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Un vaste inventaire pour protéger la biodiversité métropolitaine

Actualités Publié le 19 décembre 2022

Les 15 et 16 novembre, Nantes accueillait un colloque national sur la biodiversité. L’occasion de mettre en lumière le nouvel Atlas de la biodiversité métropolitaine. Cette photographie très pointue de la faune et de la flore locales est un outil précieux pour anticiper l’érosion du vivant et agir en faveur des espèces menacées. 

L’Atlas de la biodiversité métropolitaine répertorie 4100 espèces d’arbres, plantes, oiseaux, mammifères, insectes, etc., sur les 24 communes. © Aline Corbeaux
L’Atlas de la biodiversité métropolitaine répertorie 4100 espèces d’arbres, plantes, oiseaux, mammifères, insectes, etc., sur les 24 communes. © Aline Corbeaux

Pendant deux jours, collectivités, élus locaux, associations naturalistes, agriculteurs, acteurs de l’aménagement du territoire ou de l’urbanisme et particuliers avaient rendez-vous à Nantes, aux Salons Mauduit, pour le 3e colloque des Atlas de la biodiversité communale (ABC). Organisé par l’association Les Eco Maires avec le soutien de l’Office français de la biodiversité, ce temps fort national vise à mettre en lumière ces atlas, outils indispensables pour mieux connaître et faire-connaître les enjeux de biodiversité à l’échelle des territoires, et surtout agir face au déclin du vivant. La métropole nantaise a réalisé le sien de 2018 à 2022. Tout juste achevé, il offre une photographie fine de la biodiversité sur les 24 communes du territoire.

Pourquoi faire l’inventaire de la biodiversité ?

Située à l’interface de plusieurs régions bio-climatiques, la métropole nantaise dispose de nombreux paysages favorables à la biodiversité (zones humides, cours d’eau, bocages, prairies…). Elle joue à ce titre un rôle de carrefour dans la trame verte et bleue du Grand Ouest. Malheureusement, sous la pression des activités humaines de l’urbanisation, du changement climatique ou des pratiques agricoles intensives, de nombreux animaux et végétaux sont en déclin. Selon les experts scientifiques des Pays de la Loire, 30 à 50 % des espèces sont menacées de disparition dans la région. L’Atlas vise à mieux connaître ces enjeux, afin de les partager et de mieux prendre en compte la biodiversité dans les projets d’aménagement et de renaturation.

70 % des espèces remarquables cartographiées dépendent des zones humides du territoire. Crédit : Aline Corbeaux
70 % des espèces remarquables cartographiées dépendent des zones humides du territoire. Crédit : Aline Corbeaux

Que trouve-t-on dans cet atlas ?

Réalisé avec le soutien de l’Office français de la biodiversité, il compile plus de 184 000 données et répertorie 4100 espèces d’arbres, plantes, oiseaux, mammifères, insectes, etc., dont 269 espèces remarquables. Des cartes et des fiches détaillent les enjeux de préservation pour les plus emblématiques, comme l’Angélique des estuaires, la Loutre, le Crapaud accoucheur ou encore la Noctule commune, une chauve-souris parmi les plus rares d’Europe.

Consultez l’Atlas de la biodiversité de Nantes Métropole

Comment a été réalisé cet inventaire ?

« Les zones très riches en biodiversité autour de la Loire, du lac de Grand-Lieu, etc., étaient bien répertoriées. On connaissait moins les milieux plus ordinaires ou peu accessibles », expliquent Aline Corbeaux et Florian Brémaud à la direction Nature & jardins de Nantes Métropole. Pour enrichir les données existantes, des inventaires ciblés – plus de 500 jours de salariés d’associations naturalistes au total - ont été lancés en 2019. Guidé par un comité scientifique composé de sept structures naturalistes, cette grande collecte de terrain a été complétée par les apports de 20 partenaires et plus de 1000 observateurs bénévoles.  « Il n’y avait jamais eu un état des lieux aussi complet et précis », assure Florian Brémaud.
Nantes Métropole travaille actuellement avec les communes et partenaires locaux pour décliner cet outil au niveau de chaque commune. Un Observatoire de la biodiversité métropolitaine, à vocation scientifique et citoyenne, est également en projet pour mettre à jour, enrichir et partager en continu cette connaissance du vivant.

À quoi vont servir toutes ces connaissances ?

« Il ne s’agit pas d’un simple recensement, souligne Aline Corbeaux. La collectivité s’appuie sur ces résultats pour identifier les espèces et les sites emblématiques à préserver ou à restaurer afin de guider sa politique de reconquête de la biodiversité. » En 2021, une unité a été spécifiquement créé pour cela au sein de la direction Nature & jardins et des moyens ont été dégagés.

Jusqu’en 2026, Nantes Métropole mobilisera 2 millions d’euros pour restaurer les milieux naturels et protéger la biodiversité. Un premier programme est engagé pour aider la Loutre, qui avait quasiment disparu en France, à recoloniser les berges de cours d’eau en aménageant des passages sous les ponts les plus accidentogènes.

Les données de l’Atlas sont aussi utilisées pour mieux prendre en compte la biodiversité dans les projets métropolitains et dans le PLUm. Près de 80 projets ont déjà été analysés pour anticiper les enjeux de biodiversité présents sur leur périmètre ou à proximité.

En savoir plus sur la politique de préservation des espaces naturels de Nantes Métropole.

L’atlas apporte une photographie très pointue de la faune et de la flore locales  puisqu’il a été pensé sur une maille fine de territoire, 500 mètres sur 500 mètres,  grâce à la mobilisation de 20 partenaires et 1000 observateurs bénévoles. Crédit : Aline Corbeaux
L’atlas apporte une photographie très pointue de la faune et de la flore locales puisqu’il a été pensé sur une maille fine de territoire, 500 mètres sur 500 mètres, avec le soutien de 20 partenaires et 1000 observateurs bénévoles. Crédit : Aline Corbeaux

Les chiffres clés de la biodiversité dans la métropole

60  % d’espaces naturels et agricoles

9200 hectares de zones humides et marais, 1000 km de cours d’eau

2500  km de haies, 2400 mares et 3500 ha de prairies

4100 espèces de faune (oiseaux, mammifères, insectes…) et de flore (arbres, plantes…) identifiées sur les 24 communes

269 espèces remarquables cartographiées

70 % de ces espèces remarquables dépendent des zones humides du territoire

35 % des espèces de mammifères sont menacées de disparition dans la région