7 actions pour aider la faune sauvage près de chez nous

Publié le 03 juin. 2026

Dernière mise à jour 03 juin. 2026

Ramener la biodiversité dans les villes, où le béton est roi ? Cela n’a rien d’une évidence. La Ville de Nantes s’y emploie à travers une multitude d’actions, souvent peu visibles. 7 exemples glanés à travers les différents quartiers de la cité des ducs.

1. Une gestion plus naturelle des espaces verts

  • Dans tous les parcs, les jardiniers nantais travaillent à faire plus de place au sauvage. Ici au Parc du Grand-Blottereau. © Romain Boulanger

Le Parc naturel de Beaulieu n’a jamais aussi bien porté son nom. Ici, une « haie de Benjes » sert d’abri aux oiseaux, insectes et petits mammifères, là les arbres exotiques sont remplacés par des espèces indigènes, source de nourriture pour la faune locale. Les haies de frênes têtards, refuges d’espèces protégées comme la chouette Chevêche d’Athéna, sont renforcées et une partie du parc est gérée en prairie naturelle de façon à développer la présence de fleurs sauvages et d’insectes. Après des décennies de gestion au cordeau des parcs classiques, Beaulieu illustre l’évolution des pratiques des jardiniers et jardinières pour renforcer le côté sauvage des espaces verts nantais.

1. Des oasis pour la faune et la flore locales

  • Des jardiniers devant une mare, dans le parc des Dervallières à Nantes.
    Aux Dervallières, la nouvelle mare accueille déjà la grenouille verte. © Loïc Gatteau

En 2024, une petite zone humide où poussaient des joncs a été repérée aux Dervallières. Agrandie pour en faire une mare, elle a rapidement accueilli grenouilles, libellules et oiseaux. Depuis 2020, 52 « oasis de biodiversité » de ce type (mares, prairies ou boisements) ont été aménagés par les jardiniers municipaux à travers la ville, avec des résultats encourageants. Selon les inventaires réalisés, les 9 mares créées abritent un tiers des 60 espèces de libellules présentes dans le département. Aux Dervallières, un coléoptère qui n'avait pas été vu depuis plus d'un siècle en Loire-Atlantique, a même été observé !

Est ce que ça marche ?

Les naturalistes restent prudents sur l’impact des politiques de reconquête de la biodiversité urbaine. Il faudra des années pour en évaluer la portée. Pour autant, certains signes sont encourageants. Dans les 12,5 ha de prairies naturelles créées le long des coulées vertes nantaises, on a compté jusqu’à 11 espèces différentes de papillons et de 50 à 100 individus observés par site. « Les inventaires confirme la présence d’une plus grande biodiversité (papillons, criquets/sauterelles et plantes) dans les parcelles pâturées ou fauchées que dans les zones coupées régulièrement (4 à 8 fois par an) », indique Mathilde Renard, responsable de l’unité renaturation urbaine. 

3. Des bâtiments pensés (aussi) pour les animaux

  • Un couple de faucons crécerelles niche sur l'église Saint-Similien.

En proie à la disparition de leurs habitats naturels, certaines espèces protégées s’installent dans nos bâtiments. La Métropole a mis en place un plan d’actions pour les préserver lors de la rénovation ou l’évolution de son bâti. Comme sur l’église Saint-Similien qui héberge un couple de faucons crécerelles. Une caméra suit en temps réel le nid pour adapter le chantier de restauration des vitraux à la présence des faucons et deux nids artificiels ont été installés pour leur offrir une alternative.

Est-ce que ça marche ?

Les passages à petite faune, aménagés sous les ponts pour éviter que les loutres ne se fassent écraser en empruntant la route, donnent des résultats. La bouille sympathique de ce mammifère, menacé d’extinction dans les années 1980, a été repérée sur les 16 passerelles déjà aménagées dans la métropole. Et elle n’est pas la seule à en profiter. La loutre est une "espèce parapluie". En agissant pour elle, on œuvre aussi pour la martre, la belette, la fouine ou encore des batraciens. À Nantes, on retrouve aujourd'hui sa trace jusque sur les quais de la Préfecture.

4. Une « trame noire » pour préserver l’obscurité

  • Doit-on éteindre les lampadaires pour préserver la biodiversité ?
    éclairage expérimental © Ludovic Failler.jpg

La lumière artificielle de nos lampadaires perturbe le rythme de vie des animaux nocturnes. Nantes Métropole a défini une « trame noire » pour préserver certains lieux non éclairés et adapter l’éclairage sur des lieux sensibles. Comme dans la vallée du Cens, entre l’école maternelle Barberie et l’avenue d’Armor. Sur une partie, l’éclairage est éteint entre 19 h 30 et 7 h et près de l’école il est à 30 % de sa puissance toute la nuit, sauf quand il y a du passage où il passe à 100 %.

5. Des cours d’eau restaurés pour préserver l’eau et la biodiversité

  • Près du Cimetière-Parc, le ruisseau de la Ménardais a été restauré en 2024. © Romain Boulanger

Avant les travaux du ruisseau de la Ménardais, près du cimetière-parc, aucune espèce de poissons ne nageait dans ses eaux. Pour retrouver une bonne qualité de l’eau et un bon fonctionnement du ruisseau, une restauration a eu lieu en 2024 sur le cours d’eau et la zone humide autour. Des inventaires de biodiversité auront lieu en 2027 car les premiers signes de reconquête du milieu par la faune et la flore apparaissent au bout de 3 ans. Des observations effectuées ailleurs dans la métropole ont montré l’efficacité de ces restaurations.

6. Des fleurs pour les insectes pollinisateurs

  • Moins connues que les abeilles domestiques, les abeilles sauvages sont de meilleures pollinisatrices. © Pierre Trotreau

Pour favoriser les insectes pollinisateurs, une grande attention est portée aux espèces végétales plantées dans les parcs et jardins de Nantes. Sur le Quai des pins, l’ancien parking de la Gare sud renaturé sur 1600 m2, plus de 40 espèces d’herbacées de milieu dunaire ont été replantées en 2024 et 2026, comme le lotus maritime et la vipérine commune, particulièrement mélifère avec sa grande hampe bleue. Et ça marche. D’après les inventaires réalisés sur place par les naturalistes, 35 espèces d’abeilles sauvages ont déjà colonisés le lieu pour se nourrir et se reproduire. Cette nouvelle végétation ne profite pas qu’aux pollinisateurs. Les jardiniers et jardinières municipaux ont aussi semé des essences bénéfiques à quantité de volatiles, comme la cardère sauvage (ou “cabaret des oiseaux”) dont les feuilles forment des petites vasques où les oiseaux vienent se désaltérer. En septembre, les espèces granivores comme le chardonneret élégant, classé vulnérable sur la liste rouges des espèces menacées, raffolent de l’abondance de ses graines. 

7. L’éveil à la nature dès le plus jeune âge

  • Biodivers'été, un programme d'animations autour de la biodiversité 100% gratuit et familial. © Garance Wester

Depuis 2024, la Ville propose à tous les écoliers 10 sorties dans la nature au cours de leur scolarité. Pour s’éveiller aux richesses naturelles du territoire avec leurs parents, les petits Nantaises et Nantais peuvent aussi explorer les parcours de l’Étoile verte aménagés le long des cours d’eau, ou participer aux animations de Biodivers’été. La 2e saison, du 21 juin au 21 septembre 2026, invite à s’immerger dans la vie passionnante qui grouille sous nos pieds. Un aperçu de l’Ambassade de la biodiversité urbaine, en projet au sein du parc du Grand-Blottereau pour sensibiliser et donner à tous l’envie d’agir en faveur de la protection de la biodiversité présente dans nos villes.

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