identité et étatise la police en 1941. On parle alors de police d’État.
Rapport Bonnemaison
Localement, alors qu’en 1955 le commissariat de Waldeck-Rousseau devient le QG de la désormais police nationale, la Ville de Nantes dispose juste d’une « police administrative ». Les lois de décentralisation vont changer la donne. En décembre 1982, dans un rapport approuvé par la Commission des maires de France puis remis au gouvernement, le député socialiste Gilbert Bonnemaison écrit : « Avec plus de 200 000 policiers et gendarmes, la France a, en Europe, une des proportions les plus fortes d’agents des forces de l’ordre par habitant. Pourtant, les maires des villes moyennes et importantes se plaignent d’un manque de présence effective de policiers dans la rue, la nuit et le jour ». Il propose que « les collectivités locales prennent en charge ces activités à la condition que les gardiens de la paix puissent être réaffectés, nombre pour nombre, à des services opérationnels sur la voie publique. » (2)
Un code de déontologie
Fin 1993, sous Jean-Marc Ayrault, le conseil municipal acte la création de la police municipale telle qu’on la connaît aujourd’hui. « Puis en 1994, on a rejoint des collègues qui avaient le statut de garde urbain pour porter les effectifs à une quarantaine d’agents », se souvient Thierry Baudoin, l’un des quatre « historiques » encore présents aujourd’hui et son actuel directeur adjoint.
La « municipale nantaise », à ses débuts, a des missions restreintes. « Avant la loi de 1999, elles étaient peu variées : stationnement payant, contrôle des marchés, des arrêtés, des sorties d’école, les mises en fourrière, des missions de circulation... » Autre temps, autre époque : « Tout était manuscrit, les codes civil, de la route. Notre génération a tout appris sur le terrain. Ce qui n’est évidemment plus le cas maintenant ! » En août 2003, la police municipale termine de se professionnaliser avec un code de déontologie, intégré en 2014 dans le Code de la sécurité intérieure. « Une véritable reconnaissance », conclut Christophe, un autre historique aujourd’hui chef de brigade.
30 ans au service des Nantais
« Les missions des policières et policiers municipaux sont variées, élargies au fil des années avec des objectifs constants : la protection, la médiation et la sécurité des habitantes et habitants de notre territoire », a notamment témoigné Johanna Rolland, maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole, le 27 septembre 2024 à l'occasion d'une cérémonie pour fêter les 30 ans d'existence de la police municipale nantaise.
Nos sources
(1) Le Dictionnaire de Nantes, article « Police »
(2) L’évolution des polices municipales en France : une imitation des polices d’État vouée à l’échec ? Laurent Micchielli (Cairn)
(3) Pôle de compétences Prévention – Sécurité (Mairie de Nantes)