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Actualités Publié le 22 octobre 2019

SOY, 17 ans de découvertes sonores

La 17e et dernière édition a lieu du 1er au 3 novembre dans divers lieux de Nantes. Pierre Templé, cofondateur du festival avec Alexandre Labbé, dévoile l’affiche et raconte les origines d’une manifestation qui n’a cessé de mettre en avant la créativité des musiques actuelles.

Thurston Moore est l’une des têtes d’affiche du festival.
Thurston Moore est l’une des têtes d’affiche du festival.

Une dernière édition
« On n’est pas sérieux quand on a 17 ans, alors autant s’arrêter avant de l’être ! Le festival s’arrête car nos situations personnelles ont changé, il y a aussi une certaine lassitude. Cette ultime édition, qui durera trois jours au lieu de cinq, sera un peu une fête entre copains, avec des artistes qui reviennent. On célébrera tout ce qu’on a partagé ensemble. Yamoy, c’est une grosse dizaine de membres actifs et jusqu’à 40 bénévoles. »

Des concerts et des lieux
« L’idée reste la même : adapter les propositions artistiques aux lieux qu’on investit, créer un parcours musical dans la ville pour faire découvrir aux Nantais des lieux un peu insolites, des bars qu’on apprécie… SOY sera au lieu unique, mais aussi à Askip, dans l’amphithéâtre de l’ENSA, à la Maison de l’Erdre, et bien sûr à la Maison de quartier de Doulon qui nous a vus grandir. Et on terminera sur la Loire avec une croisière musicale de 4 heures. »

La soirée immanquable
« Ce sera samedi 2 novemebre au lieu unique. Notre papa à tous, Thurston Moore [cofondateur de Sonic Youth, NDLR], revient à Nantes pour un set entre noisy-pop et expérimental – ce qui résume bien l’histoire de SOY. C’est quelqu’un qu’on écoutait à 16 ans et qui nous a ouvert à plein de groupes. En première partie, nous accueillerons Wise Blood et Corridor, plus un DJ dans le bar. »

Des découvertes
« Il y a toujours eu des têtes d’affiche, mais l’idée de SOY, c’est plutôt faire découvrir de nouveaux artistes, ceux qui sont dans la recherche, l’expérimentation, l’avant-garde. Ce sera le cas cette année avec Oiseaux Tempête, qui sera entouré de musiciens ayant déjà joué à SOY. Autres artistes à découvrir : Derya Yıldırım & Grup Şimşek, de la psych-pop anatolienne, Mary Lattimore et sa harpe augmentée, ou encore le hip-hop hardcore de Prison Religion. »

Aux origines de SOY
« Avec Alex, on était des passionnés, on écoutait tous ces groupes grâce à Jean-Michel Dupas, de l’Olympic [aujourd’hui programmateur de Stereolux, NLDR], on faisait de la radio sur Jet FM (91.2), on jouait aussi dans des groupes à la maison de quartier de Doulon... Mais on s’est vite rendu compte qu’on était meilleurs organisateurs que musiciens (rires). L’association Yamoy a été la structure juridique qui a porté nos projets. On a tout fait à l’époque : concerts, marchés aux puces musicaux, projections dans des cafés... »

La première édition
« Notre premier concert a eu lieu le 1er décembre 2000 et on a eu assez vite l’envie de monter un mini-festival. En 2001, on en a organisé un... qui est tombé le soir de la Coupe de France où Nantes était en finale. On s’est bien ramassés, mais on était contents de la soirée, et puis on apprend de ses échecs ! Après une proposition de Why ? et Matt Elliot, des gens qu’on adorait, on a lancé SOY  [acronyme de Sounds of Yamoy, NDLR] à la Trocardière à Rezé fin 2003. Ça a marché et on n’a plus arrêté. »

Les bons souvenirs
« Dès la 2e édition, SOY est devenu un festival itinérant. On a investi le Blockhaus DY10, des bars, le TU, le Planétarium… On est content d’avoir fait des coups – Liars en 2010, Bonnie Prince Billy en 2011, God Speed You ! Black Emperor en 2012, Yo La Tengo et The Fall en 2013… – et d’avoir programmé des groupes comme Animal Collective, Grizzly Bear, Tame Impala, des années avant que ça buzze. Mais les meilleurs moments, ça reste la découverte, les concerts petits formats d’où les gens ressortent en disant qu’ils se sont pris une baffe absolue ! »

L’avenir du rock
« C’est sûr qu’en termes de parts de marché, c’est plus pareil… Les musiques urbaines cartonnent et les usines de guitares ferment. Mais il y a toujours 200 groupes de rock qui se créent par minute. Le public vieillit peut-être, mais beaucoup de jeunes y viennent aussi. Et surtout, la créativité est toujours là, donc je ne suis pas vraiment inquiet. Si ça devient une niche, on verra, mais il y aura toujours des choses intéressantes à écouter. »

Programmation complète et billetterie sur le site du festival SOY

La play-list (forcément) subjective