2021-06-02T08:49:06Z https://metropole.nantes.fr/files/images/urbanisme-espace-public/projets-urbains/chaussee-moines/vignette-chaussee-moines-675.jpg
La chaussée des Moines à Vertou réaménagée

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La chaussée des Moines à Vertou réaménagée

La Chaussée des Moines, à Vertou, est une des destinations de référence du Voyage à Nantes. Son réaménagement, né du débat « Quelle Sèvre ? » mené en 2016 et construit dans la concertation, préserve et enrichit ce site remarquable des bords de la Sèvre nantaise, lieu touristique emblématique de la métropole nantaise.

Un lieu touristique emblématique

La Sèvre nantaise
La Sèvre nantaise prend sa source dans les Deux-Sèvres, parcourt 125 kilomètres, et se jette dans la Loire à Rezé. Des pêcheries, installées au Chêne, exploitaient aloses et autres richesses piscicoles. Des bateaux y transportaient marchandises et matériaux, du sable de Loire notamment destiné aux maraîchers. Les chantiers navals de la Sèvre, fermés en 1935, construisaient trois-mâts, bateaux de pêche, hirondelles, ces bateaux de passagers effectuant la navette, en 45 minutes, entre Pont-Rousseau et la Chaussée des Moines. Dans les années 1960, elle est le terrain de jeu de skieurs nautiques et de régatiers. Des bateaux-lavoirs, domaines des blanchisseuses professionnelles, sont encore amarrés à ses rives jusqu’au début des années 1970.

La Chaussée des Moines
Elle est l’œuvre des moines de l’abbaye Saint-Martin de Vertou. Ils construisent, au Chêne, aux alentours de l’an 1000, un gué reliant à pieds secs les deux rives de la Sèvre nantaise. La chaussée joue également un rôle de barrage, maintenant une hauteur d’eau en son amont suffisante pour permettre la navigation jusqu’à Monnières et Château-Thébaud. Au fil des siècles, les moines perçoivent des taxes sur les marchandises qui franchissent la chaussée et louent le moulin à eau qu’ils ont également construit.

Le chemin de halage
Long de 12 kilomètres, reliant Vertou à Nantes, il est aménagé pour les balades des seuls piétons et cyclistes.

Le moulin Gautron
En 1898, Auguste Gautron débute l’exploitation de sa minoterie hydraulique, installée sur la rive gauche de la Sèvre nantaise. Il obtient le droit de débiter 2 m³ d’eau par seconde et s’engage à ne pas mettre en péril le plan d’eau du Chêne en période d’étiage. En 1922, un incendie ravage la minoterie. Les fonderies de Carcouët l’acquièrent en 1931. De 1946 à 1971, le moulin est transformé en abattoir communal, avant d’être aménagé, en 1978, en atelier de céramique et de poterie. Sept ans plus tard, le bâtiment devient le lieu d’exposition qu’il est encore aujourd’hui.

Le moulin Gautron © Frédéric Véronneau
Le moulin Gautron © Frédéric Véronneau

Le pont du Chêne
En 1841, le pont du Chêne, premier ouvrage d’art à permettre le franchissement de la Sèvre nantaise entre Rezé et Clisson, est ouvert à la circulation. Son étroit tablier de bois reposant sur des piles en maçonnerie ne peut laisser passer qu’une seule charrette à la fois. Il est élargi dès 1860, puis équipé, trente-cinq ans plus tard, d’un tablier métallique pour supporter le trafic routier sans cesse croissant. En 1960, son nouveau tablier de béton autorise le croisement de deux poids lourds.

Le parc du chêne
Il s’étend sur le coteau dominant le moulin Gautron. À son sommet, que l’on atteint à pied par des chemins légèrement escarpés, les vieux murs du moulin à vent dépourvus de ses ailes embrassent largement, en regardant vers l’est, la vallée de la Sèvre nantaise et les vallons du vignoble Nantais.

La villa Mottechaix
Vue de la chaussée, elle se cache. Tapie dans la verdure sur les hauteurs du coteau, au confluent de la Sèvre nantaise et de la Vertonne, trône Mottechaix, une luxueuse villa en tuffeau, à l’architecture inspirée de celle du Petit Trianon du château de Versailles. Un immense parc l’entoure. Mottechaix fut un domaine à vocation agricole. Au 19e siècle, Jean-Baptiste-Charles Le Cour-Grandmaison (1807-1877), le maître des lieux, armateur, négociant, juge au tribunal de commerce de Nantes, conseiller général du canton de Vertou, en fait sa villégiature.

Le prieuré Saint-Pierre
Au sommet du coteau septentrional, s’élève le prieuré Saint-Pierre, ancienne prévôté de Vertou, partiellement détruite pendant la Révolution française. Le bâtiment actuel, bâti au XIXe siècle à l’initiative du maire de la commune, Jean-Joseph Perret (1810-1816), propriété aujourd’hui des Petits frères des pauvres, abrite des personnes âgées.

Un projet de réaménagement né de la concertation

Débat et concertation
Le projet de réaménagement et de rénovation de la Chaussée des Moines naît en 2016 à l’issue du débat « Quelle Sèvre ? », initié par la ville de Vertou et Nantes métropole, et qui invitait les habitants de Vertou à réfléchir spécifiquement aux usages de la rivière et aux aménagements à réaliser sur ses berges. En 2018, les paysagistes, urbanistes, architectes et designers des agences Phytolab, Tugec et Biotope sont désignés pour mettre en œuvre la rénovation. Cinq ateliers citoyens, réunissant une trentaine de personnes, usagers des lieux, personnes vivant à la Chaussée, y travaillant ou n’y faisant que passer, se tiennent pour recueillir avis et propositions d’aménagements, bases des futures grandes intentions et orientations du chantier.

Les six enjeux initiaux du projet :

Pour Christophe Cozette, du Phytolab,"le bassin du Chêne de Vertou est un lieu de grande qualité de la métropole. Il est célèbre pour sa Chaussée des Moines qui permet depuis plus de 1000 ans de parfois avoir la sensation de « marcher sur l'eau ». C’est magique !  C’est aussi un espace riche de sa diversité et d'’usages, très apprécié des Vertaviens et des visiteurs. C'est une véritable destination car en quelques foulées, on passe d’une ambiance à l’autre. On peut se promener, à pied, en bateau, en vélo, pêcher, se poser pour méditer, pique-niquer, déjeuner à la terrasse d’un restaurant, jouer… Les paysages sont eux aussi d’une grande variété, avec une végétation classique d’accompagnement de rivière et de boires (ripisylve), et sur le coteau du Chêne, orienté sud, une flore de type méditerranéen. On passe de l'ombre à la lumière, du frais au très sec, on traverse des prairies humides, on se confronte à des fronts de taille d'anciennes carrières dont l'amphibolite a permis les constructions locales… On prend de la hauteur au pied du moulin du Chêne, et on admire la vallée de la Sèvre, les immenses masses boisées… Et même l'horizon sur le vignoble Nantais."

Les étapes de la concertation

Menée en partenariat entre Nantes métropole, la Ville de Vertou et le Département de Loire-Atlantique :

2018

  • 14 avril - 1er atelier citoyen. Balade sur le site
  • 19 avril - 2e atelier citoyen
  • 24 avril - 3e atelier citoyen
  • 22 mai - 4e atelier citoyen
  • 17 juin - Présentation au public, sur le site de la Chaussée des Moines, des propositions d’aménagements.
  • 28 juin - 5e et dernier atelier citoyen. Finalisation du travail de concertation.
  • 7 juillet - Remise de l’avis citoyen aux élus de Vertou et de Nantes métropole.
  • 15 décembre - Réunion publique. Présentation par les élus du travail de concertation, avec un tour d’horizon sur les éléments retenus et écartés pour établir le programme d'aménagement. Présentation de l’avant-projet par les agences Phytolab, Tugec et Biotope, maîtres d’œuvre.

2020

  • Juin. Finalisation des plans et du projet de la première phase (à partir du théâtre des angéliques jusqu’au parc de Sèvre inclus) par les agences Phytolab, Tugec et Biotope.

Les conclusions de la concertation
"À la Chaussée des Moines, règne une ambiance de petit village qui est appréciée. Il faut la conserver", précisait, lors de la remise des conclusions de la concertation, Emmanuelle Meunier, l’une des participantes aux ateliers. Autres objectifs mis en avant : améliorer les usages, vers et avec la Sèvre nantaise en s’appuyant sur la force du paysage naturel, sécuriser et valoriser les terrasses des restaurants, équiper les sols d’un revêtement de qualité et mettre en valeur la Vertonne. La rationalisation de la place de la voiture, l’amélioration de la signalisation pour pouvoir se repérer facilement et la réorganisation des parkings et de l’offre de stationnements étaient également mentionnées.

Le projet
Le projet "L'ile à manger"

Le calendrier des travaux

La phase 3 a démarré en décembre 2020 et se terminera en décembre 2021.

Le patrimoine bâti et historique restauré

Les quais
Les berges ont été redessinées en pente douce et consolidées pour renforcer la stabilité du quai. Le chemin piétons a été élargi. Les places de stationnement sont supprimées. Les perrés de la voie de circulation ont été refaits à neuf pour assurer la sécurité des habitations, des restaurants et des rues environnantes. Les quais sont équipés de banquettes et de bancs, et de nouvelles lanternes Led plus performantes les éclairent.

Les restaurants
Le restaurant Monte Cristo doit son nom, selon certains, à la venue d’Alexandre Dumas à la Chaussée des Moines. Les restaurants, trois aujourd’hui, animent ce « front de Sèvre » depuis le 19e siècle.

La maison du tourisme
Construite au début du 20e siècle, dans un style d’architecture d’inspiration italienne et balnéaire, elle est à l’origine une maison d’habitation. La ville de Vertou la rénove en 1997 pour y loger l’éclusier. Propriété désormais du Département de Loire-Atlantique, elle est, depuis 2014, la maison du tourisme de la commune. Ses abords côtés cour et jardin sont réaménagés et habillés de nouveaux végétaux.

Projet
Le projet "Le jardin de l'éclusier"
Les quais de la Chaussée des Moines
Les quais de la Chaussée des Moines
La maison du tourisme -©Frédéric Véronneau
La maison du tourisme -©Frédéric Véronneau
L'écluse  - ©Frédéric Véronneau
L'écluse - ©Frédéric Véronneau
Les quais - ©Frédéric Véronneau
Les quais - ©Frédéric Véronneau

L’écluse
Elle est mise en service en 1755. Elle est profondément endommagée pendant la Révolution française et est laissée à l’abandon. Elle est enfin reconstruite en 1839.

La passe à poissons
Grande alose, mulet, anguille et civelle, son alevin, lamproie marine fréquentent la Sèvre nantaise. Une passe à poissons est aménagée pour permettre la libre circulation de ces poissons migrateurs et répondre aux obligations réglementaires de continuité écologique des cours d’eau.

Le parc de la Sèvre redessiné

Les berges
Le niveau des berges, rive droite, du pont du Chêne à la maison de l’éclusier, a été abaissé. Les berges sont désormais une plage engazonnée en pente douce.

Le nouveau cheminement
Il s’articule sur les boires et permet d’accéder à des zones du parc, jusque-là inaccessibles, comme la prairie humide. L’ambition d’un point de vue paysager est de recréer un contact visuel avec l’eau des boires pour y observer la richesse de la biodiversité.

Projet
Le projet "la Grande prairie"

Des jeux pour les enfants
La nouvelle aire de jeux pour enfants est construite en lieu et place de l’actuelle. Elle a été imaginée dans le cadre de deux ateliers de concertation réunissant, en octobre 2020, enfants et parents habitant à Vertou. Elle aura pour thème la genette, petit animal sauvage présent dans la vallée de la Sèvre nantaise. Les travaux sont programmés pour la fin de l'année 2021.

Le nouveau paysage naturel

C’est un chantier qui s’inscrit dans un cadre environnemental réglementaire strict, nécessitant d’organiser les travaux dans le respect des cycles biologiques de plusieurs espèces présentes au sein du Parc de Sèvre. Le terrassement des boires devait être mené avant le 1er mars pour ne pas dégrader les zones d’habitat du triton et les interventions sur les arbres devaient respecter les gîtes potentiels de chauves-souris arboricoles.

Yoan Bouvier, Arbora

Une biodiversité à préserver et renforcer
Les fossés accueillent aujourd’hui des petites populations de tritons palmés, de crapaud épineux et de grenouilles communes qui s’y reproduisent. Ils constituent des zones de chasse et de déplacements pour les couleuvres et servent de refuges aux poissons en période de crue.
Les travaux de reprofilage permettent d’adoucir les pentes des berges pour permettre le développement de ceintures végétales humides et favoriser leur utilisation par les amphibiens. Les profondeurs sont localement augmentées pour atteindre des niveaux d’eau favorables à la reproduction des ces tritons, crapauds et grenouilles. Les reptiles et les libellules, aujourd’hui très peu présents, doivent également bénéficier de ces nouveaux milieux.

Le calopteryx éclatant
Le calopteryx éclatant
La mouette rieuse
La mouette rieuse
L'orvel fragile
L'orvet fragile

Soixante nouveaux arbres

À l’issue des travaux d’aménagement, 60 jeunes nouveaux arbres, spécimens âgés déjà de plusieurs années, soigneusement choisis parmi 13 espèces différentes adaptées aux milieux humides, chêne, érable, charme, saule, aulne, merisier, noisetier…, auront été plantés. Six arbres ont été coupés au début des travaux. L’un était malade et cinq autres présentaient des signes de fragilité réduisant leur espérance de vie. Les dix arbres, marronniers et chênes des marais, espèce originaire d’Amérique du Nord, situés sur les berges de la rive droite, entre l’écluse et l’embouchure de la Vertonne, sont conservés.

Les jeunes arbres nouvellement plantés ont passé les premières années de leur vie dans les pépinières Chauviré à Montrevault-sur-Èvre (Maine-et-Loire) et Val d’Erdre à Saint-Mars-du-Désert (Loire-Atlantique).

Les boires
La boire est une « rigole à ciel ouvert faisant communiquer une masse d'eau stagnante avec une rivière » dit le dictionnaire. Deux boires strient la partie nord du parc. L’une est ancienne, l’autre a été nouvellement créée. Elles recueillent les eaux de ruissellement. Leurs abords sont plantés de végétaux propres aux zones humides, iris et carex notamment, aux propriétés de phytoremédiation, c’est-à-dire capables d’épurer pour partie les eaux polluées. Une nouvelle passerelle enjambe l’une des boires. « Dans cette partie du parc, un véritable jardin humide, les promeneurs auront le sentiment que les arbres flottent au-dessus de la zone humide, créant des îlots, comme dans certains paysages de Loire » précise Yoann Bouvier d’Arbora.

Choix des saules et des aulnes à la pépinière CHauviré à Montrevault-sur-Evre (Maine et Loire) - ©Frédéric Véronneau
Choix des saules et des aulnes à la pépinière CHauviré à Montrevault-sur-Evre (Maine et Loire) - ©Frédéric Véronneau
Les cyprès chauves, les racines emmaillottées dans leur tontine, en attente de livraison à la pépinière du Val d'Erdre à Sainte-mars-du-Désert (Loire-Atlantique) - ©Frédéric Véronneau
Les cyprès chauves, les racines emmaillottées dans leur tontine, en attente de livraison à la pépinière du Val d'Erdre à Sainte-mars-du-Désert (Loire-Atlantique) - ©Frédéric Véronneau
Les boires et l'emplacement de la nouvelle passerelle - ©Frédéric Véronneau
Les boires et l'emplacement de la nouvelle passerelle - ©Frédéric Véronneau

Le théâtre des Angéliques
L’inventaire environnemental, préalable aux travaux, mettait en évidence la présence, sur les berges de la rive droite, en aval de l’écluse, de deux espèces végétales protégées, le Scirpe triquètre et l’Angélique des estuaires. Pendant la durée des travaux de ce secteur, elles sont « mises à l’abri », plan de préservation défini en collaboration entre le Conservatoire botanique national de Brest, les services de l’État, Nantes métropole et Vertou. Elles sont ensuite replantées au pied des berges, formant un talus végétal spécialement aménagé favorable à leur développement.

Le théâtre des Angéliques
Le théâtre des Angéliques

La circulation automobile apaisée pour laisser la place aux piétons, aux vélos et aux bateaux

L’aménagement d’un nouveau parking au niveau du parc de la Sèvre, et de nouveaux chemins piétonniers à travers le parc permettent de réduire la circulation automobile sur les quais et renforcent les mobilités douces. Un nouveau ponton est amarré sur les berges du parc de Sèvre.  

Les risques d’inondations pris en compte

La Chaussée des Moines est en zone inondable. Le projet améliore la protection des biens et des personnes face au risque d’inondation. La réfection des berges et des perrés garantit à long terme le maintien des berges aujourd’hui dégradées. La surface imperméabilisée est divisée par deux, passant de 1 200 m2 de voirie à 600 m2 dans le secteur s’étendant du carrefour Beauséjour - chemin des moines à la limite du théâtre des Angéliques.