Agriculture : toujours plus de bio et de local dans la métropole nantaise

Publié le 23 sept. 2026

Dernière mise à jour 23 sept. 2026

Avec près d’une ferme sur deux certifiées bio, l’agglomération nantaise est championne de l’agriculture biologique. Coup de projecteur sur ces exploitations, chahutées par les canicules et les inondations, à l’occasion de la journée européenne du bio mercredi 23 septembre 2026.

  • En 15 ans, le nombre d’exploitations bio a presque doublé sur la métropole nantaise. 114 fermes sont aujourd’hui certifiées bio, soit près d’une sur deux contre une sur six en moyenne en France. © Patrick Garçon

Depuis 2019 et le lancement du Projet alimentaire de territoire de Nantes Métropole, le bio ne cesse de gagner du terrain. « Entre 2020 et 2025, la part de surfaces agricoles cultivées en agriculture biologique est passée de 21% à 28,3%, indique Adam Brassart, adjoint à la maire de Nantes et conseiller métropolitain chargé de l’agriculture paysanne et du foncier agricole. À titre de comparaison, ce taux est de 10% au niveau national. »

Nantes Métropole championne du bio en France

En 15 ans, le nombre d’exploitations engagées en bio a presque doublé sur la métropole. 114 fermes sont aujourd’hui certifiées, « soit près d’une sur deux !, souligne l’élu. Les résultats nationaux sont bien en-deçà, avec une ferme sur 6 bio en moyenne en France (17,3%). » (source : Agence bio).

La Métropole, labellisée Territoire bio engagé, en mars 2025, n’est pas étrangère à cette poussée de l’agriculture bio. Avec 3 570 hectares cultivés sans pesticide chimique et autant de bio dans les assiettes des écoliers (27 % en moyenne), le territoire fait partie des champions de l’Hexagone. « C’est un choix politique assumé, assure Adam Brassart. Soutenir la bio, c’est défendre un modèle vertueux à tous points de vue : travailler avec le vivant plutôt que contre lui, prendre soin des animaux et des sols, préserver la biodiversité et la ressource en eau, respecter les cycles naturels et les saisons, pour transmettre une terre fertile aux générations futures. »

À rebours du gouvernement qui réduit les moyens alloués à la filière, Nantes Métropole assume une politique volontariste : « L’argent public doit accompagner la transition agricole et non maintenir un système agro-industriel à bout de souffle », plaide l’élu. « Les apports du bio sont aujourd’hui largement documentés, rappelle Delphine Bonamy, vice-présidente de Nantes Métropole chargée de la sécurité alimentaire, de l’agroécologie et de la biodiversité. La développer, c’est défendre une alimentation bonne pour notre santé, respectueuse de l’environnement et qui rémunère les paysans et paysannes à la hauteur de leur travail. »

Des aides et un suivi pour sécuriser les installations

Depuis 2020, main dans la main avec les communes et les partenaires agricoles, la collectivité met les bouchées doubles pour soutenir les débouchés des productions saines et locales. Ses aides à l’installation et au défrichage (650 000 euros entre 2021 et 2026) ont été révisées en 2020 et sont désormais conditionnées à l’obtention du label AB. En six ans, avec ce soutien, 46 agriculteurs et agricultrices se sont installés en bio sur le territoire. « L’aide peut aller jusqu’à 15 000 euros, précise Adam Brassart. Ce coup de pouce est souvent déterminant pour les jeunes installés. »

En 2025, un suivi technique individualisé et gratuit a été mis en place pour les accompagner dans la durée. « La sécurisation des installations et leur viabilité économique se jouent dès les deux premières années, insistent les élus. Il est important de se mobiliser pour garantir la pérennité des fermes. » En un an, une dizaine d'exploitantes et exploitants en ont déjà bénéficié.

Des terres et des logements

  • Pour mettre le bio à la portée de toutes les bourses, Nantes Métropole soutient le développement de fermes urbaines, comme celle des Dervallières qui vend ses légumes à prix libre. © Capucine Girard-Colombier

La politique métropolitaine ne s’arrête pas là. Elle intervient sur le long terme pour préserver des terres et lutter contre la spéculation foncière, ou encore reconquérir des surfaces agricoles délaissées via des aides au défrichage. « L’accès au foncier constitue l’une des principales difficultés au moment de l’installation, notamment pour celles et ceux qui ne sont pas issus du milieu agricole et n’ont pas l’opportunité de reprendre la ferme familiale », souligne Adam Brassart. Pour lever ces freins, la Métropole déploie des périmètres de protection des espaces agricoles et naturels (PEAN) avec le Département. En 2025, 950 hectares de terres bio ont ainsi été sanctuarisées à Couëron, Indre et Saint-Herblain.

Avec les communes, la collectivité acquiert même des fermes et des logements agricoles pour garantir la pérennité de la production et faciliter leur transmission. Parmi les exemples récents, l’acquisition du Chef de l’Eau à Couëron, de terres et d’un logement sur le plateau des Gras à Saint-Jean-de-Boiseau ou encore de logements agricoles à la Verrerie à Rezé, en complément du rachat de la dernière ferme urbaine de la commune par la Ville. « L’objectif est de garantir aux paysans et paysannes qu’ils pourront continuer à exercer leur métier demain, et leur permettre de se loger sur place ou à proximité. » En 2025, cette stratégie foncière agricole a été reconnue comme l'une des meilleures pratiques alimentaires à l'échelle internationale par le Pacte de Milan.

Un soutien face aux aléas climatiques

Neige, grêle, inondations, sécheresse… 2026 a durement touché le monde agricole.  « Il ne s’agit pas d’un épisode exceptionnel mais bien de la nouvelle norme en agriculture », pointent les élus qui sont allés, dès cet été, à la rencontre des maraîchers, éleveurs, viticulteurs, arboriculteurs installés dans la métropole pour prendre la mesure de leurs difficultés et comprendre leurs besoins. « La situation appelle de nouvelles réponses pour adapter nos fermes au dérèglement climatique. »

De nouvelles aides sont à l’étude, comme la création de « paiements pour service environnementaux ». Imaginés en concertation avec les producteurs, ils permettront de rémunérer les agriculteurs pour les actions qu’ils mènent afin de protéger ou restaurer la nature. « Tout le monde y gagne, assure Delphine Bonamy : un revenu complémentaire pour les agriculteurs, et une avancée pour renforcer la résilience du territoire face aux inondations, aux pollutions, la captation du carbone. »

Une alimentation saine pour tous

  • Le meilleur moyen de profiter de produits bio à prix accessibles restent les circuits courts : vente à la ferme, magasins de producteurs, AMAP… Ici, la ferme des Roches à Couëron.  © Capucine Girard-Colombier

En parallèle, la collectivité poursuit son travail de fond avec les communes et le Groupement des agriculteurs biologiques (GAB44) pour mettre toujours plus de produits bio, locaux et de saison dans les cantines scolaires, à la carte des restaurants, sur les marchés et dans les paniers d’aide alimentaire. «Cela facilite les débouchés pour les producteurs et garantit une alimentation de qualité pour l’ensemble des enfants », note Delphine Bonamy. En 2025, la Ville de Nantes affichait par exemple 48 % de bio dans ses cantines, quand la loi en exige 20 %. 

La Métropole sensibilise aussi directement les consommateurs, et notamment des plus jeunes. À son actif : les défis climat, qui offrent aux volontaires de tester de nouvelles habitudes alimentaires, ou encore le programme éducatif Une ferme, une école, proposé à tous les établissements scolaires de la métropole. 

Le bio, ce n’est pas que pour les bobos

Pas pour moi les produits bio ? Trop cher ? « Ce n’est pas toujours le cas. Si la grande distribution renchérit volontairement le coût du bio dans le cadre de sa politique de marge, le bio coûte parfois moins cher que le conventionnel, notamment en vente directe », assurent Delphine Bonamy et Adam Brassart. Toutefois, les deux élus l’admettent, « il reste encore des freins à lever pour que le plus grand nombre ose pousser la porte d’un magasin bio. »

Pour mettre le bio à la portée de toutes les bourses, la Métropole soutient la caisse commune de l’alimentation, un système de cotisation ouvrant droit à des produits de qualité, sains et durables, expérimenté depuis 2025 par 150 foyers de Nantes et Saint-Herblain, et plusieurs initiatives citoyennes qui permettent de bien manger sans se ruiner  : épiceries VRAC, solidaires ou associatives, groupements d’achat, potagers et paniers solidaires…

Pour rapprocher les urbains du monde agricole, la collectivité développe aussi des fermes urbaines, comme la ferme des Dervallières qui vend ses légumes à prix libre depuis le printemps 2026. « Le meilleur moyen de profiter de produits bio à prix accessibles restent les circuits courts de proximité : vente à la ferme, magasins de producteurs, AMAP… » Pour les trouver, elle édite une carte des producteurs locaux, accessible en ligne.

Le saviez-vous ?

Les 21 et 22 septembre 2026, 1500 élus, agents territoriaux, agriculteurs, se sont réunis à Dijon pour les 4es Assises territoriales de l’agroécologie et de l’alimentation. Organisé à Nantes en 2022, ce rendez-vous est un incontournable pour tous les acteurs et territoires engagés vers des systèmes agricoles et alimentaires plus responsables. Pendant deux jours, conférences, débats et tables rondes s’enchaînent pour co-construire des propositions autour de la gestion du foncier, l’agriculture urbaine et péri-urbaine, la logistique soutenable, ou encore échanger sur la restauration collective, la nutrition, la gestion des déchets, etc.

En clôture, les participants ont adopté la déclaration des assises, un texte fondateur sur la nécessaire transformation du système alimentaire et les actions qui accélèrent la transition dans les territoires.

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