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Actualités Publié le 07 mai 2020

Industriels et chercheurs nantais s’unissent pour produire 20 000 visières de protection

L’Université de Nantes, le CHU de Nantes et l’entreprise Armor s’associent pour concevoir des visières de protection contre le Covid-19, en partenariat avec Airbus qui met à disposition ses imprimantes 3D.

Les visières de protection ont été homologuées par le CHU de Nantes. Crédit : CHU de Nantes.
Les visières de protection ont été homologuées par le CHU de Nantes. Crédit : CHU de Nantes.

« Dès le début du confinement, nous avons souhaité, avec des collègues universitaires parisiens et bordelais, mettre nos travaux scientifiques au service de la lutte contre le Covid-19. La solution la plus intéressante était de travailler sur les visières de protection qui permettent d’éviter les projections de particules », explique Benoit Furet, professeur à l’IUT de Nantes et chercheur au LS2N - Halle 6 Ouest. Ces visières, fabriquées en PETG, un matériau recyclable, sont dotées d’un arceau qui vient se positionner sur le front et d’un écran retenu par un élastique. Les premiers prototypes ont été réalisés avec les moyens d’impression 3D installés dans la Halle 6 Ouest du quartier de la création. « L’impression 3D permet de répondre à l’urgence et de façonner les objets sans avoir besoin d’un outillage complexe et onéreux » souligne Benoit Furet.

20 000 visières distribuées

Après un test des prototypes au CHU de Nantes, la production a pu démarrer en partenariat avec Armor. Le groupe, via son activité de fabrication Kimya, produit les serre-têtes des visières et propose une filière de récupération des pièces avant utilisation. « Nous avons réorganisé notre production : nos équipes sont passées en 3x8, 7 jours sur 7, précise Pierre-Antoine Pluvinage, directeur du développement de Kimya. « En tant qu’industriels, nous avons envie de mettre notre savoir-faire au service des personnels en première ligne. »

D’autres acteurs économiques et industriels de la région ont rejoint le projet. Airbus met à disposition une trentaine d’imprimantes 3D sur ses sites de Nantes et Saint-Nazaire, permettant de fabriquer 600 serre-têtes complémentaires par semaine. Le groupe ADVEO, leader européen du matériel de bureau (Calipage, Plein Ciel, Buro+), fournit quant à lui plusieurs milliers de feuilles PVC. L’assemblage des visières est assuré par les ingénieurs de Capacités SAS, filiale de l’Université, dans la Halle 6 Ouest. L’opération, soutenue par la Région, a permis de distribuer 20 000 visières aux professions en première ligne : soignants, pompiers, commerçants, aides à la personne…

Le collectif Dulse – 3D POP également mobilisé

Installée au sein de l’incubateur ICI Nantes sur le site de l’ancienne caserne Mellinet, l’entreprise Dulse, alliant le recyclage de déchets plastiques à l’impression 3D, s’est associée à 3D POP pour produire 3000 visières de protection. Les équipements ont été distribués gratuitement à de nombreux acteurs nantais : CHU, Ehpad, résidences autonomie, espace Agnès Varda… Pour financer leur matière première (bobines de filaments médicaux), les entrepreneurs ont collecté 2685 euros via une cagnotte Leetchi auxquels sont venus s’ajouter 2000 euros de la Ligue contre le cancer. Après plusieurs semaines de production bénévole, l’équipe se concentre désormais sur la vente de visières pour les entreprises, notamment dans le secteur dentaire.

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