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Actualités Publié le 19 octobre 2020

S'attabler pour la solidarité avec le Refugee Food festival 

Du 20 au 25 octobre, quatre restaurants nantais invitent des cuisiniers réfugiés à passer derrière les fourneaux pour faire découvrir les saveurs de leurs pays. Voyages des papilles garanti !

Ashraf Salim a collaboré avec Guillaume Maccotta pour concevoir un dîner soudanais.
Ashraf Salim a collaboré avec Guillaume Maccotta pour concevoir un dîner soudanais.


Faire évoluer les mentalités sur la question des réfugiés par le prisme de la cuisine, c'est la recette du Refugee Food Festival. Pour sa première édition nantaise, l'événement s'attable chez quatre restaurateurs nantais, conviés à partager leurs fourneaux avec quatre cuisiniers réfugiés. Ils mijoteront ensemble des menus inédits à quatre mains aux parfums afghans, soudanais et  érythréens, nés de l'imagination du chef invité. « L'idée est d'aborder la question des réfugiés de manière joyeuse, en faisant découvrir des cuisines venues d'ailleurs et en montrant l'enrichissement culturel que peut nous amener l'exil de ces personnes dans notre pays, par le goût mais aussi par certaines coutumes autour du repas », explique Laurence Goubet,  fondatrice du blog Les Bouillonnantes et co-porteuse du festival à Nantes avec Alice Thierry De Ville d'Avray. Pendant six jours, le régal des papilles est assuré avec la cuisine afghane épicée d'Hameed Khan et Jérémy Guivarch  au Gwaien, le brunch d'inspiration franco-soudanaise de Samah Gafar Hassan et Morgane Jobelin au Oh K-fée d’MJ, les spécialités érythréennes d'Ablelom Brahane et Céline Mingam à l’Ourse ou avec la cuisine d'Ashraf Salim, chef soudanais qui viendra apporter un petit grain de folie (et de riz)  à la cuisine élégante de Guillaume Maccotta au Lamaccotte. « Les cuisiniers invités n'ont pas reçu de formation spécifique dans leurs pays, dans lesquels la cuisine se transmet au sein du cercle familial, souligne Laurence Goubet. Renouer avec la cuisine de leur pays, c'est renouer avec leur histoire. Beaucoup d'entre eux se font expédier des produits spécifiques qu'ils ne retrouvent pas dans les épiceries françaises. C'est une expérience très enrichissante pour les chefs français qui découvrent une autre culture culinaire, d'autres façons de préparer des repas mais aussi de les consommer ». 

Permettre l'insertion professionnelle des réfugiés

En plus d'ouvrir à de nouveaux horizons gourmands, le festival, porté par l'Association  Food Sweet Food, souhaite offrir un tremplin professionnel aux réfugiés. « On les met en contact avec des personnes du secteur de la restauration qui peuvent les aiguiller. Certains ont des projets de formation, d'autres de création d'entreprise ». Parmi les cuisiniers nantais invités, c'est le cas de Samah, spécialisée en pâtisserie, qui entame l'année prochaine une formation pour obtenir son certificat de qualification professionnelle ou d'Hameed qui souhaite prochainement ouvrir une épicerie fine avec une partie traiteur. « Participer au festival est une expérience unique dans leur parcours professionnel, explique Laurence Goubet. Ils vont pouvoir questionner, pratiquer et envisager l'avenir auprès des chefs ». Quatre ans après sa création, le festival a vu bon nombre de ses participants développer leurs compétences, intégrer des restaurants ou des programmes visant à favoriser l'accès à l'emploi et même, cerise sur le gâteau, ouvrir leur propre établissement.

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